[Recit]La veille du depart.

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[Recit]La veille du depart.

Message  Atia le Mer 24 Juin 2015 - 16:32

La veille du départ.


Elle s’éveilla doucement, paisiblement, l’air un peu perdue. Elle ramena une mèche blonde derrière son oreille et tenta de se redresser pour mieux jauger de la situation, confuse. Mais alors qu’elle se redressait elle sent un poids contre elle. Tournant la tete, elle vit son fils assoupi et fit un petit sourire tendre, ça lui revenait maintenant. Elle était chez elle a Lune-d'Argent et non plus sur un front quelconque. Elle poussa un petit soupire apaisé et effleura les cheveux argentés de son enfant, tendrement avec un air attendrit de mère. Le petit elfe remua et ouvrit ses yeux, les braquant sur sa mère et il sourit à pleine dent venant se pelotonner contre elle.

“Bonjour Min’da!
- Bonjour mon petit léopard des neiges.”

Tendrement, elle vint le serrer à son tour et ils restèrent enlacés à paresser alors que le soleil se faisait déjà montant. Ce n’était guère dans ses habitudes, elle qui était toujours levé a l’aube de coutume mais elle se permit quelques petites entorses aux règlements depuis ces derniers jours. Même son entrainement, habituellement rigoureux s’en faisait sentir, elle le pratiquait toujours mais moins complet et surtout à des heures aléatoires.

Finalement, elle décida de se lever et Luciano suivit sa mère en bougonnant un peu mais il le fit pour la forme car, au fond , il n’était pas mécontent. Ils allaient au bain et c’était toujours une bonne occasion de jouer, surtout avec ses bateaux miniatures et c’était à ce moment-là qu’il retrouvait Sybile, Diby comme il l’appelait encore. Dans l’étuve, la servante était déjà présente, un peu assoupie sur une chaise, elle devait attendre depuis longtemps et Atia émit un petit rire quand elle poussa un “iiik” de surprise quand Luciano se jeta à son coup.

“Ho jeune maitre… vous m’avez surprise! s’écria Sybile. Allons ne me serrez pas ainsi!
- Moi j’aime bien les câlins de Diby! tu es toute douce et toute confortable!
- Confortable en effet, ricana Atia à la servante qui devint écarlate.”

Luciano fut le premier à se jeter dans le bain, y déployant ses bateaux puis sa mère vint jouer avec lui pendant que la servante s’occupait de les frotter et nettoyer les protagonistes. La bataille navale terminé, après que les vaillants marins aient survécu à un monstre marin aux allures d’elfe géant aux cheveux cendrés et qu’ils aient accosté sur “l’ile de la panthère” ressemblant curieusement à un elfe blond, le petit trio ressorti et s’habillèrent pour aller prendre leur déjeuner. Ce fut l’occasion pour Luciano d’écouter des histoires raconter par sa maman et Sybile tout en mangeant. Au menu il y avait des ranches de pain frotté à l'ail et garni de lard grillé et de fromage ainsi qu’une salade de légumes a la sauce au miel. Ceci fait, Sybile s’occupa de Luciano allant jouer un peu avec lui et lui faire réciter quelques leçons pendant qu’Atia se retirait dans son vaste bureau circulaire placé au centre du manoir sous une coupole d’acier de verre. En plus d’être un bureau, c’était aussi une archive et une bibliothèque ou une courtine faisant office d’étage permettait d’aller aux étagères les plus hautes. Dans son bureau, elle lisait son courrier principalement et recevait parfois quelques visiteurs de marque. Elle traita les affaires courantes, commerciale pour sa famille ou pour les fils, profitant de sa présence. Elle avait déjà été voir Arevas et s’était enquise des dernières nouvelles mais le défilé continuait tout de même. Cependant deux lettres attirèrent son attention, l’une était trop richement décorée et l’autre était scellé d’un rouge-gorge stylisé, elle les avait gardé pour la fin et les observait avec méfiance. Elle prit celle avec le rouge-gorge.

“Legat Silverswell,

C’est toujours un plaisir de vous écrire et je me permets de supposer que parmi votre correspondance vous garderiez mon courrier et celle du mystérieux et riche expéditeur pour la fin et, que des deux, vous lirez la mienne en premier.”

Et c’était partie, il faisait des prédictions justes, comme toujours, cet homme était parfois terrifiant à tout deviner et toujours tout savoir, même après 4 ans à le côtoyer régulièrement c’était toujours la même chanson.

“Je me doute que vous êtes pressée de retourner à votre partie de “Marteau de Guerre” laissé en suspens hier avec votre fils, d’autant qu’il venait de prendre l’avantage, ainsi serais-je bref.”

Non mais de ça aussi il était au courant? Elle se massa les yeux en soupirant longuement puis se replongea dans la suite.

“La prochaine lettre que vous allez lire est une invitation, l’invitation d’un homme en apparence affable et noble mais qui est dangereux, très dangereux. Je vous suggère donc de décliner ou de vous montrer très prudente. Ne le croyez pas sur parole et méfiez-vous autant de ses cadeaux que de ses propositions. C’est un conseil d’ami.

Cordialement,

RG.”

Le Rouge-Gorge était amical, inquiet et la mettait en garde contre quelqu’un? Atia était abasourdie et pour le coup inquiété. Depuis quand ce vieux satyre infirme se préoccupait de la santé de quelqu’un? Il était un trafiquant d’information, achetant les informations contre argent, service, coup de pouce et vendait les informations contre argent, service et coup de pouce, il était au centre d’une toile d’échange et d’influence. Lui, elfe sans âge et infirme, incapable de marcher, qui n’hésitait pas à faire tuer, mutiler, prostituer, racketter, construire ou briser des réputations, n’était pas du genre à être sentimental avec ses collaborateurs. La curiosité de la Légat était d’autant plus vive sur cette dernière lettre. Elle l’ouvrit sans attendre et découvrit d’une écriture élégante une invitation à une soirée chez un certain Silg Gahem d’Urukel. Un illustre inconnu, peut-être un gamin fraichement promu ou un exilé de retour qui veut jouer les gros bras. Elle haussa les épaules, elle irait sans doute, par curiosité mais en attendant, comme l’avait si bien dit le Seigneur Syral dit le Rouge-Gorge, elle avait une partie à finir avec son fils!

La partie se déroula sous des auspices funestes pour la Légat qui, malgré des manœuvres audacieuses contre son fils et sa nièce Éva, se retrouvait à chaque fois mise en défaut par une malédiction infernale venant de ses dés! Au final sa partie tourna au désastre et elle fut vaincu, terrassé... Elle surjoua sa défaite en s’écroulant au sol et demandant grâce à ses deux vainqueurs qui ne furent d’aucune merci! Les deux enfants se jetèrent sur elle et décidèrent d’en faire leur prisonnière, l’attachant et la menant captive dans le château de bois de la salle de jeu. La suite fut une bataille épique entre Sybile et les enfants pour libérer Atia jusqu’à ce que Luciano trahisse sa cousine et avec l’aide de Sybile parviennent à triompher! La légat libéré de ses geôles offrit un baiser sur le nez à ses libérateurs tandis qu’Éva bougonna que “c’était de la triche”.

Avec la fin de la bataille vint l’heure du repas du midi, les enfants riaient encore de leurs bêtises du matin quand ils se mirent à table. Vinrent alors les plats, une tourte forestière a l’agneau, en hommage à Falrhen, absent et dont c'était le plat favori, et pour faire bonne mesure, on servit aussi du canard au miel et à l’arcane, le plat favori de la Légat. Le tout était accompagné d’un mélange de fromage blanc et de blettes et en dessert fut servi un fraisier pour faire plaisir à Sybile et Luciano. Un vrai petit repas de fête car il était probable que ce serait le dernier avant le départ de la Légat qui était prévu au lendemain a l’aube. La petite famille faisait donc bombance pour l’occasion.

L’après-midi, elle fit envoyer un message au fameux Silg Gahem d’Urukel pour accepter son invitation du soir puis elle retourna bien vite avec son fils. elle avait décidé de l’amener dans une petite promenade dans les bois. Là, il pourrait montrer ses connaissances sur le pays, s’exercer à l’arc et jouer à faire le ranger avec sa cousine, sa mère et sa servante adorée. La promenade fut calme, du moins autant que cela puisse l’être avec deux enfants surexcités qui se plaisent à tourner en bourrique la petite soubrette. La promenade forestière marqua une pause près d’une rivière ou pataugea la petite troupe. Les enfants parvinrent même à faire choir Sybile encore tout habillé dans l’eau se félicitant mutuellement de leur exploit alors que la servante couinait de surprise et de déplaisir. Ils profitèrent de cette pause pour s'entraîner aussi un peu, les deux enfants suivant scrupuleusement les instructions d’Atia sur différentes techniques qu’elle expérimenta sur Sybile et les deux enfants reproduire les gestes à tour de rôle l’un avec l’autre. Luciano prouva qu’il était bien meilleur à l’épée qu’Éva, mais celle-ci compensa au tir à l’arc montrant un talent qui fit rougir la Légat qui estima devoir plutôt prendre des leçons de la gamine que lui en donner. Le sang visiblement ne mentait pas, Luciano avait le talent à l’épée de ses parents et Éva à l’arc de sa mère Deliah. Au soir, après une débauche de jeu, de rire et de courses diverses dans la forêt, la petite famille rentra bien sagement tandis qu’Atia avait des invités qui l’attendaient dans son bureau.

En entrant, elle les observa, trois elfes vêtus à la mode des marins avec des besaces pleines d’outils et d’instruments de mesure ainsi que des rouleaux de parchemin. Ils s’inclinèrent devant la Légat qui s’installa à son bureau et annonça calmement:

“Je suppose que vous avez réfléchi à ma proposition, soit : me rejoindre sur Draenor pour construire à l’armée d’Ost’Erinlyss une flotte digne de ce nom qui permettra d’étendre notre domination sur mer et ainsi soutenir l'expansion terrestre de la Horde. J’ai bien conscience que cela demande de quitter ce monde pour une période plus ou moins longue mais les compensations financières que j’ai proposées devraient largement compenser.”

Ils hochèrent doucement la tete, visiblement ils avaient longuement réfléchi et Atia jaugea leurs réactions. En vérité, elle espérait qu’au moins un accepterais mais elle avait proposé une compensation généreuse, cela devrait les infléchir. De plus, elle comptait bien renflouer cet investissement via le commerce maritime qu’elle comptait établir en plus de la flotte de guerre elle-même. Le premier elfe finit par prendre la parole.

“C’est en effet une mission difficile mais je suis un patriote, si cela sert les intérêts de la nation et permet de nous prémunir d’un péril je ne vois pas ce qui empêche ma venue.
- Pour ma part, dit plus hésitant la seconde, j’ai une famille et de nombreux projets en cours, je me vois contraint de décliner votre offre, vous…
- J’ai une famille aussi, le coupa Atia, et je n’ai pas la couardise de m’en servir d’excuse pour me soustraire à mon devoir. Mais j’accepte votre refus, je n’ai pas besoin d’un lâche à mes côtés pour cette mission. Quant à vous?
- La décision est dure à prendre… mais je vais accepter et vous accompagner, pour Quel’thalas mais aussi pour la prime je n’ai pas peur de l’avouer.”

Atia hocha la tete et congédia sèchement celui qui venait de refusé puis s’occupa de terminer les détails avec ces deux nouveaux associés. Après ça elle partit se préparer en vue de la soirée chez Silg et se fit accompagnée de Sybile en guise d’escorte ou de diversion voire d’appât, la servante était de toute manière multitâche face à une menace. Elle avait opté pour une robe bleu foncé en brocart, des motifs végétaux et maritimes en file d’argent et d’or formants les contours du vêtement très largement cintré pour souligner la taille particulièrement étroite de l’elfe et aussi souligner ses hanches dessinées. La robe était fendue à gauche jusqu'en haut de la cuisse pour laisser voir ses jambes qu’elle avait habillées de sandales de cuir blanc dont les lanières remontèrent jusque sous le genou. Enfin, elle s’était parée de quelques bijoux de saphir et avait attaché une épée et une dague aux couleurs de sa famille a ses flancs, retenu par une ceinture de cuir et d’argent. Sybile, portait sa tenue de servante et une dague. Ainsi le petit duo s’élança dans les rues de la ville d’un pas sûr et calme. Cependant Atia continuait de se poser des questions sur le message du Rouge-Gorge et l’identité de ce curieux individu durant tout le trajet.

Elles arrivèrent au lieu-dit, un manoir recent et de style classique pour Lune-d'Argent. À l’entrée, il y avait deux gardes qui inclinèrent la tete et laissèrent passer le duo sans rien dire et à l’intérieur un chambellan vint les chercher et s’inclina poliment.

“Legat Atia, mon maitre est profondément honoré que vous ayez accepté son invitation. Il vous attend dans la grande salle. Veuillez me suivre.”

Il guida les deux femmes dans des couloirs richement décorés avec à chaque mur un alignement de tableaux et de statues du maitre des lieux dans des tenues, des situations et des postures diverses. Visiblement, il aimait se regarder. Elle sourit légèrement bien qu’elle ne puisse commenter, après tout il y avait quelques tableaux et statue d’elle chez elle mais loin d’être dans une telle concentration. Arrivé dans la grande salle, elle le vit en chair et en os, assis paresseusement dans un large trône entouré de fauves apprivoisés qui jetèrent un œil blasé aux arrivantes. Le maitre des lieux portait une armure complète totalement recouverte d'or et ciselée de motifs élégants, par endroits noirci pour en ressortit les motifs, une large jupe de soie écarlate couvrait ses jambes. Il avait une chevelure dorée coupée assez courte et des bijoux d’or en grand nombre. Il regarda le duo entrer avec un petit sourire en coin, tout a suffisance, les yeux pleins d’arrogance. Il daigna se lever doucement de son trône comme pour signifier l’honneur qu’il faisait a ses hôtes d’ainsi se déplacer. Il vint jusqu’aux jeunes femmes et ignorant superbement Sybile, il prit la main d’Atia et y déposa un baiser avant de se redresser, la surmontant d’une tete. Il déclama alors d’une voix forte.

“Moi Silg Gahem d’Urukel, vous honore ce soir de mon invitation et de ma présence. Je sais déjà a quel point vos êtes reconnaissantes de cela ainsi serais-je un hôte tout à fait accueillant. Et puis, qui sait, vous serez peut-être tout aussi accueillante plus tard.”

À ses mots, il agrippa la poitrine d’Atia d’une main et la malaxa à travers le tissu de sa robe. Celle-ci écarquilla les yeux de surprise et d’une colère qui se mit à monter en flèche. Mais, elle n’eut pas le temps ne réagit qu’il retira déjà sa main et se mit à rire.

“Haha, je plaisante, je plaisante!” dit-il en tapotant doucement la tete d’Atia qui tentait tant bien que mal de faire bonne figure et d’afficher un sourire qui se fit des plus crispés, les poings serrés et la silhouette bouillonnant de rage. Puis il renchérie. “Il va de soi que je jaugerais plus tard si vous êtes dignes de mes saillies! J’espère ne pas vous avoir donné trop de faux espoir mais j’aime flatter mes invités, haha! Voyez comme je suis bon.”

Il se retourna pour se diriger vers la table et Sybile agrippa la main d’Atia qui s’était dangereusement rapprochée de la garde de son épée. La légat soupira doucement et tenta de se calmer. Silg présenta la table fait de bois noble et d’or sur lequel étaient disposés des mets variés dans des coupes d’or et de métaux précieux. Il invita Atia à s’assoir près de lui sur des coussins et il tapa des mains. À ce geste, des musiciens et des danseurs vinrent égayer la soirée et il commença à manger. Sybile vint s’asseoir à coté de sa maitresse, silencieuse et discrète.

“J’ai entendu bien des choses sur vos aventures en Draenor, dit-il sans la regarder. mais je suis curieux d’entendre votre version des faits. Je vous ferai donc l’honneur d’écouter votre récit, allez je vous autorise à me le conter.”

Atia le regarda, puis regarda l’assiette en or devant elle et réprima sa folle envie de lui mettre celle-ci dans la gueule. Il ressemblait un peu à Almeda mais en plus arrogant encore, en pervers et plus insupportable au final… La gamine au moins avait un bon fonds. Mais il était prématuré de se lancer dans un pugilat surtout sans savoir ce qu’il attendait exactement d’elle. Elle inspira donc et se met à raconter les aventures des fils depuis la campagne vers la porte des ténèbres jusqu’aux conflits contre le Seigneur des Cranes. Curieusement, il écouta sagement grappillant çà et là des mets sur la table se contenant de temps en temps d’un commentaire du type “bien sur, j’en aurais fait autant dans ma grande sagesse” ou “Je suis trop intelligent pour me faire avoir ainsi mais je ne vous reprochais de m’être inférieur.” ou encore “vous aviez besoin d’alliés? Hum évidemment tout le monde ne partage pas ma divine puissance.” À la fin du récit il hocha la tete doucement, l’air faussement distrait comme s’il faisait l’effort d’écouter.

“C’était une histoire satisfaisante et plutôt intéressante, dit-il en hochant la tete. Je pense que je peux vous faire le plaisir de boire à vos exploits!”

Il fit un signe à un échanson qui apporta une carafe remplie d’un alcool a l’odeur puissante, très puissante. Atia fit une petite moue et fait un geste de main.

“Navré je ne vois jamais d’alcool, je vais prendre un jus de bais.
- Allons, me ferez-vous l’affront de refuser un alcool que je vous offre généreusement?
- Et me ferez-vous l’honneur de me forcer à rompre mes principes en buvant de l’alcool? j’honore votre nourriture et toutes vos boissons non alcoolisées et vous remercie pour ces dons généreux. Mais je suis sur qu’un homme de votre stature comprendra que les autres puissent avoir de petites faiblesses, comme celle de ne pas aimer l’alcool.
- Ha! bien sur que je comprends! Je vous ferai servir le meilleur nectar de fruit en ce cas!”

On servit à Atia un jus de bais et à Sybile et Silg l’alcool mystérieux. L’hôte l’engloutit sans sourcilier tandis que Sybile prit la coupe à deux mains, une de ces manies sans doute pour se donner l’air mignonne, et l’engloutie d’une traite sous le regard étonné d’Atia. La petite cligna alors des yeux tout en reposant sèchement le verre sur la table. Elle resta figée un petit moment.

“Heu Sybile… ça va? demanda Atia, inquiète.”

La soubrette tourna la tete vers Atia, vacilla et s’écroula d’un coup sur la table. Atia sursauta pendant que Silg, le coupe aux lèvres jeta un regard de haut et en coin à la servante avec un air méprisant.

“Vous devriez mieux choisir vos gens, Légat, elle n’est pas digne de vous, elle est faible…”

Atia roula des yeux et installa un peu mieux la Sybile évanouie. Rien qu’a l’odeur l’alcool était assommant donc à boire… Elle finit par sourire et revenir à ses plats. Le maitre des lieux fit un signe à un serviteur qui s’échappa par une courtine.

“Légat, permettez-moi de vous offrir un présent car en plus d’être bon, je suis généreux.”

Elle hocha la tete sans commenter quand le serviteur revint en faisant rouler ce qui semblait être une cage couverte d’un drap. On y entendait des gémissements et des grognements étouffés par un bâillon. La blonde observa Silg puis la cage, interloqué et un peu méfiante aussi, elle connaît peu le luron mais, entre l’avertissement et le peu qu’elle avait pu voir, elle était méfiante. Même s’il semblait plus être un bouffon pompeux, elle ne savait pas à quoi s’attendre et resta sur ses gardes. Silg fit un geste et le serviteur retira le drap, dévoilant une jeune fille orque, peut être 12 ou 13 ans, attachée et bâillonnée dans la cage. Le sourire de l’hôte s’élargit en un rictus cruel et malsain en l’observant.

“Qu’est-ce que cela signifie exactement? demanda la Légat quelque peu désappointé.
- Cette orque est une orpheline de guerre, vous avez tué ses parents au Tarides et elle a juré de se venger un jour. Rendez-vous compte, elle a traversé les océans pour vous retrouver. Nous l’avons intercepté proche de votre manoir et je me suis dit qu’éliminé une impudente d'une race puante et inférieure qui ose parler de vengeance a votre encontre vous ferait plaisir. De plus, elle a fait un long voyage, donc autant lui laisser une chance!”

Alors qu’il parlait, elle fut sortie de la cage sèchement et ont commença à lui couper les liens.

“Avez-vous perdu l’esprit? je ne tue pas les enfants.
- Je sais, lui laisser une chance revient à laisser à un crapaud baveux une chance de triompher d’une noble panthère mais cela restera entre nous, faites vos plaisirs!
- Je refuse, je ne lui ferais aucun mal.”

L’orque fut libérée et armée bien que retenue encore sèchement par les gardes. Elle lançait des invectives rageuses en orque mais Silg n’en avait cure, il fixait Atia en plissant les yeux de mécontentement.

“Vous refusez mon alcool et maintenant mon cadeau Légat? Vous devenez contrariante et des plus ingrates à mon égard…”

Il leva la main vers l'orque et les gardes se jetèrent sur le côté libérant la jeune fille surprise qui tenta de s’élancer mais elle poussa un hurlement déchirant quand une pointe d’arcane se ficha dans sa jambe et la jeta au sol. Atia sursauta et regarda l’orque tandis que de nombreuses pointes d’arcanes entourèrent Silg. Les lames d’arcanes fondirent de concert sur la jeune fille qui fut déchiqueté par les multiples impactes. La légat fut pétrifié par la soudaineté et la brutalité de la scène, bien sûr elle avait déjà vu un déluge des arcanes mais pas de cette forme et surtout pas lancé par un homme si armuré. Elle le fixa et murmura doucement.

“Mais qui êtes-vous aux justes…?
- Hum vous voulez parler de moi? Voilà que vous redevenez poli, c’est bien là mon sujet de conversation favoris. Je vais vous satisfaire et tout vous dire.” Dit-il en gardant un regard inquiétant alors qu’il posa une main sur la cuisse d’Atia.

Il commença alors un long récit laudatif sur ses origines relativement modestes mais son genie qui l’a fait monter dans les échelons de la société arcaniste de Lune-d'Argent. Il parla aussi de ses talents de combattant de contact et de sa force à nul pareil. Il évoqua son héroïsme contre les trolls et les orcs. Jusque-là tout était d’un ennui mortel mais il annonça, bien plus surprenant, avoir été un des volontaires étant partie en Draenor avec Alleria, a la fin de la 2e guerre, pour combattre la Horde et la Légion directement sur place. À la fermeture de la porte, il évoqua la survie sur place, son travail au fort allerien de Terrokar puis la réouverture du portail, la guerre en Outreterre puis son engagement, comme tant d'autres, dans le Concordat Argenté. Il parla de la guerre contre le vol bleu, contre le Fléau, son talent infini et indiscutable puis de manière larmoyante il commence à évoquer la purge de Dalaran. Le visage de la Légat s’assombrit à cet évocation funeste quand soudain Sybile se redressa et cria : “Pénis!” Elle cligna plusieurs fois des yeux, regarda autour d’elle d’un air morne et s’écroula à nouveau sur la table. Atia et Silg la regardèrent avec étonnement, entre surprises, rire et consternation. La blonde secoua la tete et demanda a son hôte de reprendre son récit. Celui-ci, un peu décontenancé, reprit. Il évoqua son changement de camp face à l’injustice dont il était témoin durant la purge, son retour à Quel’thalas, son héroïsme au côté des troupes sur l’ile du roi-tonnerre et a Orgrimmar. finalement, a la fin de son récit, il en vint à sa requête et à la raison de la présence de la Legat.

“Vous comprenez, ma très chère Atia, dit-il tout en caressant sa cuisse, que dans ma position je manque encore de soutiens et j’aimerais me rendre utile. Or, j’ai entendu dire qu’une offensive contre Tanaan était en préparation et je me suis porté candidat pour diriger les troupes elfiques. J’escomptais votre soutien pour cette candidature.
- Hum, je dois admettre que je suis reconnaissante de votre désir de servir la nation et je ne peux que louer et encourager cela, surtout pour une personne de votre stature, commença Atia en écartant la main de sa jambe. Cependant, je ne connais pas vos capacités de commandement et cela promet d’être une offensive difficile, vous comprendre que je doive réfléchir à cela.
- Et bien dans ce cas, réfléchissez bien car je suis un homme qui estime que si l’on n'est pas avec moi, on est contre moi et je suis sur que vous n’aimeriez pas compter au rang de mes ennemis.” annonça-t-il avec un sourire des plus menaçants, un sourire qui évoqua presque son envie qu’elle dise non pour avoir une excuse pour l’écorcher.” Cependant, reprit-il, je pense avoir quelque chose qui fera infléchir votre position, quelque chose que vous convoitez depuis longtemps.
- C'est-à-dire? demanda Atia avec méfiance, le précédent cadeau gisant encore dans une mare de sang.
- Eh bien, je sais qui peut soigner réellement ceci, dit-il en désignant l’œil droit de son invitée. Pour vous débarrasser de cet œil animal et disgracieux. Je vois à votre air surpris que cela vos intéresse? Excellent, Je crois que vous avez sans doute déjà entendu vaguement parlé de Kaellera Alalnice?
- Je devrais la connaitre?
- Hum je pense que cela aurait pu vous intéresser, c’est une jeune arcaniste pleine de talent qui a décidé de mettre sa magie au service du médical et plus précisément à la transmutation de partie de corps. Elle et son équipe n’ont besoin qu’un peu de votre sang et ils peuvent transmuter une partie perdue. Dans ma grande sagesse, je lui ai parlé de votre problème et moyennant des moyens financiers et matériels importants, elle est en mesure de vous rendre ce qui vous manque. Voyez comme je suis généreux et bon. Cela dit compte tenu de la difficulté et du cout du rituel, évitez d’en perdre trop régulièrement! haha! Et bien sur n’en parler pas trop, la magie impliquant du sang n’est pas souvenu bien vu. Tenez son adresse, elle vous attend demain matin.
- Vraiment? demanda Atia avec étonnement. Et cette méthode marche vraiment?
- Oui, mais comme je vous l’ai dit, les composants sont très rares et donc couteux, heureusement j’en avais déjà certain. N’estimez donc pas que cela puisse se faire régulièrement car je ne refinancerai pas cela et vous serez vite refroidi par la note si vous avez à le faire vous-même sans avoir certains des composants.
- Je dois bien avouer que si cela marche réellement vous aurez mon soutien, je peux vous le garantir.”

Silg sourit en coin et leva sa coupe qu’il fit tinter contre celle d’Atia en trinquant à leur accord. La discussion répartie sur un sujet plus léger et quand Sybile émergea, encore en partie éméchée, la Légat décida qu’il était temps de rentrer. Elle prit congé de son hôte et aida la demi-elfe à marcher dans la rue. celle-ci titubait et riait beaucoup.

“Au moins ça te met de bonne humeur.
- Hihihihihi oui! c’est rigolo tout flotte! flotte! par contre il fait chaud… dit elle en tirant vers le bas son décolleté, manquant de tout faire déborder.
- tututu tu supportes la chaleur et tu ne fais pas ça! Réagit vivement Atia en lui retirant sa main et la rendant à nouveau présentable.
- Bouuuuuh! tu veux que je meure de chaud! M'dame m’aime puuuuuuu!
- Mais si! Je t’aime allons! s’exclama l’elfe en aidant sa servante.
- C'est vrai? Alors ça va! hi hi!”

Atia roula des yeux en maugréant et continua à guider la jeune fille dans les rues quand celle-ci se figea et plissa les yeux d’un air rageur et s’écria alors:

“Regardez les ceux-là! Je les aime pas!
- Qui donc? demanda Atia étonné en ne voyant personne.
- Les panneaux! Je les aime pas! Ils sont la tout droit, tout fier à faire les malins genres ils savent toutes les directions! Des foutaises! Moi j'suis sûr que c’est juste des tyrans tyranniques qui nous tyrannisent avec Tyrannie! voilà ce que c’est! Ils cherchent à nous imposer leurs décisions et à nous diriger avec leurs flèches!
- Hum, ces les gens qui les plantes, ils n’y sont pour rien les panneaux.
- Han…! c’est un complot organisé par une société secrète alors…
- Hum oui sans doute mais on cherchera les coupables un autre jour, d'accord…?”

Alors qu’elles marchèrent sous les paroles dénuées de sens de la soubrette éméchée, Atia entendit quelqu’un siffler en imitant le chant d’un rouge-gorge. Elle plissa les yeux et installant sagement Sybile sur le banc en lui ordonnant de ne pas bouger ce que la servante accepta d’un vif “Bien m"dame!” avant de se figer comme une statue. L’elfe se mit alors à observer les alentour et vit près d’un petit bosquet un homme encapuchonné et approcha de lui. Celui-ci, sans un mot, lui remit un message et s’éloigna, disparaissant dans les ruelles.

“cher Atia,

Je vois que vous n’avez pas écouté mon avertissement et vous y êtes allé tout de même. Je reconnais bien là votre audace et votre curiosité toute féline. Vous faites honneur a votre animal totem. Cependant, votre hôte n’a pas été tout à fait honnête concernant ses actes à Dalaran et après (et oui je suis déjà au courant si c'est la question que vous vous posez). Je sais que vous êtes une femme aimant la vérité donc je vais vous la rétablir de ce pas.

Pour résumé de manière concise, la purge de Dalaran ne fut pas un traumatisme sur le fait que des elfes soient tués mais bien qu’une “guenon d’humaine” (pour reprendre ses termes) ose ordonne la mort de représentant d’une race qui est infiniment supérieure a la sienne et que des thalassiens se conforment à cet ordre avec un “enthousiasme servile” pour reprendre à nouveau ses mots. Il décida donc de changer de bord et tua ses compagnons d’armes traîtreusement et en profita pour piller les réserves de son petit poste militaire. Dans le chaos ambiant, il profita une nouvelle fois en se rendant dans un manoir d’une riche et noble famille gnome, de grand collectionneur d’artefact et pourvoyeur de relique magique. Il se fit passer pour un soldat venu assurer leur sécurité au nom de l’alliance et du kirin tor et, une fois sur place, il tua les occupants et s’empara de leurs artefacts et composants les plus précieux avant de s’élancer vers les troupes sindorei. Mais en tant que quel'dorei aux yeux bleus, il n’allait pas passer facilement. Il tua donc un petit duo de sin’dorei en fuite, dont un démoniste et but quelques goûtes du sang de son diablotin pour tinter ses yeux de vert. À présent, les yeux de bonne couleur, il s’enfuit avec les saccages-soleils vers Quel’thalas. Il en profita pour revendre une partie de ses reliques, dont une pierre d’ambre noir, du sang fossilisé de dragon noir, a un certain Anilmarion Doster et avec l’argent récolté s’offrit manoir, luxe et quelques positions lui permettant de participer à l’expédition de l'île du Roi-Tonnerre. Là-bas, il en profita pour trafiquer quelques artefacts de plus et bien sûr il participa au siège d’Orgrimmar qu’il pilla allègrement avec ses mercenaires fraîchement engagés. Un homme tout à fait charment comme vous le voyez.

Bien sur, je vous suggère d’accepter son offre pour votre œil, mais sachez bien que les composants qu’il a avancés ont été volé et sont tachés de sang donc soignez votre œil mais évitez de vous montrer trop reconnaissante pour son geste. Je connais votre tendance à être scrupuleuse avec les dettes que vous avez contractées, mais lui n’en vaux pas la peine. Servez-vous de lui pour guérir votre infirmité, rien de plus.

cordialement,
RG”

Atia se crispa et grogna en lisant la lettre, ce chien était encore pire que ce qu’elle avait imaginé… Soit, elle allait se rendre chez l’arcaniste car l’occasion était trop belle quant aux soutiens… Il était difficile de ne rien envoyer, elle avait promis de le faire et ne pouvait être totalement ingrate, même avec un monstre de la sorte. Peut-être une lettre avec quelques réserves finement tournées... Ou au contraire, une lettre flatteuse pour l'attirer sur le front, là où il sera le plus aisé de le faire disparaître discrètement... Mais c'était prendre le risque de quelques commandement desastreux. Elle hésitait quand soudain elle entendit la voix de Sybile s’exclamer en riant “hihihi ça chatouille m’sires!” Atia se retourna et vit deux hommes entourant Sybile, l’un avait la main plongé dans son décolleté, y farfouillant perversement, et l’autre remontant doucement sa jupe. Atia soupira et approcha jusqu’à se planter devant eux.

“Je peux vous aider? dit-elle sèchement.
- Qu’est-ce que…? maugréa l’un puis l’a regardant il afficha un large sourire. Ho oui tu peux nous aider ma belle.
- Ça oui, une grande aide et t’inquiète pas vous ne serez pas trop de deux!
- Ha… Je vois que vous n’êtes pas sensible à l’ironie, changeons de registre alors, gronda-t-elle en saisissant ses lames. C’est plus explicite ainsi?
- Heu… Je... J’attends quelqu’un sur… le feu… de l’escalier… de la douche! Au revoir!”

Les deux filèrent à toutes jambes et Atia secoua la tete, rangeant ses lames puis venant aider Sybile à se relever et à se remettre présentable une fois de plus. La soubrette riait et fit un signe de la main aux deux messieurs en criant un “au revoir!”

“Tu aurais pu te défendre un peu quand même, marmonna Atia.
- Mais m'dame m’a dit de ne pas bouger, alors je n'ai pas bougé!
- Ho misère...

Elle se massa les sinus et ramena la petite à la maison puis elle se changea en vue de la nuit ne se couvrante que d’une fine nuisette courte et elle rentra dans sa chambre pour trouver Luciano assis sur le lit, assoupie la tête contre la poitrine, un livre ouvert devant lui. Atia poussa un petit soupire attendrit et approcha a pas de panthère du lit mais le petit se réveilla et un peu embrumé il regarda sa mère et lui sourit doucement.

“Min’da, je t’attendais je voulais une histoire avant que tu repartes au travail demain.
- Ho, s’exclama Atia avec un petit pincement au cœur à l’évocation de son départ. D’accord, je te raconte une histoire...

Elle sourit et s’installa dans le lit, prenant le petit contre elle avec son livre. Elle commença à lui raconter une petite histoire, les sourire et les rires de son fils dissipant déjà sa crainte du lendemain, de son retour au front et surtout de ce rendez-vous chez cette petite cabale de magiciens étranges. Elle y mettait les tons, imitant les voix et les bruitages ce qui émerveillait l’enfant mais il ne tint pas bien longtemps et s’assoupit contre elle. Elle le regarda amoureusement puis déposa un petit baisé sur son front.

“Dors bien mon petit léopard des neiges.”

Elle se serra contre lui et ni mit guère longtemps à s’assoupit aussi.

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Atia
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