[recit]Une vie de reve

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[recit]Une vie de reve

Message  Atia le Ven 2 Jan 2015 - 15:06

HRP: Avant tout, je tiens a préciser que ce texte en révèle beaucoup sur le personnage, des choses que vous ne pouvez pas forcement savoir sur sa psychologie a moins de lui demander donc merci de ne pas faire de meta en le prenant en compte en RP. Si vous pensez que ca va quand même vous influencer, le mieux est de ne pas lire ^^ De plus comme d'hab avec mes textes c'est assez cru, donc prenez le en compte!

Une vie de rêve…


Elle émit un premier grognement en se retournant dans son lit, entièrement couverte par sa couverture thalassienne. Puis un deuxième dans un autre mouvement agacé. Elle finit ouvrit un oeil doucement qui émit une légère lueur verte.

“Mais taisez-vous…”

Elle se redressa sur son lit, l’air embrumé, les yeux mi-clos et sa chevelure noir corbeau emmêlée comme des serpents. Tout autour d’elle, les bruits de la ville se faisaient entendre, le forgeron frappait son enclume, les charpentiers sciaient le bois, les animaux se plaignaient, les péons acquiesçaient aux ordres, les charrettes crissaient sur le sol froid. La vie suivait son cours en cette matinée déjà bien avancée, mais ce n’était pas cela qui gênait Hekathi. Le brouhaha qui l’empêchait de dormir était de toute autre nature. Elle restait immobile, assise sur son lit, le regard vague puis elle amena une main à son visage en soupirant. Elle remonta la bretelle de sa nuisette sombre et se décida à se lever, titubant un peu jusqu’à une table où étaient entreposés des objets divers, des livres, des verres, des outils et des composants. Un vrai capharnaüm a l’image du reste de sa hutte.

“Je vais vous faire taire moi… Vous allez voir… “

Elle se massa les tempes, les voix étaient oppressantes et l’empêchaient de se concentrer. Elle posa la main sur un bijou, un objet enchanté de valeur quelconque, et récita quelques mots en faisant des gestes avec ses doigts. L’objet vibra et s’illumina avant de se fragmenter et de tomber en une fine poudre brillante sur la table. Elle fit une petite moue en rassemblant la poudre en une petite ligne fine puis à l’aide d’un petit tube renifla d’une traite la poudre arcanique, écarquillant les yeux et gémissant. Son corps se cambra et se crispa, pris de légères convulsions pendant quelques secondes alors que son corps résistait en assimilant difficilement ce mana brut et impur. Elle tomba à genoux, haletante, faute de cristaux de mana en nombre suffisant, elle n’avait guère trouvé mieux que cette méthode, pourtant désagréable, pour avoir sa dose. Mais déjà, alors qu’elle récupérait ses esprits, les voix commençaient à se calmer. Elle soupira et regarda autour d’elle. Dans la hutte, les murs avaient été couverts de tentures rouges, principalement issues de sa toile de tente et de rayonnage couvert de livre en nombre digne d'une bibliothèque, d’artefacts, de potion, de grigri et de composants aussi divers que des crânes, des bouts d’animaux, de plantes et de minéraux. Le rangement était pour le moins aléatoire, une manière sans doute de prendre ses marques et de se sentir chez soi ce chaos organisé.

“Manque juste un petit quelque chose…”

Elle tituba vers un semblant de buffet et prit une coupe et un peu de cette curieuse gnôle locale et en versa une bonne quantité qu’elle ingurgita rapidement. Enfin, les voix commençaient à se taire… le tournis de l’alcool et le mana qui lui permettait de renforcer ses défenses mentales l’isolait doucement du brouhaha ambiant. C’était là, la malédiction d'une mentaliste, être assailli par les voix de ces semblables... Elle soupira doucement d’aise et se dirigea d’un pas plus serein vers un petit baquet en bois rempli d’un peu d’eau. Le fond de la bassine était couvert de runes magiques et au-dessus se trouvait un cristal lévitant. Elle fit quelque geste négligemment alors qu’elle se débarrassait de sa nuisette de soie noire. Le sort s’activa et l’eau fut absorbée par les runes au fond du baquet et rejailli brulante par le cristal. Elle sourit et se plaça dans le baquet laissant l’eau couler sur elle poussant, un soupire, de satisfaction. Elle fit d’autres gestes qui activèrent des cristaux visant à réchauffer la température dans la hutte, mais ceux-ci vacillèrent et certains s’arrêtèrent net. Elle grommela, le réseau arcanique n’était pas encore très optimal dans le fort…

Après sa douche, elle se dirigea vers un miroir, s’observant sous toutes les coutures.

“Super coiffure Kath, le pur style trollesse en période lionne de la jungle… Ha et puis les cernes, pour rajouter un petit côté réprouvée… Manque les cornes taurennes et les défenses orcs et je suis la Horde à moi seule… Bon occupons-nous de tout ça…
- Encore à parler seule hein? Ricana une voix venue de nulle part.
- Comme toujours, mais tu n’es pas censé être là, Chester, dit-elle calmement en retirant l’anneau à ses lèvres. Je suis éveillée et pas encore totalement folle, du moins j’espère…
- La folie… Tu sais bien que ce n’est pas un état, mais un seuil et comme tout seuil il peut varier, visiblement tu l’as brièvement depass…”

Elle haussa les épaules alors que la voix se tue et commençant à appliquer avec un petit pinceau le pigment carmin sur ses lèvres, l'appliquant avec un soin maniaque afin de ne pas en gaspiller. Qui sait s’il y avait de la cochenille sur ce monde pour faire à nouveau de son rouge à lèvres rouge profond? Ou même cette cire qui donnait son brillant au mélange? Elle fut donc économe et avec un peu de charbon soigneusement pilé elle assombrit ses paupières et un crayon noir souligna ses yeux. Satisfaite, elle entame le dressage de sa chevelure indiscipliné avec une brosse en poil de sanglier, coûteux, mais efficace puis acheva sa coiffure lisse et soyeuse avec un peigne en corne. Enfin présentable, elle se faufila vers sa garde-robe, écartant fouets, cordes et menottes fourrées de sa malle spéciale et en sortie diverses pièces de lingerie fine en dentelles et brodé de fils d'argent parfois rehaussé de petite incrustation de grenats ou d’améthyste. Elle afficha un petit sourire à cette recherche luxueuse et luxurieuse parmi ses dessous affriolants et se décida pour un ensemble bustier, porte-jarretelle et petite culotte elfique qu’elle s’empressa de porter avec un plaisir coupable s’observant ensuite dans son miroir en se mordant la lèvre avec un air espiègle. Puis bien vite, tout ceci disparut sous les multiples couches de son vêtement de travail comme si cette débauche de luxe n’était réservée qu’a ses seuls yeux, se délectant que nul ne soupçonne ce qui se cachait dessous. Elle s’habilla rapidement avec son ensemble, elle le possédait en plusieurs exemplaires, tous enchantés de la même manière par elle. Cela commençait par une soutane bleu nuit au bouton d’argent puis d’une jupe à tassette bleu gris sombre, d’un corset et de gants bleus nuits, ensuite d’un gilet court décoré de grenat avec des manches longues et une capuche et enfin ses épaulières ailées. L’ensemble était bordé de galon en fils d’argent et brodé de symboles ésotériques. Elle enfila ses bottines, mit sa ceinture et sa chaîne arborant le symbole des Fils de Quel’thalas et elle était fin prête.

Elle jeta un œil méfiant à la porte, se préparer était la partie amusante de la journée, affronter le monde extérieur l’était beaucoup moins, surtout que son travail l’empêchait de l’affronter en étant “l’Autre Hekathi”... Elle était hésitante, craintive. Elle soupira et chaussa ses petites lunettes aux verres et montures fines dont les reflets violacés cachaient à peine le vrai rôle. Tout autour d’elle, se mirent à briller les courants de magies qui s’écoulaient un peu partout telles de petites rivières. Sa maison était une vraie toile d’araignée à ce niveau, elle avait bien pris soin de correctement l’alimenter en énergie magique. Finalement, après s’être motivée, elle se décida à sortir. La lumière l’aveugla et une bourrasque de vent manqua de la renverser. Elle émit, un soupire, au moins les enchantements de sa robe la maintenaient à température idéale… Elle se dirigea vers son objectif, un nouveau lieu de relevé dans la ville. Elle flottait sur les chemins sans un mouvement si ce n’est celui de l’air contre ses vêtements et sa chevelure de jais. Comme à l'accoutumée, tout le monde s’écartait devant elle, elle avait déjà commencé à se faire une réputation et tous savaient qu’elle était une sorcière sans scrupules. Pour des créatures superstitieuses comme ces sauvages s’était suffisant à les faire dévier de leur route. Elle s’en amusa jusqu’à ce qu’elle vit l’exception à toute règle. Zulinjo afficha un sourire carnassier en la voyant et l’interpella tandis que ces deux assistantes trolles, comme de coutume très courtement vêtue, gloussèrent.

“Hep bwunnette! Viens paw là!
- Chasseur des ombres, le salua Hekathi en glissant vers lui. Quel plaisir de vous voir en cette froide journée…
- Un plaisiw, oui, mais viens dans ma Hutte ce soiw et tu vewa ce que c’est le vwai plaisir! ricana le troll en tirant sur sa pipe.
- Vraiment? s’amusa Hekathi avec un petit sourire moqueur. Navrée, mais la zoophilie n’est pas vraiment mon truc.
- Ha! s’exclama le troll avant de se mettre a rire. Elles sont pas toutes aussi difficiles que toi fwangine, mais j’aime bien ton coté fawouche!
- Les autres font bien ce qu’elles veulent. Que puis-je pour vous?
- On a chopé un pwisonnier, un Wochenoiwe qui se baladait avec ses p’tits copains là où fallait pas. On les a mawavé, mec! s’esclaffa le troll. Lui on a weussi a mett’e la main d’ssus et la Légat, elle dit que t’es balaise pouw faiwe cwacher l’mowceau aux mecs qu’on la tete duw.
- Oui c’est ma spécialité autant que mon plaisir coupable, approuva Hekathi avec un sourire mauvais de prédatrice.
- J’ai bien envie de te voiw a l’oeuvwe, ça t’tente?
- J’avais des relevés arcaniques a faire, mais ceci me semble bien plus amusant, allons-y.”

Elle retira doucement ses lunettes qu’elle posa dans sa besace puis rabattit sa capuche qui couvrit l’essentiel de son visage ne laissant que le brillant sanguin de ses lèvres qui contrastaient avec le blanc de sa peau nacrée. Elle poussa un long soupire, tête baissée, et bras ballant sous le regard curieux du trio troll. Soudain une curieuse vague psychique émana d’elle et son sourire se dessina, cruel et sa posture changea, passant d’une attitude réservée à une assurance presque arrogante. Elle se tourna vers le troll.

“Allez le grand bleu, allons jouer avec notre petit camarade!
- T’as l’aiw encowe plus bizawe qu’avant bwunette!
- Tu n’as rien vu! Mais assez babillé, je suis pressé de décortiquer le crâne et l’esprit de notre prisonnier!”

Elle se mit à glisser vers la prison alors que le troll haussa les épaules avec détachement et se mit à avancer d’un pas chaloupé vers la caserne.

“Elle est enco’e plus etwange que toi, Zulinou, annonça Lapis.
- Ce qui est un euphémisme, ajouta Lazuli.
- Je me demande même si elle n’est pas… commença Lapis
- … complètement folle. Termina Lazuli en ricanant.
- C’est marrant votre petit spectacle de jumelle, vous l’avez répété souvent pour en arrivé a se résultat ? demanda une voix inconnue.
- Qui pawle? demanda avec surprise Zulinjo qui regarda autour de lui avec étonnement.
- Regarde plus bas, géant bleu, où t’as peur de te faire mal à la nuque?”

Les trolls observèrent au sol et virent un chat noir coiffé d’un chapeau pointu à large bord. Ils clignèrent des yeux à plusieurs reprises puis le troll éclata de rire.

“Sans déconner, vous êtes des trolls et un chat qui parle ça vous met dans tous vos états. C’est plus ce que c’était les grandes quenottes…”

Le chat se mit à courir après Hekathi sous le regard des trollesses incrédule alors que Zulinjo était hilare en suivant le cortège. À l’intérieur de la caserne ils retrouvèrent la psychomancienne flottant devant la cellule contenant le prisonnier qui rugissait des insultent contre le garde orc a peau verte et l’entête face à lui. Elle était immobile à par ce petit mouvement de flottement caractéristique.

“Bande de chiens! Vous usez de méthodes déshonorantes pour nous combattre! Battez-vous en face bande de trouillards! Venez-vous frotter à de vrais guerriers! la Horde de Fer vous écrasera vous comme les autres! Et toi avec ta capuche qu’est-ce que tu as à me fixer comme ça! Je te fais peur hein?!”

Un sourire étira les lèvres rouge sang de la magicienne dévoilant ses dents d’un blanc éclatant alors qu’elle approcha soudain de la cellule qui s’ouvrit avec fracas sans que nul ne la touche. L’orc, surpris, se recula alors que la psychomancienne approcha son visage à quelques cm à peine du sien. L’orc, la surprise passée, vit une opportunité et tenta de l’attaquer, mais en vain. Il ne pouvait plus bouger et ses yeux écarquillèrent de panique alors qu’il semblait figé comme une statue. Les quelques minutes de silence de la magicienne n’avaient pas été perdues comme il aurait pu le croire.

“La peur… murmura Hekathi en passant sa main sur la joue de l’orc. Que connais-tu de la peur? Qu’est-ce que ton monde connaît de la peur? Hum? Quelle est la chose la plus effrayante que tu aies vue dans ta vie? Un gros loup noir? Un gronn en colère?”

Elle se mit à rire de mépris en reculant légèrement son visage et, désignant d’un geste de bras ample sa personne, le peau verte et les trolls, ajouta.

“Notre monde connaît la somme de toutes les peurs. Celui qui n’a pas affronté les démons, le fléau, les dieux anciens, les dragons, les shas, les descendants des Aquirs ne peuvent savoir ce que le mot “peur” signifie... Mais, tu as de la chance, tu m’as rencontré et je vais être une très très bonne enseignante!”

Zulinjo l’observait avec une mine affichant autant l'étonnement que l'amusement. Il avait entendu des choses sur elle, mais c'était tellement plus drôle de la découvrir de visu, les deux Hekathi semblaient bien réels. L’orc cependant se mit à remuer avec de plus en plus de conviction, cherchant à briser le sortilège qui bloquait ses membres, rugissant de frustration. Il adressa un regard ardent à Hekathi en soufflant de ses narines évasées par un mélange de peur et de rage. Elle ne bougea pas d'un cil, mais soudain elle plaqua sa main sur son front et le hanta brutalement de vision. Elle lui montra l’Outreterre, ce qui était réellement son monde, ravage, aride, mort et craquelé. La légion qui vivait là, les gangr'orc, corrompu au plus profond de leur chair et vivant servilement pour leurs maîtres démoniaques.

“Voilà à quoi ressemble réellement ton monde, ton vrai monde, pas cette copie factice sur lequel tu crois vivre. Toi-même, tu n’es qu’un écho, une illusion. Ton vrai toi est quelque part là-bas ou dans un charnier oublié d’Azeroth. Tu n’es rien de plus qu’une aberration temporelle d’un magicien, toi et ta Horde de Fer n’êtes rien de plus que le fruit de la folie d'un ou plusieurs mages.”

Elle murmurait d’une voix suave à son oreille tandis qu’elle l’affligea de plus de vision, les camps d’internement, l’asservissement des rochenoires aux dragons noirs, leur défaite, les expériences de Garrosh avec les Sha, le sac d’Orgrimmar, elle l’affligea de la somme de toutes les défaites orques. Le Rochenoire tremblotait confus, ses yeux parcourant un horizon invisible à toute allure, suant et prit de malaise par ces visions autant que la violence avec laquelle elles entraient dans son esprit. Zulinjo plissa les yeux en tirant lentement sur sa pipe avant de dire:

“À quoi ça sewt tout ça sorcière? On a besoin d’info, mec, pas que tu lui mettes la cervelle en compote!
- Ça sert a comprendre ce qui les effraie, a lui ramener les pieds sur terre, sa Horde de Fer et lui ne sont que des enfants par rapport a notre Horde!
- Ouais et justement, fwangine, ça nous avance a quoi que tu lui fasses la leçon?
- À mon petit plaisir personnel, annonça Hekathi une lueur de démence sadique sur le visage. Mon plaisir de le briser, de le détruire et quand son esprit ne sera plus, il deviendra la marionnette docile que j'espère faire de lui, une arme vivante! Je le conditionnerais à être un esclave fidèle et obéissant qui tuera et mourra sur commande!”

Elle se mit à rire à pleine gorge provoquant une mine étonnée et finalement agacée de Zulinjo.

“Mec, tu pewds les pédales! Je veux que tu choppes dans sa tette, les plans de bataille que lui et ses copains, ils veulent mett’e en place cont’e nous. Donc tu fais ce qu’on attend de toi ou c’est pas du plaisiw que je vais te donner sous ma hutte, mais des trucs bien plus desagweable!
- Tu es beaucoup moins amusant que je l’aurais cru, annonça la psychomancienne dont le sourire venait de s’effacer soudain. Soit…”

L’orc avait déjà le regard un peu vide, mais revint rapidement à lui fixant Hekathi avec défi et rage. La psychomancienne n’en était nullement préoccupée, elle sortit un vélin de son sac et un encrier qui se mit à flotter devant elle. D’une plume, elle écrivit en cercle concentrique différents mots sur le parchemin avant de poser au centre une petite graine et après quelques gestes et mots, l’encre du parchemin se mit à bouger et à tournoyer comme un tourbillon qui fut absorbé par la graine qui devint noire comme le jais. Elle prit la graine et la plaqua contre le front de l’orc à l’aide de son pouce et la graine se mit à germer, les racines d’ombre se plantant dans le crâne et se faufilant dans l’esprit de la pauvre victime, se nourrissant de ses souvenirs pour pousser et croître. La graine devint rapidement une tige qui bourgeonna et éclot en une somptueuse rose noire. Hekathi arracha la fleur du front de l’orc qui s’évanouit après ça. Elle tendit la rose noire à Zulinjo en baissant sa capuche et rouvrant les yeux.

“Faites infuser les pétales dans de l’eau chaude, asseyez-vous confortablement et buvez. Vous aurez alors la vision de tous les souvenirs qu’il a en rapport avec la stratégie à venir des rochenoires. Soyez attentif aux détails, je vous conseille d’écrire précisément tout ce que vous verrez à chaque gorgée pour ne rien perdre et vous aurez ainsi de première main toutes les informations dont vous aurez besoin.”

Le troll cligna plusieurs fois des yeux en regardant la rose et afficha un sourire en revenant à la psychomancienne, tirant une longue bouffée de sa pipe.

“C’est womantique mec, tu m’off’e des fleuws! Mewci, fwangine!
- Si vous avez à me remercier, faites-le après avoir bu, ce n’est pas forcement agréable.
- D’acc o d’acc, et en pawlant d’agweable mon invitation pouw la hutte tiens toujourw!”

Hekathi haussa les épaules et ressortit de la prison. Elle était désappointée, le refus du troll de laisser l’Autre Hekathi s’amuser avait provoqué le retour précipité de la Vraie Hekathi, contrariant les deux aux passages. Elle préférait être l’Autre, le monde était plus coloré et amusant, moins effrayant et sombre. Elle était plus à l’aise, libérée des angoisses permanentes de la Vraie… Elle se remit à flotter et retourna sur les lieux de ses relevés, continuant de jouer de ses sortilèges pour se donner un air inquiétant, faire peur aux autres afin de ne pas affronter la peur que les autres provoquaient en elle, une vieille stratégie que l’Autre maniait si bien…

Arrivée sur place, elle remit ses petites lunettes et commença ses relevés, notant précisément, les différents courants telluriques, leurs jonctions, faisant des prévisions et des estimations sur la localisation des Lignes majeures. Les défenses magiques du fort progressaient, mais il fallait de ce fait de plus en plus de puissance pour les alimenter. Canaliser chaque ligne, détourner les majeurs, tout ceci était vital ainsi fit-elle son maximum avec le plus d’attention possible. Les heures passèrent tandis qu’elle scrutait à travers ses lunettes, noircissant de notes parchemin après parchemin. C’est là qu’elle remarqua qu’un garde elfe l’observait. Elle haussa un sourcil en avisant ce combattant portant une armure lourde de chevaliers, de couleur noire et bordée de rouge, deux sabres elfiques à sa ceinture. Il approcha en souriant.

“Je me demandais si vous me remarqueriez. Vous aviez l’air si absorbée par votre travail que je n’osais approcher.
- Et vous vous pensez digne d’être remarqué? Gloussa Hekathi.
- Ha c’est un peu là le problème oui. Mais vous vous l’êtes en tout cas, j’aime beaucoup vos lunettes ça… vous va bien, je n’avais jamais vu d’elfe porter ça et en vous voyant je me dis que c’est bien dommage.
- Sans doute, car on a une bonne vue et que du coup ça sert que pour voir des choses invisibles. Mais je note que vous osez m’aborder et me complimenter, cela prouve soit que vous êtes complètement dément soit que vous avez du goût, qu’en pensez-vous petit pangolin armuré?
- Pangolin? demanda avec amusement le guerrier. Je ne sais si je dois bien le prendre ou non, mais soit! Je pense que je suis un peu des deux, mais je penche plus pour la démence, car il ne faut pas forcément avoir de goût pour vous trouver séduisante, car vous l’êtes, point. Quant à oser vous approcher avec votre réputation de sorcière maléfique, oui, il faut sans doute être un peu dément, je plaide coupable.
- Hum hum, voila qui intéressant, un dément… dit-elle avec une fausse mine pensive. En tant que psychomancienne, je me dois de vous soigner et établir votre profil psychologique. Vous viendrez donc à ma hutte à la tombée de la nuit que je m’occupe de ça. Sur ce, j’ai du travail à finir. Allez ouste!”

Le garde l’observa étonner à la fois de son invitation puis de sa manière de se débarrasser de lui. Il finit par rire et la salua en s’éloignant. Elle ne se préoccupait déjà plus de lui, concentrée sur son travail. Du moins en apparence, car en vérité elle se méfiait et préférait couper court dans un lieu qu’elle ne contrôlait pas totalement, elle était trop vulnérable ici. Finalement, le soir commença à poindre et elle se décida à aller à la citadelle pour harceler encore un peu la Légat avec son projet de prisonniers transformés en armes conditionnées.

Sur le chemin, elle aperçut la servante qui batifolait près de la citadelle discutant gaiement avec des membres de l’ordre. Une rage sombre bouillonna au fond de la magicienne en la voyant. Elle détestait la servante pour tout ce qu’elle représentait et tout ce qu’elle lui renvoyait sur elle-même. Cette petite avait à la fois une histoire tragique emplie de trahison et de service et en même temps un comportement bon et optimiste. Deux choses qui se révélaient incompatibles et incohérentes en elle-même aux yeux d’Hekathi. Comme toute incohérence, elle s’en méfiait et avait conclu logiquement à deux hypothèses, l’hypocrisie ou la folie, car elle ne pouvait être sincèrement gentille, cela contredisait sa théorie personnelle qui veut que les mortels soient méchants de nature et que seuls les intérêts les poussent à sembler bons et agir de façon altruiste. Elle était donc soit hypocrite pour avoir de nombreux soutiens et pour manipuler les autres où alors ses épreuves l’avaient rendue folle et aveugle aux réalités. Elle n’était pas encore sûre alors la psychomancienne s’était fait une mission de harceler la jeune fille pour lui faire tomber le masque ou dévoiler sa folie. Malheureusement, jusque-là, sans grand succès ce qui enrageait la magicienne. Cela dit, elle n’était pas le seul sujet d’étude contrariant pour la psychomancienne, Minae et Eleona en étaient deux autres. Minae refusait catégoriquement ses analyses et s’en énervaient, c’était amusant jusqu’à un certain point, mais de fait, les barrières qu’elle mettait empêchaient une étude approfondie et révélait donc qu’elle cachait quelque chose, elle se devait de trouver quoi. Eleona c’était encore plus complexe, lui adresser la parole était presque une déclaration de guerre et Hekathi était très attaché à la “préservation de son intégrité physique” comme elle aimait à le dire. Cependant, elle sentait qu’il y avait tant à découvrir sur ce sujet qu’elle enrageait de ne pouvoir explorer plus avant sa psyché.

Sybile s’échappa en la voyant arriver poussant ses petits couinements ridicules. Hekathi ricana puis elle pénétra dans la citadelle pour rejoindre le bureau de la Légat. Elle se retrouva devant la porte close et fit une petite moue vérifiant ses notes avant que la porte ne s’ouvre et qu’un Zulinjo toujours escorté de ses deux pouffes ne sorte avec son air espiègle habituel. Il referma doucement la porte et fit une petite révérence à Hekathi avec un air moqueur.

“Fwangine, ta tisane à la wose noiw c’est d’la bombe! J’avais pas twipé comme ça depuis un moment!
- Ravie que ça vous ait plu. Promis si vous avez d’autres prisonniers je vous laisserais le soin de “triper”. Et vous avez trouvé des choses intéressantes ?
- Ouaip, pou’ ça que j’étais avec ta boss, mais je te conseil d’attendwe un peu, disons que c’était pas d’tout wepos donc laisse-la s’calmer avant d’y aller.
- C’est si grave que ça ?
- Hum t’as deja vecu un siege fwangine?”

Il éclata de rire et s’éloigna avec sa nonchalance habituelle sans attendre de réponse. La psychomancienne soupira et attendit un peu avant de taper à la porte, mais la seule réponse fut de patienter, dit d’une voix un peu sèche. L’entretien promettait d’être agréable… Finalement, l’ordre d’entrer arriva et les yeux vairons de la légat ne se plantèrent dans les siens, froids comme toujours, mais avec un petit quelque chose en plus qu’elle ne déchiffra pas immédiatement et hors de question d’user de ses dons avec elle, toujours cette histoire “d’intégrité physique” à préserver.

“Que veux-tu Hekathi? dit calmement l’officier en se calant dans son siège, bras et jambes croisées.
- Vous reparler de mon projet d’arme vivante, vous y avez réfléchi depuis?”

Atia ne répondit pas tout de suite, elle fixait Hekathi qui commençait à se sentir mal à l’aise et détournait les yeux sous le regard direct de la Légat, mais curieusement, elle nota que les tapotements de ses doigts sur ses bras n’avaient rien de nerveux ou d’aléatoire. Non c’était… des contres sorts?

“Légat? Vous vous méfiez de moi au point de tenter de vous préserver de ma magie? Gloussa Hekathi en affichant un air faussement amusé et sûr d’elle. Soit vous me sous-estimez, soit me surestimez. Dans le premier cas vous me pensez stupide au point de tenter de vous manipuler, dans le deuxième vous surestimez ma capacité à le faire discrètement, yeux dans les yeux avec quelqu’un.”

Elle sourit d’un air narquois, mais son sourire s’effaça quand le tapotement s’arrêta et qu’elle se pencha vers elle, s’accoudant à la table. Hekathi avait naturellement peur des gens et cette mise en scène n’était pas pour la rassurer.

“C’est ce que je me disais, avant, mais visiblement tu es plus stupide que tu en as l'air ou alors plus audacieuse que je ne l’aurais cru.
- Que voulez-vous dire? Je ne comprends pas.
- Eh bien, j’ai découvert des traces de magie durant une de mes méditations, une sorte d’empreinte fugace dans mon mana, comme si on m’avait lancé un sort, vois-tu? J’ai analysé cette trace et cela portait la même signature que ta magie. J’ai été surprise et une intuition m’a fait vérifier sur Sybile et elle aussi en avait des traces. Comment expliques-tu cela?”

La psychomancienne tenta de garder son calme et ouvrit la mouche pour répondre quand la Légat lui attrapa soudain les mains avec force. Hekathi sursauta et se crispa en ouvrant de grands yeux, outre la surprise, on était en train de la toucher! La légat lui arracha ses gants en tenant fermement les poignets et plaçant ses index, majeurs et annulaires sur son pouls et la fixant dans les yeux.

“Tu allais me mentir, tes clignements d’yeux se sont accélérés, ton souffle aussi et surtout ton regard a fui vers ta droite, tu cherchais une excuse, alors maintenant on passe aux choses sérieuses et ne t'avise pas de mentir.
- Je… je … oui... mais, ce n'est pas que vous deux… j’ai tenté une expérience… vous pouvez demander à un garde d'ici aussi, je suis sûr que vous trouverez les traces sur lui aussi…
- Explique-toi, grogna la Légat en serrant les poignets plus forts.
- Vous me faites mal… J’étudiais les lignes telluriques et j’ai eu une idée… je voulais voir si je pouvais tenter un contrôle mental sur plusieurs individus en même temps et le fait est que… seule la citadelle est actuellement correctement alimentée au niveau tellurique donc j’ai fait le test ici… trois jours de préparations et… aie! serez pas si fort… Ça a marché… mais sur une durée limitée et … ça ne pourra plus marcher… Le résultat théorique est… décevant… Aie! aie!
- J’ai très envie de briser “ton intégrité physique” en ce moment même, dit la Légat en plantant ses ongles de la chair des poignets de la psychomancienne. Pourquoi as-tu fait ça et pourquoi ça ne pourra plus marcher? En quoi est-ce décevant?
- Arrêtez! J’ai fait ça pour expérimenter… Ça peut être une... arme de guerre… Et ça marchera plus, car … contrairement à un sort direct, l’énergie est trop diffuse et l’esprit crée une défense immunitaire… Ça ne peut plus fonctionner sur un sujet déjà exposé… C’est pour ça que c’est décevant en partie et surtout, car le temps de contrôle est limité et que ça ne peut marcher qu’avec des lignes telluriques parfaitement canalisées… je ne pourrais faire ça efficacement sur l’ennemi ça ne servirait à rien… Je vous jure, je dis la vérité…
- Je sais, dit froidement Atia en relâchant les poignets et se remettant dans son siège. Tu es stupide, vraiment stupide, tu aurais dû m’en parler avant.”

Hekathi tremblotait légèrement en se massant les poignets pour en chasser la douleur, mais elle vit la Légat se saisir de son arme à feu et la terreur redoubla, son coeur tambourinait dans sa poitrine et ses yeux s’agrandir.

“Légat! J'ai été stupide oui, j’aurai dû vous en parler, mais… si ça avait marché, si j’avais pu rendre amorphe un camp ennemi avant un assaut, même quelques secondes, cela n’aurait pas été un avantage stratégique majeur? Cela ne valait pas la chandelle d’essayer pour ce gain potentiellement géant?!
- Si cela avait pu être exploitable peut-être et si tu m’en avais parlé avant aussi, mais tu as eu tout faux, dans les deux cas. Tu as eu tort d’user de tes dons sur moi, je t’avais prévenu.”

Elle arma le chien de son pistolet et le pointa sous le nez de la magicienne, Hekathi écarquilla un peu plus les yeux, son souffle coupé et le sang tambourinant contre ses tempes. Tout se passa en un clignement d’oeil. La terreur la paralysait et broyait ses tripes. Elle fit frémir ses lèvres et ses doigts espérant lancer un sort avant l’instant fatidique, mais jamais un sort ne pouvait être lancé plus vite qu’un doigt pressant une détente. Le temps sembla se figer autour de la magicienne alors qu’elle était littéralement noyée d’adrénaline et que son cœur manqua de rompre. Il y eut le déclic du mécanisme de l’arme qui s’enclencha et elle vit distinctement le chien de l’arme se libérer. Elle manqua de s’évanouir un “non!” hurlant dans ses pensés alors qu’un cri de terreur pur et bien réel s’échappa de ses lèvres quand le percuteur frappa la pyrogemme de l’arme. Le bondissement instinctif de la magicienne la fit chuter de son siège alors que… rien ne se passa. L’arme ne tira pas… La légat la reposa calmement et froidement sur le bureau en fixant Hekathi qui gémissait d’effrois, au sol, la fixant avec des grands yeux, le souffle haletant. Elle ne tint plus et s’écroula au sol, au bord de l’évanouissement tentant de reprendre son souffle alors que Falrhen déboula dans la pièce, alerté par les cris.

“Que se passe-t-il?! demanda-t-il incrédule fixant Hekathi au sol, en état de choc, et Atia calme, son arme devant elle.
- Je donnais une leçon à la psychomancienne qui d’ailleurs va partir prestement avant que l’idée de réactiver la gemme de mon arme ne me prenne.
- Tu as perdu la tête? Rugis Falrhen. Qu'est-ce qu’elle a bien pu faire?
- Elle a joué avec mon esprit et celui d’une partie de la citadelle.”

Hekathi tenta de se remettre debout, mais ses jambes étaient de coton et elle retomba lourdement. Le bloodhawk secoua la tête et la releva, la remettant sur pied, mais elle tint difficilement encore prise de terreur. Curieusement, elle rabattit sa capuche sur sa tête et se laissant sombrer dans l’inconscience, ce qui laissa l’Autre Hekathi aux commandes. Plutôt que deux personnalités c’était bien deux états de conscience différents qui caractérisaient les deux Hekathi, la Vrai prenait vie quand elle était éveillée et l’Autre quand elle dormait et entrait dans un état de rêve lucide et somnambule. Sous cet état, sa magie psychique lui permettait de projeter ses rêves dans l’esprit des autres, ce qui en faisait une illusionniste redoutable, mais ça impliquait aussi qu’on ne puisse la réveiller d'où sa robe enchantée est la capuche pour maintenir ses yeux dans le noir. Ainsi inconsciente, elle parvint à entrer dans un état de sommeil lucide pour permettre à l’Autre Hekathi, qui dans un état de sommeil était moins affecté par les émotions que la Vrai.

Elle se redressa et tout autour le monde changea à ses yeux. Falrhen devint un loup blanc en armure noire, la Légat en panthère en armure rouge, les murs se couvrirent de lierre et de fleurs, le monde devint… merveilleux! Elle se laissa glisser à l’extérieur de la pièce, lévitant doucement alors que Falrhen referma la porte pour parler à la Légat en tête à tête. Les sièges de la salle du conseil étaient des champignons colorés, la table une coquille d’ammonite toute plate, l’ogre ressemblait à un gros œuf en pagne, les orcs à des sangliers en armure, l’enseigne qui venait d’entrer était une lionne cuirassée, tout devenait si amusant sous cette apparence, tellement plus agréable que la réalité. Elle se glissa à l’extérieur en lévitant et contempla la ville avec sa neige arc-en-ciel, ses maisons biscornues et sa population d'animal rigolo qui se promenaient çà et là. Elle sourit et se dirigea vers sa hutte en toute hâte, son corps fébrile et brûlant de l'énergie offerte par l’adrénaline. Même l’autre Hekathi habituellement si volubile était silencieuse et un peu atone. De retour chez elle, elle s’écroula sur son lit et sombra dans un vrai sommeil, sans rêve lucide, sans qu’aucune des deux ne contrôle son corps.

Elle fut tirée de son sommeil par un tambourinement sur sa porte. Elle ouvrit un oeil et marmonna d’attendre. Elle se redressa et tituba jusqu’à une bouteille d’alcool buvant directement au goulot. Elle secoua la tête et alla jusqu’à la porte, criant à travers celle-ci sans oser l’ouvrir.

“Qui est là?
- Le Pangolin!”

Hekathi cligna des yeux à plusieurs reprises puis éclata de rire avant d’ouvrier la porte. Le soldat avait abandonné son armure pour une tenue plus élégante, enfoui sous une épaisse cape de fourrure. Il observa la hutte et sourit.

“Étrangement je m’attendais a un truc aussi ésotérique et chaotique, vos êtes toujours trop pimpantes pour que ça ne cache pas quelque chose.
- Vos êtes psy aussi? Le monde est chaotique et régi par la loi du chaos, je le laisse donc s’exprimer chez moi pour ne pas le contrarier, hum? Vous avez soif?
- Je vois, je vois, mes parents n'étaient pas de votre avis concernant ma chambre, ni mon officier concernant mon armoire. Enfin... Volontiers pour le verre!”

Il resta debout, attendant qu’on lui demande de s’asseoir, l’observant servir deux coupes de vin local abaissant son regard sur le bas de son dos qu’il remonta juste au-dessus du ventre quand elle revint avec la boisson. Ils trinquèrent et burent, lui doucement et elle d’une traite.

“Eh bien, sacrée descente, surtout pour un alcool fort comme celui-ci.
- Justement, il est tellement sordide que mieux vaux le boire vite que de s’infliger le calvaire de le boire lentement… Le vin thalassien me manque tellement… dit-elle en soupirant, puis elle désigna le lit. Allez assez perdu de temps, allongez-vous.”

Il l’observa, surpris, et s’exécuta, amusée par le petit ton autoritaire qu’elle prit à ce moment. Alors qu’il s’attendait à être rapidement rejoint, il la vit prendre une chaise et un bloc note puis l’observer en croisant les jambes.

“Bien, j’ai dit que j’allais m’occuper de votre folie, allons-y, parlez-moi de votre enfance…
- À vrai dire, ce n’est pas vraiment à ça que j’avais pensé en venant, dit-il en riant.
- Hum hum, vraiment? Vous aviez des idées perverses? Je vois. Et comment vivez-vous cette perversion? demanda-t-elle en prenant des notes.
- Plutôt bien, d’ailleurs vous devriez mettre vos lunettes pour ce genre d’étude, cela irait bien avec le personnage et la profession.
- Curieux fétichisme sur les lunettes que voilà, dit-elle en chaussant celle-ci.
- Pas de fétichisme, ça vous va bien voila tout.
- Certes, certes, donc vos êtes un pervers et quels sont vos travers.
- Les belles femmes mystérieuses avec des cheveux noirs, des piercings et des lunettes.
- C’est spécifique, mais un bon choix. Dit-elle en prenant de nouvelles notes. Aimez-vous être attaché?
- Heu… je ne sais pas, cela dépend, par qui je suppose, je n’ai jamais essayé.
- Je vois, il me semble important de vérifier ce point, avant de poursuivre, c'est important.”

Elle le fixa avec un sourire sadique alors que des bras d’ombre jaillir des bords du lit pour lui saisir les membres l’immobiliser. Il poussa un petit cri de surprise, mais son attention fut vite à nouveau captée en voyant que les autres bras d’ombre défaisaient les vêtements de la brunette, la laissant dans ses sous-vêtements de luxe et laissant largement deviner des piercings insoupçonnés à des endroits inattendus. Il déglutit alors que des menottes fourrées voletèrent jusqu’à elle. Avec un sourire triomphant, elle lui menotta les mains au montant du lit tout en le chevauchant.

“Voyons voir comment je peux te soigner pauvre petit patient, dit-elle en remontant ses lunettes sur son nez.
- Je m’abandonne à vos soins, docteur.
- Brave petit.”

Elle lui tapota la joue en vérifiant les attaches des menottes, pour une personne méfiante et craintive des autres, attacher son partenaire était autant un jeu qu’une façon de se rassurer et une garantie qu’elle ne risquait rien. Maintenant plus sur d’elle, elle se laissa aller et le moins qu’on puisse dire c’est que les soins qu’elle prodigua à son patient furent des plus exotiques, mais il n’est absolument pas garanti que cela puisse d’une quelconque manière le soigner de son éventuelle perversion, bien au contraire tant elle lui fit découvrir de choses qu’il serait bien indécent de décrire ici. Ils en profitèrent même pour manger, d’une façon incongrue il est vrai. C’est finalement alors qu’elle le chevauchait sauvagement, les mains sur sa gorge qu’il succomba en poussant un grognement prirent de spasme. Elle cligna des yeux et regarda vers son bas-ventre et fit une petite moue contrariée en agitant l’index.

“Il est généralement de bon ton de prévenir la femme à ce moment-là! le gronda-t-elle avant de le gifler.
- Pardon madame… marmonna-t-il à bout de souffle.
- Ho tu seras bien désolé quand tu devras éduquer notre enfant à venir!
- Que … quoi?! tu veux dire que…
- Que rien du tout je te fais marcher. Dit-elle en gloussant. Il n’y a pas de risque, merci à nos alchimistes et leurs produits miracles.”

Elle s’étendit sur le lit, reprenant aussi son souffle et profitant de ce petit moment de calmer. Le “pangolin” tenta de se tourner vers elle, mais fut bloqué par les menottes. Il grommela.

“Hum tu me détaches maintenant?
- Ça dépend…
- De quoi donc?
- De ton choix. Tu en as deux, sois tu décides de partir maintenant et de savourer une bonne nuit de repos, sois tu restais ici, attacher et à ma disposition si j’ai encore un petit creux. Que décides-tu ?
- Hum si tu gardes tes lunettes je prends le risque de rester l'attaché et d’avoir des courbatures au bras demain.
- Vendu, répondit-elle en riant. Mais demain matin, tu files, avec moi oublie l’attachement, l’affection et tout le reste, ce n'est pas le genre de la maison.
- Dommage, je suis sur qu’on aurait fait un beau couple, dit-il avec une sincérité touchante.”

Elle plissa les hauts et haussa les épaules en se retournant, posant les draps au-dessus d’eux et dormant en boule. Non pas de sentiment pour elle, juste la solitude, la peur et des jeux dangereux, une vraie vie de rêve...

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