[récit]La Blanche et le Jade ( Contenu choquant et mature )

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Message  Atia le Jeu 4 Oct 2012 - 22:50

La Blanche et le Jade

Attention: Comme tout mes récits celui la sera très cru et brutal ce qui peut donc choquer les âmes sensibles, a lire a vos risques et périls!

Partie 1 : l’embarquement

Le lent train de bagage brinquebalait sur les routes pavées de la ville, tel un long serpent vieillissant tentant de rejoindre les docks. Sur le bord de mer, deux élégantes frégates étaient chargées. Arme, munitions, armures, vêtements, équipement de camps, d’exploration, de construction, des vivres s’entassaient dans les soutes sous l’oeil vigilant d’une intendante en robe sobre et stricte qui annotait chaque caisse sur un grand grimoire en faisant gratter sa plume en argent sur le papier dans un rythme monotone. Des balistes et des golems furent chargés sur les navires quand l’intendante ferma son livre dans un claquement avant de ranger sa plume. Devant chaque navire, la force était divisée en deux, les jeunes femmes au garde à vous dans leurs armures sombres, immobiles et altières, leurs chevelures blanches voletant au gré des vents iodés venant de la mer. Angélique et Miriya observaient leurs troupes attendant le signal de la part de la commandante, l’appel était fait, chacune était équipée et prête. Arley observa le registre des présents et discuta un instant avec les capitaines et l’intendante du régiment. Elle hocha la tête et leva le bras. Comme une seule, chaque chevalière s’avança en rang vers les navires embarquant avec discipline. Arley fut la dernière à monter, elle observa les navires avec méfiance, l’élément liquide n’était pas son élément ainsi ce n’est qu’après une courte prière qu’elle s’élança sur le 1ere navire, celui ou avait embarqué Miriya et le 1er escadron.

À bord, elle se dirigea rapidement vers ses quartiers, la cabine du capitaine ,qui pour l’occasion allait loger avec son second. Elle avisa la décoration luxueuse des lieux, et surtout un immense tableau du capitaine en grand apparait sur fond de mer. Elle note l’ego du capitaine, mais remarqua aussi des estampes d’elfettes dénuées et commença à se méfier pour ses filles. Mais après tout, elles étaient à même de se défendre. Elle observa alors par les hublots.

Sur les quais, les marins s’agitaient larguant les amarres et commençant la manoeuvre, le navire glissant sur le flot dans une agitation palpable, sur les ponts et les docks cela courait de partout dans un brouhaha incessant. Sortir et entrer du port étaient toujours des manoeuvres complexes et expliquaient l’agitation. La chevalière ne s’en offusqua pas et resta sagement dans sa cabine pour ne pas gêner les matelots. Mais la houle commença déjà à peser sur son estomac. Elle se trouvait pathétique d’être ainsi gênée par le roulis des vagues elle qui chevauchait chaque jour. La journée s’annonçait mal... Prise de nausée et d’un profond mal de mer, elle s’allongea sur sa couche après s’être débarrassée de son armure et de tout vêtement superflu.

Ce n’est que le surlendemain qu’elle commença à voir les effets de sa nausée se dissiper. Semblant agoniser dans la cabine, pale et sa longue chevelure blanche trainante dénouée, elle marcha jusqu’au hublot et observa l’océan qui n’en finissait pas, le vaisseau semblait pourtant glisser sur l’eau, sa forme de trimaran atténuant les vagues, mais son estomac ne voulait pas se rendre a l’évidence. Elle soupira, et se décida à sortir un peu, abandonnant sa robe de chambre elle se revêtit de ses chausses de cavalière moulante, une fine chemise blanche et vaporeuse et son doublet armant qu’elle laissa ouvert. Elle fixa le baudrier de l’une de ses épées à sa taille et noua ses cheveux les enroulant autour du noeud afin qu’ils ne trainent pas au sol tant ils étaient longs une fois détressés. Ses cuissardes de cavalière mises, elle sortit de sa cabine et respira a plein poumon l’air iodé de la mer, sa fraicheur la vivifiant a coté de la chaleur étouffante et de l’odeur de ses maux d’estomac qui régnait dans la cabine. Elle se dirigea vers le pont avec une démarche de prédatrice, mais pour les marins c’était plus le roulement hypnotique de l’arrière-train moulé de la cavalière qui fit le plus d’impressions.

Elle ne le remarqua pas et observa les marins au travail sur le pont, ceux entretenant le pont et la coque, ceux manoeuvrant les voiles de jonque du navire, toute une activité débordante. Elle remarqua nombre de ses chevalières qui tentaient bien maladroitement de suivre leur entrainement. Bien que stable, le navire avait quelques roulis dont les combattantes n’avaient pas l’habitude, pourtant elles poursuivaient leurs exercices quotidiens en petites équipes afin de ne pas gêner l’équipage. Toutes étaient vêtues comme elle avec leurs chemises, doublets, chausses et cuissardes, ayant relégué leurs armures dans leurs coffres. Elle hocha la tête, satisfaite de les voir s’entrainer et elle vint s’appuyer a bastingage observant l’horizon, ça et là des créatures marines fendaient la surface avant de disparaitre accaparant son regard.

Un mouvement à son coté la tira de sa rêverie, le capitaine du navire venait de se placer près d’elle, lui aussi appuyé sur le bastingage, sa longue chevelure d’ébène voletait au gré du vent et il perdait son regard vers l’immensité azurée. Il afficha un sourire énigmatique et se tourna vers la commandante.

“Je suis ravie de vous revoir, Commandante, je commençais, à m’inquiéter.
- C’est aimable de votre part capitaine.
- Pas aussi aimable que de voir les couleurs rejaillir sur votre si joli visage, dit-il avec un sourire.
- Allons, ne versez pas dans la flatterie et le graveleux, je ne serais jamais complice de votre luxure, annonça-t-elle sèchement.
- Ma luxure? demanda-t-il en riant aux éclats, ce qui eux pour effet de surprendre la chevalière. Vous vous méprenez sur mes intentions, ce compliment est sincère, mais sans arrière pensé. Je connais vos voeux et j’ai le plus grand respect pour ceux-ci, jamais je n’oserais les remettre en doute. Je voulais juste être aimable avec une soldate que j’estime et admire.
- hum, soit, dit Arley en le dévisageant avec une certaine suspicion, mais il semblait sincère, mais vous avez déjà été bien aimable en me donnant le loisir de votre cabine.
- C’est le moins que je puisse faire pour vous noble dame, c’est un honneur de vous avoir à bord. Malheureusement, nous devrions arriver demain ce qui me privera de votre présence...”

Il sourit et saisit la main de la chevalière qu’il baisa avant de se retirer. Arley le regarda s’éloigner avec étonnement, gardant la main en l’air, papillonnant des yeux et éprouvant une étrange chaleur au niveau de ses pommettes. Elle secoua la tête, chassant de curieuses pensées pécheresse et s’en alla vers ses chevalières pour s’entrainer avec elles.



Dernière édition par Atia le Jeu 11 Oct 2012 - 15:48, édité 1 fois

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Re: [récit]La Blanche et le Jade ( Contenu choquant et mature )

Message  Atia le Ven 5 Oct 2012 - 19:46

Partie 2 : Vague Sanglante.


Arley s’éveilla ce matin-là avec une étrange sensation. Tout son corps semblait transi et son crâne prit dans un étau. Elle grommela en passant sa main sur son front couvert de sueur, les souvenirs de la nuit lui échappant inexorablement ce qui ne fit qu’augmenter son inconfort. Soudain elle sentit un souffle contre sa nuque. Elle écarquilla les yeux, prise de panique, prenant la dague sous l’oreiller et plaça la lame sous la gorge de l’intrus avec une fébrilité perceptible.

Elle eut alors un hoquet étrange en voyant le capitaine dans son lit, dormant à point fermé, un petit air béat dessiné sur le visage. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer cette nuit-là? Une vive panique s’empara d’elle et elle s’écarta de lui, tombant du lit avec fracas. Elle grogna en se frottant l’arrière-train et se redressa légèrement, seul ses yeux dépassant du lit alors qu’elle regardait l’elfe encore assoupi. C’est alors qu’un détail la frappa, ils portaient encore leurs vêtements de la veille, elle poussa un soupire rassuré, ça écartait donc un acte impie de la liste, mais n’expliquait toujours pas toute la situation. Elle se redressa et croisa les bras en regardant la scène, fouillant ses souvenirs.

Le capitaine s’éveilla et se retourna, voyant Arley. Il poussa un petit cri entonné lui aussi et l’avisa, un détail avait échappé à la commandante, elle n’avait plus son doublet et le tissu de sa chemise déjà fin ne laissait plus guère de place a l’imagination à cause de la sueur. Il déglutit et la chevalière remarqua alors se détail, poussant un cri elle saisie le drape du lit et tira vivement dessus envoyant valdinguer le marin avant de qu’elle s’enroule dans la robe de fortune. Ainsi revêtu, elle posa ses mains sur ses hanches et regarda l’homme qui se relevait penaud, affichant un air autoritaire.

“J’espère que vous avez une explication, capitaine!
- Arl... Commandante... je la cherche aussi, je crois que nous avons juste un peu abusé du rhum gobelin et qu’en vous ramenant a la chambre après votre assoupissement je n’ai pas eu la force de repartir... mais je vous jure que je n’ai rien entrepris contre vous... enfin pas directement...
- Pas directement? Grogna la commandante.
- Enfin, non non je n’ai rien fait promis!
- J’ai les moyens de vous faire parler et je n’hésiterai pas à en user. Qu’entendez-vous par :”pas directement?”
- Vous étiez là, étendu, je vous ai enlevé votre doublet pour vous mettre à l’aise et vous... enfin, étiez attirante alors...
- Alors? Gronda Arley qui semblait peiner à contenir sa rage.
- Je ne vous ai pas touché...
- Qu’avez-vous fait, par le Puit de Soliel!?
- Je me suis... avec ma main... en vous regardant et... sur votre visage, mais.. J’ai nettoyé après hein...”

Arley s’empourpra les yeux écarquillés d’étonnement et de rage. Sa raison céda à l’ire qui l’envahissait et elle éclata dans une colère noire. Saisissant le mobilier à portée de main, elle commença à mitrailler l’officier de marine qui se mit à ramper vers la sortie en évitant tant bien que mal les projectiles qui fondaient sur lui.

“Hors de ma vue perverse! Faquin! Fot-en-cul! Foimenteor! Putrel! Maroufle! Orchidoclaste! Nodocéphale! Coprolithe!”

Le capitaine réussit à s’échapper de la cabine en couinant comme un animal traqué. Arley fixait la porte en fulminant quand celle-ci se rouvrit soudain, dans un réflexe de rage Arley envoya une statuette que Miriya esquiva aisément et calmement, gardant un air impassible.

“Commandante? Tout va bien? demanda la jeune femme aux cheveux courts et argentés.
- Ce... ce... pervers a osé pratiquer l’onanisme en me regardant dormir! et... et... il a souillé mon visage! Hurla Arley se jetant vers une bassine d’eau pour se nettoyer en hâte à la limite de s’arracher la peau.
- je vois, dit la lieutenante en étouffant difficilement son hilarité. Les hommes sont des bêtes vous le savez bien, il n’a rien tenté a votre égard c’est le plus important.
- Ce sale... graaah le …. le... ahem... je dois me calmer... Vous avez raison. Que me vaut votre présence?
- Nous arrivons dans la brume.
- Bien. Dites a la troupe de se préparer, en arme et armure et plus vite, en envoyez moi mon écuyère.”

La lieutenante hocha la tête avant de ressortir avec un air d’amusement. Peu après, la jeune écuyère fut là pour aider la commandante à revêtir ses vêtements propres et surtout son armure d’ébène et d’écarlate. Couverte de métal, la jeune fille tenant sa barbute, la commandante sortie sur le pont, armé de son épée incandescente, Tanymyl, d’une miséricorde et de l’immense et terrifiante lame Enfawr qu’elle portait attaché dans son dos par une bandoulière de cuir. Elle arpenta le pont alors que les filles baissaient les têtes à son passage et elle vient en proue observer l’incroyable mur de brume qui se levait devant eux. Une légère crainte enserra l’estomac de la chevalière quand ils traversèrent l’épais brouillard. L’hydromancien du vaisseau avait les yeux fermés, le corps entouré de vague de mana alors qu’il sondait l’océan pour éviter les récifs, faisant des signes au barreur qui suivait a la lettre les indications codées qu’il donnait.

Soudain des sons étouffés filtrèrent dans la brume et l’odeur de la poudre remonta aux narines d’Arley qui se redressa. La brume se fit moins épaisse à chaque instant et les deux navires elfes découvrirent le paysage se découpé en de hautes aiguilles de roche couverte de végétation tout autour de ce qui semblait être une imposante terre détachée du continent qu’ils apercevaient plus loin. Mais surtout ils virent des navires de l’Alliance et de la Horde lancées dans une violente bataille.

“Commandante? demanda timidement le capitaine. Que faisons-nous?
- Nous faisons partie de la Horde et la Horde est en train de se battre.”

Il hocha la tête et fit des signes au second navire. L’agitation gagna le bord, les marins manoeuvrèrent en tous sens et les balistes sur le pont furent chargées. Les deux navires approchèrent de la bataille profitant de leur vitesse et de leur manoeuvrabilité pour se glisser dans le sillage des navires de l’Alliance et éviter leur canon repartie sur les flancs. Le mat de beaupré fut replié rendant saillant l’éperon a l’avant des navires alors que les balistes firent feu visant le gouvernail et la voile d’Artimon pour briser la manoeuvrabilité des vaisseaux ennemis.

“Tenez-vous à quelque chose!”

Les ordres du capitaine furent scrupuleusement respectés alors que le destroyer se jeta sur l’arrière de la frégate humaine, brisant sa coque sous la ligne de flottaison, broyant les planches et provoquant de violentes voies d’eau. Les hydromanciens du bord usèrent de leur magie pour aider l’équipage à reculer le vaisseau. L’alliance fut prise de court par cette attaque soudaine et imprévue, autant que la Horde qui pourtant exulta a l’arrivée de ses renforts inattendus et redoubla d’effort. Le combat naval s’intensifia et le navire sur lequel attendais Arley s’élança sur une autre cible cette fois les balistes tirèrent des carreaux enchainés pour verrouillé le destroyer a l’arrière du vaisseau de guerre de l’Alliance et des échelles furent dressé. La chevalière poussa un cri de guerre et se jeta à l’assaut du navire entrant par la cabine du capitaine où presque aucune résistance n’attendait. Marins et chevalières s’engouffrèrent sur le vaisseau, arme à la main.

Arley s’avança dans la cabine, brandissant l’incandescente Tanymyl dans sa main droite, son écu de chevalière de sang attaché à la verticale a son bras gauche. Face à elle un jeune mousse d’à peine une dizaine d’années l’observa les yeux écarquillés, ne voyant qu’une masse de métal noir et rouge et une lame embrasée. Il leva timidement sa pertuisane trouvant le courage de combattre, mais Arley écarta d’un coup de bouclier l’arme sans la moindre hésitation alors qu’elle faucha l’enfant de sa main l’ouvrant en deux sans ralentir sa course. Les sin’doreis se rependirent sur le navire comme un flot déchainé, les chevalières en tête qui se jetèrent sur les canonniers prit au dépourvu qui tentèrent de se jeter sur des armes ou en improvisèrent. Sur le pont, la garnison du navire s’organisa en formant un mur de bouclier en première ligne suivie des fusiliers qui attendaient nerveusement que l’ennemi passe la porte. Celle-ci s’ouvrit avec fracas et ils firent feux de concert pour ne découvrir que des chevalières entourées d’un halo doré sur lesquelles s’écrasèrent les balles. Les sin’doreis engagèrent le combat au corps à corps chantant des prières au puits de soleil gonflé par leur foi.

Au même moment, un bâtiment orc percuta le flanc du navire humain et des grappins furent tirés, s’accrochant au bastingage, les grunts se jetant sur le navire prenant de flanc et à revers les défenseurs humains, détruisant ainsi tout espoir de victoire. Ceux qui se rendirent furent impitoyablement massacrés quelque soit leur age ou leurs sexes, elfes et orcs se livraient a un carnage laissant le sol glissant et tinté de rouge, le pont déborda du sang des vaincus, tintant les flancs du navire d’écarlate.

À coter, le dernier navire humain s’embrasa quand les magisters du second navire sin’dorei déclenchèrent un déluge de flamme sur le pont, embrasant l’esquif dans une lueur orangée. La bataille était finie et Arley observa le carnage avec flegme rengainant sa lame brulante dans son fourreau. Elle ne déplora que des blessés parmi ses filles, leurs armures les ayant prémuni pour la plupart des pires maux là où les marins déploraient quelques morts. Au sol, les blessés humains étaient achevés et les orcs observèrent les elfes avec étonnement. Un orc imposant a l’armure beige et cramoisi approche.

“Garde de Sang Ruak, second du Centurion Krom, annonça l’orc en frappant son poing sur sa poitrine.
- Chevaliere-Commandante Arley de Thurwes, chef de la 9e compagnie des chevaliers de sang.
- Votre aide a été précieuse, elfe, c’est une belle victoire!
- C’est toujours un honneur, nous devions nous rendre sur une ile nommée Lu Dao par les autochtones afin de porter assistance la Horde.
- Vous devez voir le Garde de Sang, car c’est l’île face a nous, nous étions également envoyés renforcer la Horde sur place, mais visiblement ces chiens de l’Alliance ont pris possession de l’endroit et massacré nos frères.”

Arley hocha la tête, au moins la situation était claire et leur force largement renforcée.


“Les étrangers étaient arrivés depuis quelque temps sur Lu Dao apportant leur guerre et la violence sur ce pays paisible et pacifique. Leur rivalité embrasa l’ile, ceux portant des vêtements rouges affrontèrent ceux en bleu, cherchant à s’emparer des maigres territoires de l’autre. Leurs guerres firent fuir les animaux, ravagèrent les récoltes et causèrent moult trouble et chaos dans la campagne. Les habitants pandarens des villages s’enfuirent vers les monastères et les grandes villes alors que la famine guettait si les guerriers s’obstinaient.

Mais un jour, des navires immenses aux voiles bleus arrivèrent et ceux en rouges furent massacrés jusqu’au dernier. Les bleus s’installèrent et s’emparèrent des villages abandonnés par les paysans et d’un temple que la guerre avait conduit à la ruine. Ils fortifièrent le temple et envoyèrent des gens fourrager le pays pour trouver des ressources. Les habitants terrifiés n’osèrent approcher des cotes et battirent des faubourgs autour des monastères, au coeur de l’ile, redoutant les cotes.

C’est alors que les navires bleus furent assaillis par des navires d’aciers à l’aspect féroce très vite rejoint par des vaisseaux rouges et agiles. Les bleus furent vaincus et l’océan tinté du rouge du sang des vaincus et des reflets oranges des flammes. Les mers venaient encore de changer de main, faisant craindre au retour de la guerre sur le sol de Lu Dao.”

Fú láo háng, Chronique de la guerre de Lu Dao
.


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Message  Atia le Mar 9 Oct 2012 - 19:59

Partie 3 : Le commandement.

Le navire capturé par la Horde fut ajouté à la flotte et un équipage ad hoc fut formé à partir des navires trop endommagés pour continuer le combat. La flotte se rassembla et navigua autour de l’île afin d’en estimer la taille, mais celle-ci semblait immense et des campements de l’Alliance parsemait le littoral. Durant la manoeuvre, Arley et ses lieutenantes Miriya et Angelique furent menés sur le navire amiral de la flotte orc composée de quatre navires. À son bord, un orc a peau brune observait les elfes d’un air impérial, il portait une armure sombre hérissée de pointe et décorée de crane et de chaines sans doute pour lui conférer un air intimidant sinon ridicule, il avait pourtant l’air jeune et arrogant, comme un gamin parvenu. Arley le salua respectueusement et se présenta calmement. L’orc l’observa de pied en cape et s’esclaffa.

“Un régiment de femme elfe, ça va faire plaisir aux hommes, ils vont pouvoir se taper de la catin, annonça-t-il avec un rire gras.
- Ne comptez pas trop là-dessus Centurion, répondit avec flegme la chevalière, elles ont fait voeux de chasteté en entrant à mon service.
- Dommage, grommela l’orc en se massant le menton puis il se redressa. En tout cas vous avez eux de la chance qu’on soit là! sans notre présence vous seriez tombé sur la flotte de l’Alliance et elle vous aurait anéantie sans effort! Harhar! encore une fois les orcs sauvent leurs alliés!
- Visiblement nous avons une vision bien différente des événements, répondit Arley en agitant la main avec agacement, mais je ne compte pas m’étendre là-dessus.
- ouais vous autres elfes, préférez-vous étendre les cuisses écartées!
- Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures, Centurion. Votre second m’a dit qu’il serait intéressant de vous voir, car nous avons les mêmes objectifs, combattre sur Lu Dao. Mais visiblement, il a fait erreur, tout ceci est une perte de temps, je ne vois donc pas l’intérêt de rester ici plus longtemps.”

Elle tourna les talons ainsi que ses lieutenantes ce qui fit entrer le chef orc dans une colère noire et il se mit à hurler en se levant de son siège.

“JE SUIS LA HORDE ICI! Vous devez me servir!
- Mes ordres sont de me rendre sur Lu Dao et de combattre l’Alliance, en aucun cas d’être a votre service, j’ignorais même jusqu’a votre présence avant que ma flotte ne vous aide et offre la victoire a la Horde.
- Je suis un orc! vous êtes donc mon obligée! éructa le centurion.
- Commandante, prit la parole le Garde de Sang, l’Alliance est forte nous ne pourrons rien faire si la Horde se désuni!
- Je ne suis pas pour la désunion, affirma Arley. Je rejoins mon navire, quand nous aurons fini la reconnaissance nous discuterons d’un plan de bataille.
- La horde vaincra, grogna le commandant Orc.”

Il fallut le reste de la journée pour faire le tour de l’ile et le soir la flotte s’immobilisa près du port de l’Alliance qui semblait se fortifier en hâte après la bataille de la matinée. Pendant la journée Arley avait fait tracer des cartes et relever le périmètre de l’ile, environ 200 km. Une ile de taille moyenne, mais fortement vallonnée et couverte de végétation, si un cheval au galop pouvait en faire le tour en une demi-journée, l’explorer se révélerait bien plus complexe. Seul la cote nord et est semblaient occupé par l’Alliance, le Sud était doté d’un port autochtone étonnement complexe et peuplé. Elle n’avait pas vu les habitants, mais des bateaux de taille diverse dont aucun n’était armé, la population semblait s’être réfugiée en voyant les navires de guerre croiser à leur proximité. Elle ne pouvait les en blâmer.

Une fois immobile et les navires côte à côte, Arley et ses lieutenantes ainsi qu’une escorte parmi les plus avisées de ses chevalières montèrent sur le vaisseau amiral des orcs. Lydie, l’écuyère d’Arley tenait dans ses bras les cartes. Le centurion Krom, se tenais sur son siège une table dressée devant lui une cruche de vin posé dessus et des papiers divers. Le garde sang salua l’arrivée des elfes poliment, ce que s’abstint de faire le chef. Arley se planta devant lui et le salua.

“Vous revoilà, il était temps! grogna l’orc, nous avons un objectif, le port de l’Alliance!
- Je vois que nous sommes arrivés à la même conclusion, se port nous garantie un accès sur a la mer, l’organisation d’un ravitaillement et aussi l’assurance que l’Alliance n’obtiendra pas de renfort
- Le Garde de Sang m’a dit pareil, mais surtout, c’est une place forte solide qui nous couvrira de gloire et d’honneur une fois capturé!
- assurément.”

Elle claqua des doigts en direction de Lydie qui s’élança vers elle avec ses cartes, la jeune adolescente s’inclinant bien bas arrivé au niveau de la commandante. Arley se saisit d’une carte et la déroula sur la table.

“J’ai fait tracer se plan du port, d’après nos observations, expliqua Arley et tapotant la carte. D’après ce que nous avons vu il y là une for...
- Il suffit, la coupa Krom, nous ne sommes pas là pour nous amuser avec vos petits dessins! On est des guerriers pas des femmes!
- Les cartes sont des petits dessins de femme? demanda Arley effarée. Avec tout le respect que je …
- Silence, vous ne savez rien du respect.
- Je pensais que nous étions là pour discuter du plan, Centurion.
- Vous vous trompez, elfe, ricana Krom, vous êtes la pour recevoir vos ordres. Et les ordres sont simples, nous attaquons le port par la force et la gloire! Nous nous emparerons des quais et massacrerons leurs défenseurs!
- Vous voulez rire? Ils ont au moins une quinzaine de canons tournés vers la mer, un assaut frontal serait vou...
- Vous avez peur?! Petite fillette lâche!
- Et vous, vous n’avez donc rien derrière ce large front simiesque? Gronda Arley. Ce plan est le plus stupide que je n’ai jamais entendu!
- Et vous vous y conformerez chienne! Rugis l’orc à peau brune.”

Les deux se regardaient, les yeux brillants d’une lueur assassine. Plus personne n’osa parler sur le pont de peur d’attirer l’attention des officiers fulminants. Arley haussa les épaules.

“Votre Garde de Sang est clairvoyant, notre union est nécessaire pour vaincre.
- Bien, ravie de vous voir à nouveau ramp...
- Cependant le coupa Arley en levant la voix, ce ne sera pas sous votre commandement, car vous n’êtes qu’un chien fou assoiffé du sang de vos ennemis comme de vos hommes et les sous-êtres tels que vous ne méritent en aucun cas de commander autre chose qu’une bande de porc.
- Sale chienne! je vais vous arraché la gorge!
- Je vous en donne l’occasion, misérable Phallosophe. Je vous provoque pour une mak'gora, que l’épreuve des armes définisse lequel de nous est le plus apte à commander. Le perdant se soumettra, ce langage est assez simple pour que vous arriviez à le comprendre?
- Il n’y aura pas de soumission, ce sera un duel à mort et une fois que tu seras morte je violerais ton cadavre et mon worg se servira de toi comme latrine.
- C’est imagé, vous devriez avoir la peau verte et les yeux luisants de rouge, ça irait bien avec vos paroles de dément méphitique.”

L’orc se mit à rugir et écarta la table qui alla se fracasser contre le bastingage, Lydie réussie à récupérer la carte de justesse alors que tout le monde se tétanisa en voyant le duel de chef se profiler. Un chaman s’élança vers eux pour définir les règles ancestrales, observant Arley avec hésitation, une elfe qui ne vénérait pas les esprits c’était inattendu.

“Les armes doivent être beni par les esprits, commença le chaman, hésitant, et vous ne devez porter qu’un pagne et une seule arme de votre choix. Heu... madame pourra porter un bandage autour de la poitrine aussi bien sûr. Vos corps seront couverts d’une huile sacrée et sous le regard des ancêtres vous combattrez avec honneur.”

Les deux participants hochèrent la tête et se retirèrent dans leurs cabines respectives pour se préparer. Une effervescence gagna la flotte à l’idée de ce combat. Mais alors que Lydie dénudait la commandante, Miriya fit part de ses doutes:

“Commandante, j’ai toute confiance en vos capacités, mais nous ne pouvons nous permettre de risquer votre vie dans cette folie! Et qui nous assure que les orcs ne vous tiendront pas rigueur de ce combat si vous gagnez?
- quand elle va gagner, vous voulez dire, annonça Angelique de sa voix douce et sucrée comme le miel. Ce tas de muscle n’a aucune chance.
- De plus, ajouta Arley, cette tradition est sacrée pour les orcs, une victoire m’assurera une loyauté bien supérieure de la part de ses sauvages que si Garrosh lui-même m’avait offert le titre. Ils respectent la force et verrons de quoi je suis capable.”

Lydia acheva son travail, laissant sa chef en culotte et un bandage autour de la poitrine, les pagnes ne faisant pas partie des attributions des chevalières de sang. Une chamane fit alors son entrée.

“Avez-vous choisi votre arme? demanda l’orque.
- ma miséricorde.”

Arley leva une dague très longue et effilée à section cruciforme, l’arme peu commune étonna la chamane autant que ce choix en lui-même. Elle prit l’arme et la regarda, elle savait, ce que le centurion prendrait, une imposante hache a deux mains au fer colossales, comment une petite arme comme celle-ci pourrait rivaliser? Mais l’orque n’était pas là pour juger.

“Si vous êtes prêtes, nous allons oindre votre corps et votre arme d’huile bénite.
- Je suis prête.”

La commandante se leva et se dirigea d’un pas assuré vers le navire amiral des orcs, sur le pont des spectateurs se pressaient et observèrent la commandante approcher dans sa tenue plus que minimaliste. Elle laissait ainsi voir les quelques cicatrices pâles parcourant sa peau légèrement hâlée et caramel, mais la plus impressionnante de toutes était la longue balafre d’un noir bleuté qui partait de son épaule gauche à sa hanche droite, passant entre ses seins. Arley ne semblait éprouver aucune gêne à être ainsi dévêtu et se présenta sur le pont, ou des chamans l’attendaient. Elle jeta un oeil à son adversaire, l’orc était assis sur un tabouret et les chamans le couvraient d’huile. Arley l’imita et s’installa sur un tabouret, restant calme, là où l’orc semblait fulminer. Les chamans la massèrent et l’odeur pénétrante de l’huile lui remonta aux narines alors que le liquide faisait luire son corps. Face à elle, l’orc semblait à un colosse, assis il était tout en muscle et l’huile faisait ressortir sa musculature imposante en lui donnant du relief. Il tendait ses muscles probablement pour intimider son adversaire. Un chaman pria aux esprits et les deux adversaires se levèrent. Arley ramena sa natte devant elle, la passant sur son épaule gauche, fixant son ennemi avec une détermination certaine. L’orc observa l’arme de la commandante et ne put réprimer un rire, une simple dague contre son immense hache de guerre, cela lui parut tellement ridicule, mais il ne fut pas le seul. Même parmi les chevalières beaucoup s’interrogèrent.

Le chaman arbitre acheva sa prière et donna le signal. Tout se passa en un éclair. L’orc leva son arme colossale en direction de l’elfette et l’abatis en poussant un hurlement, l’arme frappant vers le bas. Arley se décala et l’arme toucha la natte qui protégeait l’épaule et la chevelure solidement tressée encaissa le choc comme elle l’avait prévue. La commandante accompagna le mouvement de l’arme en s’affaissant sur le côté pour ne pas se faire briser un os et dévia l’arme en faisant glisser sa natte sur sa peau tandis que sa main droite frappa l’orc avec sa dague. L’arme se ficha dans la gorge la traversant de part en part sans la moindre résistance provoquant un hoquet étouffé de l’orc qui écarquilla les yeux. Gardant fermement l’arme en main, la chevalière tira alors avec violence sur son arme arrachant la gorge laissant les veines, les artères, les cartilages de la trachée et toute sorte d’éclat sortir de la plaie béante qui projeta une véritable fontaine de sang. Arley sauta alors en arrière pour éviter le jet alors que le centurion s’écroula au sol, fixant son adversaire avec de grands yeux étonnés. S’étouffant et se vidant de son sang, il tira une langue gonflée noire alors qu’il expira son dernier souffle dans un gargouillis sinistre. Arley contempla son oeuvre, altière et triomphale, sa beauté et sa grâce toute elfique sublimée par l’éclat de la victoire.

Elle observa l’attroupement, le regard rempli de détermination, la dague fermement dans sa main droite pendant que la gauche régénérait les cheveux tranchés de sa natte. Puis d’une voix forte, elle dit:

“Quelqu’un ose-t-il remettre en cause mon autorité? Si oui qu’il s’arme et vienne m’affronter céans!”

Elle toisa chaque visage avec assurance, jugeant de leur émotion et de leur intention, mais personne ne bougea. Ce n’est qu’après un instant que le Garde de Sang Ruak sorti des rangs et se plaça devant Arley, mais il ne leva pas son arme, il frappa sa poitrine et annonça d’une voix forte.

“La Horde est à vos ordres commandante! Quelles sont vos instructions?
- Bien, dit Arley avec un léger sourire. Nous allons soumettre ce port, voici mon plan.”



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Re: [récit]La Blanche et le Jade ( Contenu choquant et mature )

Message  Atia le Ven 12 Oct 2012 - 13:40

Partie 4 : Le feu, le marteau et l’enclume


Un boulet incandescent siffla dans l’air humide comme un cri sinistre et s’écrasa en emportant une portion de barricade, projetant des éclats de roche et de terre tout autour. Mais comme les autres, cela ne lui offrit qu’un rebond meurtrier, rasant le sol il arracha la jambe et la moitié du buste de soldat présent avant de disparaitre enfoncé dans le sol après son rebond. Les prêtres se précipitaient, tête baissée, comme si cela allait changer quelque chose, vers les blessés. L’un était mort, l’autre pouvait être stabilisé. Formant un garrot autour de la cuisse le prêtre tenta de juguler l’hémorragie alors que leur propre artillerie répliquait forçant l’ennemi à s’éloigner.

L’avant-poste portuaire “Revanche du Lion” subissait un bombardement constant depuis la défaite navale de l’Alliance. Depuis la nuit qui avait suivi, régulièrement, un navire approchait. Les mages faisaient bouillir l’eau de la mer devant eux pour former une brume et rendre la riposte mal aisée et bombardaient le port à l’aveugle. Cela ne durait que quelques minutes puis plus rien et cela recommençait entre 20 et 40 minutes plus tard. Le manège durait depuis près de 24h et même si les pertes et les dégâts étaient minimes les nerfs des soldats s’en trouvaient terriblement éprouvé. Le Chevalier- Capitaine Louis de Valette le savait que trop bien. Engoncé dans son armure d’acier et d’or rehaussé de voile de velours bleu, il observait son camp et grimaçait à chaque perte qu’il subissait. Ces 30 dernières années de guerre constante pesaient lourd sur le monde et même l’humanité si prolifique jadis semblait vouée à s’éteindre. Lordaeron, Alterac et Theramore, avaient disparu, Dalaran était devenu neutre, mais presque dépeuplé après le passage du Fleau, Kul’trias dérivait depuis le cataclysme et Gilneas ainsi que Stromgarde étaient ravagé par la guerre et presque détruite. Seul Hurlevent qui n’a pourtant était rebâti que depuis une génération semblait prospérer malgré l’attaque d’Aile-de-Mort qui a couté une partie de la ville.

“Des nouvelles du Temple? Grogna de Valette à l’intension de la kaldorei a ses cotés.
- Toujours rien messire, c’est le troisième messager que nous envoyons et toujours aucune réponse, ils ne semblent pas revenir.
- trois... ça commence à faire beaucoup... Quelque chose cloche, partez avec vos sentinelles les chercher, il y a peut-être un ennemi caché dans la jungle, à moins que le Baron Henry de Rais estime que notre port n’a pas d’importance.
- J’aimerais autant éviter que mes sentinelles n’approchent cet homme sauf votre respect, grogna l’elfe de la nuit en fixant le capitaine dans les yeux.
- Je ne vous le demanderais pas. Trouvez les messagers ou ce qui les fait disparaitre.”

La kaldorei hocha la tête et fit signe à ses soeurs. L’elfe de la nuit a la peau bleutée revêtit sa cape de plumes sombres par dessus son corps presque nu couvert que de quelques pièces d’armure de cuir coloré laissant ainsi voir les nombreux tatouages argentés qui la couvrait. Elle se déplaça d’un pas félin sans un bruit accélérant peu à peu disparaissant comme un fantôme dans les bois, suivit de ses soeurs. L’arc a la main, elle progressait dans les bois, comme marchant sur un nuage, ne faisant pas le moindre son scrutant de ses yeux d’argent chaque recoin végétal. Elle et ses dix soeurs ne savaient que chercher et ne laissaient donc rien au hasard. Les oreilles dressées elles écoutaient la jungle, leur nez humait chaque flagrance et leurs yeux scrutaient chaque ombre. Elles étaient concentrées. Elles s’écartèrent lentement pour couvrir plus de terrain toutes en restant porté de vue, communiquant par signe quand soudain l’une d’elles s’arrêta provoquant l’arrêt et le rassemblement de la troupe.

La jeune elfe aux cheveux bleuté ne dit rien, mais désigna son nez. La chef fronça les sourcils et renifla. Des trolls, c’était l’odeur des trolls. Elle plissa les yeux et s’accroupit, elle n’avait probablement pas encore été repérée, leur odeur était bien moins forte que celle des trolls et ni l’une ni l’autre des races ne faisait de bruit, l’odorat était leurs seuls repères. Elle écouta un petit moment, observant, s’assurant que nul troll n’était à portée, puis elle commença à donner ses instructions par geste. Mais soudain alors qu’elles hochèrent la tête, une lance fut sur elles. Les kaldoreis esquivèrent agilement l’attaque, mais d’autres lances tombaient en une pluie meurtrière, les obligeant à se mettre à couvert. Dans un réflexe fulgurant, la chef tira une série de flèches dans la direction des tirs et un cri se fit entendre, elle ne les avait pas vus, mais avait visiblement fait mouche. Les elfes de la nuit se déployèrent rapidement, se dispersant dans les bois pour harceler les trolls, leur terrible équivalent en milieu boisé.

La capitaine gardait à l’oeil ses soeurs, autant que les environs cherchant l’ennemi quand soudain elle entendit un petit cri et des bruits de combat, elle se précipita et découvrit une de ses soeurs égorgées. Poussant un juron, elle observant autour d’elle, se crispant sur son arc quand de nouveaux combats débutèrent. Elle vit deux trolls s’écrouler, cribler de flèche, mais une autre de ses soeurs s’écroula. Elle commença à repérer les trolls, des dizaines et plus encore, ils étaient une armée entière cachée dans les bois et alors qu’elle commença à redouter le pire, tombant des arbres un immense troll fut sur elle et l’égorgea d’un geste rapide.

Val’Zoul se redressa observant autour de lui, ses trolls avaient éliminé la menace. Il devait le reconnaitre, elles étaient douées, très douées, voyant les morts et les blessés dans son camp malgré l’écrasante supériorité numérique qu’ils avaient. Il saisi sa hache et trancha la tête de la capitaine kaldorei en guise de trophée et remonta dans les arbres, attendant le signal de la commandante, une grande partie du plan reposait sur lui et ses trolls ce qui le ravis au plus haut point. Les messagers n’étaient qu’un amuse-gueule pour ce qu’ils auraient à accomplir.

Dans le camp, Louis s’occupait de superviser les réparations et les soins des blessés. Le port était divisé en deux grandes parties, un plateau rocheux fortifié de barricades doté de plusieurs points de passage et de quelques crêtes abruptes. Il avait placé son artillerie lourde et un régiment de ses guerriers a cet endroit pour dominer la zone. Plus bas, au pied du plateau, était établi le camp lui-même contenant ses deux pelotons de chevaliers, son infanterie et ses artilleurs et fusiliers qui faisait face a la cote avec des canons légers et leur fusil. Il regarda vers les bois, cela faisait presque une heure que les sentinelles étaient parties, cela n’était pas si long à y réfléchir, mais il ne pouvait s’empêcher de redouter le pire.

Alors que l’aube pointait après une nouvelle terrible nuit blanche, une brume légère entourait l’ile et les arbres. Le soleil n’était pas encore apparu, paraissant mollement derrière l’horizon bien qu’éclairant le ciel qui se tintait de pourpre. Louis, épuisé observant les bois, voila des heures que les kaldoreis étaient parties, ce n’était pas normal, pas normal du tout et il le savait autant que ses hommes. La peur se mêlant a la fatigue créant une paranoïa écrasante. Mais c’est alors que les navires de la Horde réapparurent, cette fois tous en même temps firent rugir leurs canons dispersant la brume qui les avait alors couverts. Une apocalypse de sifflement aigüe de hurlement d’homme et de destruction frappa le campement. Louis cria à ses hommes de tenir bon, espérant que les munitions de l’ennemi finissent par manquer, mais partout ce n’était que destruction et chaos. La plupart des soldats avaient abandonné leurs armures pendant la nuit, il ne pouvait pas leur en vouloir, c’était épuisant après un siège maritime si long et sans pouvoir se reposer, mais cela les rendait si vulnérables aux esquilles de bois et de roche qui volait de partout.

Sur le plateau, l’artillerie de l’alliance s’acharna à répliquer, luttant contre l’épuisement et le stresse, les yeux rivés vers la marine de la horde qui peut a peut se mit a se taire. Cette attention les empêcha de voir les trolls qui doucement gravirent le plateau et passèrent les palissades détruites. Val’zoul étira son sourire, comme la commandante le lui avait dit, l’ennemi serait affaibli et moins alerte après le choc psychologique des nombreux bombardements, mais la la plupart n’avait même plus leurs armes et armures. Les trolls jetèrent leur lance, leur hache ou tirèrent leurs flèches sur les soldats désorganisés qui poussèrent un cri, étouffé par les canons avant de se faire prendre au corps à corps et massacrer. Les trolls récoltèrent des trophées et se dirigèrent vers les canons couverts de sang, ils chargèrent en hâte un canon sur trois avec de la mitraille et les autres avec des boulets. Ils inclinèrent les armes vers la partie basse du port et firent feu soudainement, prenant les soldats de l’alliance aux dépourvues, dans un carnage qui ajouta à la confusion.

Pour les orcs cachées depuis quelques heures dans la jungle sur le flanc droit de la base, c’était le signal, ils avaient charrié en secret des canons sur cette position, une colline boisée dominant légèrement le camp. Ils firent feu également, prenant l’alliance dans un tir croisé. Les orcs rugirent alors et sortirent des bois pour se faire voir de l’Alliance. Alors que de toute part les boulets fusèrent, Louis de Valette hurla des ordres a ses hommes. Le plus gros de l’armée s’élança vers les orcs, alors que lui même et de l’infanterie se lança vers la trentaine de trolls, persuadés que ce serait un combat facile et seule une poignée resta en réserve.

Les forces de l’alliance, infanterie, cavalerie et tireurs affrontèrent les orcs dont le nombre avait été dissimulé par les bois, mais l’alliance tint bon et des manoeuvres d’enveloppement successif s’entama entre les forces qui rugissant s’entretuaient avec rage. Les morts commencèrent à joncher le sol. Ailleurs, l’attaque du plateau fut une boucherie pour l’alliance, ayant scrupuleusement respecté les consignes, les trolls tirèrent à mitraille sur les troupes qui approchaient réduisant considérablement leur nombre. Ils durent alors affronter leurs ennemis au corps à corps du moins pendant un temps, car la 3e phase du plan débuta.

Sur le flanc gauche, camouflé, la troisième partie de l’armée se mit en branle, la garde Kor’kron montée sur leur worg fut la première a s’élancer prenant en chasse une partie de la réserve puis ce fut les chevalières de sang dont une partie vint aider a combattre la réserve et les deux autres pelotons prirent par surprise les forces de l’alliance s’attaquant aux trolls. La charge fut dévastatrice et la formation ennemie, prise de dos se disloqua, l’un des pelotons rejoins la charge des kor’kron et du 3e peloton qui s’élançaient vers la mêlée des orcs pour prendre l’alliance à revers.

Les trolls cependant continuaient à faire face à Louis et ses chevaliers lourds, qui décimaient leurs rangs. Soulagé sur un flanc par l’arrivée des chevaliers permis aux trolls de se concentrer contre cet ennemi redoutable. Arley et son peloton arrivèrent en renfort après avoir chassé l’infanterie et engagèrent les chevaliers. Chevaliers contre chevalières, les coups pleuvaient dans des bruits métalliques et lugubres. Arley, son épée de flamme en main taillant vers les jointures des armures. Elle devait bien reconnaitre la valeur de ses ennemis. Mais soudain une lance surgie de nulle part la frappa et la fit chuter de cheval. Se relevant prestement, elle évita les sabots qui pleuvaient autour d’elle, grognant.

Elle rangea Tamymyl dans son fourreau, les flammes s’apaisant et son bouclier à son dos puis elle déboucla le baudrier qui barrait sa poitrine détachant la terrifiante Enfawr. La lame, qui fut jadis celle d’un commandant eredar et beni par les naaru depuis, siffla l’air alors que la commandante entame un violent moulinet qui sectionna les pattes supérieures d’un cheval qui s’écroula dans un hennissement sinistre. Arley acheva la bête et se jeta sur le chevalier qui ne vit qu’une immense lame sombre lui traverser la visière du heaume. Elle brula un ennemi d’un exorcisme, le malheureux s’agitant en tout sens chutant de sa monture avant de se faire piétiner par l’imposant sabot d’un destrier. Arley esquiva les montures furieuses et remonta en selle apercevant le commandant de l’alliance dans la mêlée. Elle plissa les yeux de détermination et rangea Enfwar dans le fourreau d’arçon, reprenant son épée et son bouclier. Elle chargea droit sur sa cible, frappant de droite et de gauche sur l’ennemi pour se frayer un passage. Arrivée au galop sur lui, elle frappa avec fureur sur l’officier humain surpris. Le chevalier-capitaine leva de justesse son écu qui explosa sous l’impact. Les deux chevaliers frappèrent avec violence parant, ripostant et feintant. Les lames s’entrechoquèrent à un rythme effréné, Arley, profitant de son bouclier, prit doucement l’avantage jusqu’à ce que la lame de feu se glisse sous l’aisselle de l’humain et taille le bras, sectionnant nerfs, tendons et veines. L’humain poussa un hurlement alors que son bras devint inerte et douloureux. C’était le moment, Arley frappa à nouveau visant la gorge et y ficha sa lame.

La mort du commandant désespéra les derniers chevaliers qui rompirent le combat, tentant de fuir et de se rendre. La mêlée s’acheva rapidement, Arley hurla de garder en vie les prisonniers qui furent laissés sous une petite escorte alors que le premier escadron de cavalerie et les trolls s’élancèrent vers la grande mêlée où les orcs, les kor’krons et les deux autres escadrons de chevalières se battaient déjà. La mêlée était furieuse, là un orc faucha les jambes d’une humaine qui hurla de douleur en tombant au sol, l’orc l’achevant d’un coup de hache dans la poitrine qui la sectionna en deux comme une buches. Là, un humain faisait chuter un orc d’un violent coup qu’il le déséquilibra et il sauta sur lui, prenant son bouclier de ses deux mains il frappa de la tranche a plusieurs reprises sur la gorge du grunt, écrasant sa trachée, faisant exploser ses muscles et vaisseaux et disloquant ses vertèbres. Ici, une chevalière saisie la lame de son épée d’une main, gardant l’autre sur le pommeau, gagnant en précision, elle dévia la lame d’un soldat de l’alliance violemment et se baissant elle donnant un coup remontant, plantant sa lame dans l’entrejambe non protégé du guerrier qu’elle renversa et acheva d’un coup de lame dans la gorge. Mais à peine relevé, un humain se jeta sur elle et la fit basculer. La chevauchant il saisit sa dague et poinçonna avec fureur le visage de la chevalière jusqu’à n’en laisser qu’une pulpe sanguinolente parsemer d’esquille d’os et lui-même fut achevé par la charge d’une chevalière qui l’empala sur sa lance. Partout ce n’était que fureur et sang, mais l’alliance prise entre le marteau et l’enclume succomba. Un calme lugubre s’installa peu à peu, entrecoupé par les râles des mourants et les cris des blessés. La victoire était de mise, mais déjà Arley distribuait les instructions, sauvegarde des prisonniers comme monnaies d’échange, renforcement du camp, soins des blessés, cérémonie au mort. Elle avait pris ce camp et comptait bien le garder.

Le soir, le calme était revenu, les vaisseaux étaient au port et les réparations allaient bon train, deux bâtisses en ruine servaient d’infirmerie de fortune. Arley avait supervisé à la reconstruction et avait procédé à des changements architecturaux pour le camp, bâtissant un glacis hérissé de pointes et un fossé au fond piégé. Les canons étaient dirigés dans toutes les directions, elle avait aussi commandé la construction d’un donjon de bois en haut du plateau. La Horde avait passé la journée à obéir aux instructions scrupuleusement.

La commandante à présent se tenait devant les buchers funéraires, les médecins avaient fait du bon travail, mais leur magie et leur science n’avaient pu sauver tout le monde, elle comptait une quarantaine de morts, dont 7 de ses soeurs, et probablement deux fois plus de blessés. Ses forces étaient réduites, sur les 300 soldats seuls la moitié étaient encore en état de se battre, le chiffre changerait rapidement dans les jours à venir, mais elle devait être prudente, l’Alliance ne laisserait pas cela passé et le port n’était peut-être pas leur plus importante position. Elle allait mettre à contribution les marins pour défendre le port.

Les chamans et les prêtres achevèrent leurs prières et le feu crépita alors qu’il emportait les corps. Arley baissa la tête et murmura une nouvelle prière chantée, ses soeurs l’imitant. Le combat ne faisait que commencer et elles auraient besoin de la bénédiction de la lumière.

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Re: [récit]La Blanche et le Jade ( Contenu choquant et mature )

Message  Atia le Dim 21 Oct 2012 - 23:34

Partie 5 : La grande chevauchée d’Angelique



Angélique. De toutes les elfes composant le régiment d’Arley de Thurwes, elle était de loin la plus belle et la plus mystérieuse. Son nom, Angelique, pseudonyme avoué, évoquait déjà bien des mystères sur son origine et son passé, mais c’était bien sa beauté qui revêtait le plus d’étrangeté. Belle de visage et de corps, elle possédait naturellement la chevelure blanche argenté de ses compagnes de bataille, qu’elle coiffait généralement en deux élégantes couettes basses nouées à leur base et leur extrémité par des anneaux d’argent. Son visage harmonieux et pâle contrastait avec ses joues légèrement roses et ses lèvres pulpeuses et vermeilles qui dessinaient en permanent un sourire serein et énigmatique. Elle avait des yeux en amande, rieur et doux encadré de longs sils sombres et envoutants. Sous un cou gracile se dessinait un corps à la forme irradiante de féminité. Fine, altière, sa poitrine ample et gonflée, sa taille étroite et délicate, des hanches rondes et gracieuses et de longues jambes fuselées. Définitivement, tout en cette femme respirait la séduction et la grâce. Une beauté parfaite, trop parfaite. Semblable à une poupée de porcelaine au visage figé dans une expression sereine et mystérieuse, presque espiègle quelque soit la situation, à trop la côtoyer un certain malaise pouvait naitre. Et sa voix chaude et sucrée comme le miel ne faisait qu’ajouter à un tableau déjà par trop idéal.

Quand elle fut désignée dirigeante d’un groupe de la Horde, nombreux d’orc et de trolls avaient ricané et marmonné entre eux de voir celle qu’ils prenaient pour "une poupée de salon jouant a la guerrière" prendre la tête d’une troupe de guerres. La capitaine avait alors souri, ri ou plaisanté de ses moqueries sans jamais s’en offusquer ou punir les contrevenants, ne faisant qu’ajouter à la piètre opinion qu'ils avaient d'elle. Mais cela ne dura que jusqu’à la première escarmouche, après quoi leur amusement s’était mû en une crainte véritable et c’est à présent en silence et docile qu’ils suivaient leur commandante vers le nouvel objectif du bataillon.

Après la prise du port renommé la “Main-de-Thrall”, Arley fut face à un dilemme et un défi. Le ravitaillement par la mer, certes vital et important ne pouvait être l’unique moyen logistique dont elle disposait pour la conquête de cette ile. Elle devait à tout prix diversifier les sources pour ne pas tomber dans une dépendance potentiellement fatale. Et à en croire les cartes qu’elle avait trouvées, le chef de l’alliance, un certain Baron Henry de Rais, était arrivé à la même conclusion, car de nombreux camps aux fonctions variées avaient été fondés sur l’ile entière. Même sans le port, l'ennemi restait solide et tenace. Elle ne pouvait bien entendu pas concurrencer l’Alliance en fondant ses propres camps tant ceux-ci avaient de l’avance. Elle se résolut à un plan plus simple, une chevauchée. Pour cela elle avait divisé ses forces, deux groupes montés dirigés par Angelique et Miriya qui attaqueraient les camps et pilleraient leur ressource avant de toute détruire. Un autre groupe dirigé par le garde de sang Ruak aurait pour mission de faire des embuscades sur les principaux axes routiers et de piller les convois. Il avait carte blanche pour diviser ses forces à sa guide. Arley de son côté allait, avec une petite escorte, rencontrer les locaux pour en apprendre plus sur leurs intentions tandis que le reste des combattants seraient affectés à la surveillance du port.

C’était ainsi que “la poupée qui se prenait pour une guerrière” s’était retrouvé à la tête d’un groupe hétéroclite de combattant et approchait de l’ultime objectif d’une journée déjà largement remplie. Sa troupe silencieuse avait quitté le port après avoir déposé son butin de la mâtinée et se dirigeait vers le principal objectif. Traversant des bois de bambou, épais et inquiétant sa troupe était aux aguets, ils ne savaient sur quelle mauvaise surprise ils pouvaient tomber quand enfin il apparut. Posé à flanc de montagne, le complexe minier de l’alliance était en vue. Entouré de palissade et ses abords vaguement déboisés, une activité frénétique venait de ce lieu. Le crissement de l’acier, le grincement du bois et des cordes, le martèlement continu du marteau contre le fer ou de la pioche contre la roche, le brouhaha des discussions et des ordres. Angélique arrêta sa troupe et observa les lieux paisiblement, son sourire plus éclatant que jamais.

“Nous y voilà, ronronna-t-elle. Que les artilleurs se préparent, je veux voir cette palissade voler en morceau. Les voltigeurs tenez vous prêt, vous agrandirez les brèches.”

Les gobelins ricanèrent et se préparèrent, certain prirent des mortiers qu’ils placèrent a la lisière de la jungle, prêt a faire feu tandis que d’autre, armé de lance-fusée, s'avancèrent près des cavaliers. Certains montèrent sur des worgs mais la plupart choisirent les chevaux, en profitant pour se coller aux chevalières avec un sourire lubrique bien que 12 gauges de métal rigide les séparent. Impassibles, elles prirent leurs passagers et la troupe se mit en place, la cavalerie en tête, l’infanterie ensuite, qui avait pour objectif de renforcer le fer de lance une fois les combats engagés.

Angélique observait le camp, semblant réfléchir puis donna les ultimes instructions faisant avancer son cheval au trot. Tous les cavaliers solitaires avançaient au même rythme derrière leur chef tandis que ceux transportant des voltigeurs partirent au galop. Les mortiers furent les premiers à frapper avec une précision toute relative. Les explosions firent voler des pans de palissades, des mottes de terre, hors et dans le camp, des corps et des morceaux de bâtiment. Victime de cette attaque-surprise, des cris émergèrent des mines et une cloche d’alerte retentit. Les voltigeurs frappèrent en second. Les cavaliers décrirent un large virage parallèle à la palissade, laissant les gobelins tirer avec leur lance-roquette sur la palissade qui céda en de nombreux endroits dans un déluge de flammes et d’esquilles de bois tranchant. Les cavaliers voltigeurs continuèrent leur virage jusqu’à rejoindre l’arrière de la cavalerie à la fin d’un large cercle. Les gobelins sautèrent des montures effectuant des roulades plus ou moins réussies pour amortir leur atterrissage. La cavalerie à nouveau complète se mit à charger droit sur les brèches de la palissade.

Angélique à mesure qu’elle avançait vers ses ennemis vit son expression changer, ses larges yeux rieurs s’étrécirent, se plissant et s’assombrissant dans un regard mauvais et cruel et son sourire serein devint carnassier dévoilant ses dents. La poupée devenait une parodie sadique d’elle-même. Elle serra sa lance de cavalerie avec vigueur et, soudain, elle se mit à rire avec démence, écarquillant les yeux d’excitation.

“Tuez-les! Tuez-les tous! N’ayez aucune pitié!”

Riant comme une possédée, elle coucha sa lance en arrivant à la palissade. Des soldats surpris avaient tenté en hâte de former une défense sur les brèches, mais la charge de cavalerie les fit reculer vivement. La lance d’Angelique perfora le plastron d’un nain et s’enfonça dans la chair jusqu’à ressortir par la dossière avant d’exploser sous la violence de l’impact, disloquant une partie du buste de la victime qui laissa son sang et sa chair éclabousser ses camarades et les meurtrir avec des éclats de métal et d’os. Angélique poussa un véritable cri de plaisir en tuant sa première proie. Elle jeta les vestiges de sa lance et s’empara de sa corseque de chevalière de sang se jetant sur ses autres proies avec vélocité. Chaque ennemi qu’elle terrassait lui faisait pousser des gloussements et des couinements de satisfaction. Cédant à l’euphorie macabre de sa maitresse, le destrier noir se mit à combattre avec fureur, frappant du sabot, arrachant des gorges de ses dents. La machine de mort incarnée par Angelique et sa monture massacrèrent sans pitié tous ceux qui eurent le malheur de croiser leur route, terrorisant tant ses ennemis que ses alliés.

Derrière elle, les chevalières et les chevaucheurs de worgs semèrent la dévastation, prenant de court un ennemi désorganisé et surpris qui n’arrivait à faire face à cet ennemi supérieur en nombre et fureur. L'élan de la cavalerie achevée, l’infanterie se mêla à la boucherie et nombre de cavaliers préférèrent continuer le combat à pied pour ne pas être entravés par leur monture. Les chevalières formèrent des carrés compacts de combattantes attaquant de façon disciplinée l’ennemi qui tentait de s’organiser. Les ouvriers se défendaient de leurs outils pour la plupart, d'autres tentèrent de fuir en vain, les soldats haranguaient les survivants à résister, mais déjà le rapport numérique était largement en défaveur des défenseurs. La bataille tournait en quelques instants au massacre, chaque membre de l’alliance promptement exécuté par les haches, les épées et les lances de la Horde. Partout ce n’est que mort et destruction avec deux différences notables, d’un coté la mort froide et méthodique procurée par les chevalières silencieuses et disciplinées et de l’autre la mort brutale et sauvage provoqué par les orcs qui abattent leur lourd sabre et leurs haches sur leurs ennemis. Le massacre laissa le sol boueux de sang et jonché de corps. Très vite, le tumulte s'acheva laissant les combattants couverts du sang des vaincus.

Le combat terminé, la capitaine fit soigner ses blessés par les soeurs spécialisées puis elle toisa les rares prisonniers. L’expression de fureur extatique avait disparu de son visage et c’est à nouveau avec son masque aimable qu’elle regarda ses captifs. Ceux-ci observèrent la capitaine, les yeux pleins d’espoir en voyant un si joli visage à peine éclaboussé de quelques goutes de sang qu’elle efface en hâte avec un petit air timide et fâché, ce qui augmenta encore son coté douce. Elle demande alors à ses soeurs d’exécuter tous les mâles avec une voix paisible. Dans la plus grande des confusions et une terreur hystérique, les prisonnières virent chaque homme, époux, ami, frère se faire exécuter froidement à coup de dague dans la gorge. Resta alors que les femmes prostrées et en larme. Angélique désigne les adolescentes et les plus âgées qui furent aussi exécutées froidement dans une cacophonie de cris de terreur qui ne fit pas bouger d’une once l’expression paisible de la capitaine. Puis elle réduisit encore le nombre ne gardant que les plus jolies, la boucherie se poursuivant paisiblement, chaque chevalière retirant leurs dagues des gorges ouvertes, fixant leur officier avec une visible consternation. La poignée de survivantes en pleur attendait leur sort, mais Angelique se détourna soudain vers les soldats assemblés là et visiblement perturbés.

“Messieurs, vous voulez vous amuser avec ces charmantes demoiselles avant d’en finir? Demanda-t-elle en roucoulant.”

Pas un ne bougea ni ne dit un mot et la capitaine se mit à rire discrètement comme une enfant et les observa.

“Je pensais que tous les mâles étaient des porcs lubriques assoiffés de sexe, mais vous savez vous tenir, je suis très contente de vous.”

Elle fit se relever les prisonnières et désigna la sortie camps. L’espoir illumina soudain le visage des jolies jeunes femmes qui virent leur salut à portée de main. Cependant, elles hésitèrent regardant la capitaine qui sourit de plus belle et s’adressa à eux en commun avec sa voix chaude.

“Vous pouvez partir, ne trainez pas, c’est dangereux ici.”

Elle se détourna et les prisonnières n’hésitèrent plus courant vers leur survie en larme, prise entre bonheur et chagrin. La capitaine se tourna vers ses soldats et dit calmement en orc.

“Tuez-les.”

Les soldats et chevalières hésitèrent surpris et Angelique répéta sèchement. Les tirs et sorts fusèrent alors fauchant les jeunes filles qui écarquillèrent les yeux et hurlèrent de terreur faisant rire aux éclats Angelique.

“C’est ça! exactement! La peur née du désespoir, mais la véritable terreur viens quand l’espoir renais et qu’on le fauche, voila toute l’intensité tragique de la mort! Celle qui survient quand tout espoir s’arrache soudain!”

Les orcs, trolls et gobelins s’observèrent, non ils n’avaient vraiment plus envie de rire aux dépens de la capitaine, plus du tout. Mais contre toute attente, une chevalière sortit du rang et approcha de l’officier.

“La commandante entendra parler de ça, capitaine Blanchame, fulmina la chevalière en dirigeant un doigt accusateur vers sa capitaine. Elle entendra précisément ce qui vient de se passer.
- Ho? Oseras-tu ma douce Lleyn? Demanda celle-ci en lui caressant la joue.
- J’oserais sans hésiter, répondit sèchement la nommée Lleyn en chassant la main de la capitaine. Je n’ai rien à craindre de vous, levez la main sur une de vos soeurs et les autres vous éliminerons, oserez-vous donc m’empêcher de parler?
- Allons, je vous aime toutes comme mes soeurs, mes filles, mes amours, je ne vous ferais le moindre mal, roucoula Angelique”

Elle sourit aimablement et remonta en selle. Lleyn l’observa avec méfiance.

“Prenez le butin, tout le butin et brulez tout, dit Angelique avec une tension dans la voix.”

Ainsi, pour la quatrième fois de la journée, un camp fut dépouillé, les charrettes présentes remplies, les montures restantes chargées et un convoi de butin se mit en branle vers le port alors que les flammes embrasèrent les bâtiments de bois abandonné. Angélique se tourna une dernière fois vers le brasier, l’observant avec une curieuse mélancolie et elle se mit en route.

“Les craintes de mon peuple furent réalisées. Après que les navires se soient entre-déchirés, la guerre revint sur nos rivages. Ceux en rouge avaient repris le port de ceux en bleu et maintenant des brasiers s’élevaient de partout sur l’ile. Les villes, villages et camps de ceux en bleu avaient été assaillis avec fulgurance en une journée, chaque petite armée se déplaçant en ravageant tout. Les bleus n’avaient pas eu le temps de riposter, car les messagers étaient exterminés avant d’arriver au temple forteresse. Ce chaos fit redouter que les monastères subissent le même sort et une grande terreur empoigna les réfugiés pandarens quand une petite troupe de graciles femmes d’acier, monté sur des montures cuirassées, approcha du grand monastère. Elles étaient dirigées par une femme à l’air sévère avec une longue tresse blanche. J’osai aller à sa rencontre pour calmer les esprits et la rencontre qui suivit me laissa grandement surpris.”

Fú láo háng, Chronique de la guerre de Lu Dao


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Re: [récit]La Blanche et le Jade ( Contenu choquant et mature )

Message  Atia le Jeu 25 Oct 2012 - 23:11

Partie 6 : Le blanc et le noir


Arley faisait avancer sa monture au pas sur la route pavée. Elle arborait une nette assurance, aux aguets, ses armes étaient rangées à leur fourreau, mais bien en évidence, les quatre chevalières l’accompagnant avaient fait de même. Elles étaient sortie de la jungle de bambou et doucement avançaient vers les montagnes où, perçant les nuages, une construction blanche au toit de tuiles bleues se dressait fièrement sur les contreforts. L’Alliance n’était la nulle part laissant imaginer que l’endroit était encore aux mains des autochtones. C’était exactement ce qu’espérait la commandante.

À mesure de leur progression, apparurent aux abords de l’enceinte des tentes et des maisonnettes de bois visiblement temporaire. Des réfugiés, songea Arley. Elle les observa de loin, cherchant des hommes en armes parmi eux. Ils ne la regardèrent pas en retour, quelques choses attiraient leur attention en contrebas de la montagne. Suivant leur regard, elle constata les épais panaches de fumée s’élevant là où se trouvaient les villages et camps de l’Alliance. Arley se mit à sourire, c’était bon signe pour son plan, elle espérait le butin conséquent pour la suite des opérations et l’affaiblissement de ses ennemis. Mais rapidement, les autochtones remarquèrent les cavalières en arme et une panique gagna les faubourgs. La population s’agita et se réfugia dans l’enceinte du monastère, terrorisé et des gardes en armes apparurent tenant la porte et d’autre s’avançant sur le chemin. Arley fit signe à ses chevalières de rester calmes et elle avança les mains bien en évidence, guidant sa monture à l’aide de ses cuisses.

Les soldats avaient une apparence curieuse, semblable a des hommes-ours, mais noir et blanc et ventru, bien plus gras que des furbolg et à l’air moins sauvage. Ils avaient des armures exotique, des broignes de cuir sur lequel était cousu de petites tuiles de métal formant un plastron puis la tunique se divisait en quatre pans couvrant l’avant, l’arrière et le coté, ils avaient des pans retombant sur les épaules et leur bras, jusqu’au coude et des canons d’avant bras. Leur casque était festonné de cuir autour de la tête ne laissant que le visage apparent. Ils étaient armés de lance à large fer courbé et à leur côté pendaient des sabres larges dont la lame était identique à celle des lances. Ils s’arrêtèrent à côté d’Arley la menaçant de leurs lances et commencèrent à parler dans leur langue qu’Arley n’arrivait à comprendre. Elle désigna ses oreilles et leva les mains montrant son incompréhension, puis elle désigna sa bouche et désigna les pandaren avec un sourire aimable. Pour joindre à ces gestes sa bonne volonté, elle détacha le baudrier de ses épées et les tendit aux gardes qui s’en saisirent avec étonnement et ils se détendirent visiblement. Leur chef se tourna vers un des soldats et lui dit une chose avant que celui-ci se mette à courir vers le monastère. Le chef des gardes fit signe aux chevalières de suivre et elles furent accompagnées à l’entrée où elles attendirent. Peut après un de ses hommes ours approcha, il portait des vêtements riches et colorés et arborait une longue barbe et deux longues moustaches ainsi qu’un chapeau conique et aplati en paille. Il observa les chevalières et s’inclina. Arley inclina la tête et descendit de cheval se mettant face à l’homme. Il l’observa longuement en lissant sa barbe. Puis il prit la parole, disant bonjour en commun puis en darnassien. Arley leva un sourcil et répondit:

“Je parle l’humain, dit elle en commun puis enchaîna en darnassien, et je parle en kaldorei.
- Je suis plus à l’aise dans la langue des kaldorei, dit-il avec un sourire. Je suis Fú láo háng, je dirige ce monastère pandaren.
- Arley de Thurwes, je suis la commandante de l’armée de la Horde et je suis une sin’dorei.
- La Horde?
- Un regroupement de race opprimé par l’Alliance, un autre regroupement de race.
- Hum ceux en bleu et ceux en rouge...
- Exactement, nous sommes les rouges, dit Arley en hochant la tête. Pandaren est le nom de votre peuple?
- Oui, vous êtes sin’dorei, ça ressemble à kaldorei et vous avez quelques traits communs, les oreilles pointues, la silhouette gracile et les yeux brillants.
- Vous êtes visiblement érudit, oui nous sommes leurs cousins. Notre langue est proche, quelques différences légères, mais avec un peu d’étude on sait passer de l’une à l’autre. Comment connaissez-vous cette langue?
- Ho! il y a des millénaires notre peuple et les kaldoreis étaient liés, mais nous avons rompu tout contact quand ce peuple a perdu la tête à cause de la magie. Cependant, la langue est encore connue de quelques érudits et de ceux qui veulent se cultiver.
- Cela facilitera notre communication, car je viens faire connaissance votre peuple en toute amitié.
- Hum hum, j’ignore quels sont exactement vos intentions Arley, mais notre peuple ne veux pas avoir à faire avec votre guerre, comme je l’ai dit a ceux en bleu.
- Tant mieux, répondit Arley à l’étonnement du pandaren, je veux m’assurer de votre neutralité et faire connaissance avec vous, afin que lorsque la guerre sera finie ici nous pussions vivre en bonne intelligence. Mais avant la fin, je ne veux pas que vous vous en mêliez pour votre propre sécurité.”

La pandaren se lissa la barbe et assimila tout ce qu’il avait entendu, regardant Arley comme cherchant une duperie derrière ce discours. Il hocha finalement la tête et approcha plus près d’elle et l’observa.

“Faisons donc connaissance, dit-il avec un sourire. Entrez.”

Il tourna les talons et entra dans le monastère, les chevalières à ses talons qui révoquèrent leur monture sacrée dans un nuage de volutes dorées. Les pandarens observèrent les chevalières avec étonnement, leur visage devenant bien plus curieux que craintif. Les enfants venant timidement toucher l’armure, s’écartant rapidement avec un air étonné. Le sage le remarqua et sourit.

“Vos armures sont impressionnantes, dit-il en venant lui aussi tapoter le plastron d'Arley du bout de la griffe.
- Merci, répondit Arley en se reculant légèrement un peu pris de cours.
- elle ressemble à une deuxième peau.”

Il inspecta l’armure et Arley le laissa faire, paisible et immobile puis il regarda la tresse de la commandante et sourit.

“Vous avez un joli pelage blanc, dit-il, vos amies aussi, tout votre peuple ont cette couleur?
- Non, il y a des chevelures dorées, orangées, rouges, brun, noir, c’est très varié, la couleur blanche de mes guerrières est une forme d’uniforme militaire.
- Hooo intéressant et vous avez du pelage sous votre armure?
- Uniquement les cheveux, les sourcils et le pubis, les mâles ont aussi une barbe, mais c’est tout. Les autres races ont plus de pelage, les humains en ont aussi un peu sur les bras et les jambes et sous les bras, les taurens ont une fourrure tout comme vous.
- Fascinant! Et sous votre armure vous êtes faites comment? demanda-t-il curieux en tournant autour d’Arley.
- Visiblement comme vos femelles sans la fourrure, répondit Arley toujours immobile.
- Permettrez-vous que je vous étudie? Nous n’avons pas eu l’occasion de voir des étrangers pacifiques jusque-là. J’aimerais aussi en apprendre plus sur votre culture et votre langue!
- Si vous le souhaitez à condition que la réciproque soit également de mise.
- Ho bien sûr, ce sera un honneur pour moi de vous faire partager le savoir de mon peuple, dit il en s’inclinant.
- Cependant, je vous préviens, nous sommes pudiques, donc vos études seront faites avec nos vêtements, nous pouvons enlever nos armures si vous le souhaitez, mais dans un endroit sûr uniquement.
- Cela va de soit, suivez moi.”

Il les amena vers un bâtiment du temple, Arley observa le bâtiment en admirant les lignes et les courbes, l’architecture de ce peuple était intéressante, à la fois fonctionnelle et esthétique, tout comme l’architecture thalassienne. Puis à l’entré Arley fit attendre deux de ses chevalières devant la porte et entra avec Lydie son écuyère et une autre de ses soldates. La pièce était bien agencée, avec au centre une table dégagée, derrière un bureau couvert de cylindre de parchemin et d’une petite cage dans lequel un grillon stridulait. Dans la culture pandaren, c’était, une façon de se détendre expliqua, le pandaren. Des étagères étaient couvertes de cylindre tout autour contre chaque mur. Il y avait aussi un mannequin de pandaren constellé de point numéroté, des affiches anatomiques ou sur les étoiles. Ce sage semblait versé dans bien des arts.

“Voulez-vous un thé ou une bière? demanda le vieux moine en approchant d’une armoire.
- Du thé, ça me semble bien, nous ne buvons pas d’alcool, cela altère le jugement et c’est un vice.
- Vraiment? Curieuse idée, mais va pour du thé, vous en avez chez vous aussi?
- Oui un thé au chardon.
- J’aimerais goûter ça un jour, dit en souriant Fu, mettez-vous à l’aise, si vous le voulez bien, je vous raconterais l’histoire de mon peuple tout en étudiant votre anatomie.”

Arley fit signe à Lydie et désigna la soldate à ses côtés. Celle-ci fut alors rapidement dépouillée de son armure la laissant gênée et rougissante tandis qu’Arley dégustait le thé. Le Pandaren expliqua alors longuement l’histoire de son peuple, la révolte contre les mogus, les liens avec les kaldoreis, l’isolation, la brume, l’île vagabonde, la guerre contre le Sha et les Mantides. Arley l’écoutait en le regardant observer sa chevalière en détail, prenant son pouls, écoutant son cœur, palpant son ventre, observant ses yeux, sa dentition, prenant des mesures de sa silhouette s’étonnant de sa finesse et de sa grâce. Il passa au crible toute la chevalière devenue écarlate d’être ainsi observé et tripoté par un mâle qui plus est. Après avoir terminé son analyse, il s’en alla écrire sur un parchemin calmement alors que la jeune chevalière remettait son armure. Arley l’observa avec circonspection.

“Vous pouvez aller prendre l’air mes chers, je vous sens un peu tendu, tout ira bien.”

La chevalière écarlate hocha doucement la tête, ses couleurs retombant un peu, suivit de Lydie. Arley resta assise, silencieuse alors que le moine écrivait puis à sa demande elle commença à conter l’histoire de Quel’thalas avec une vive émotion dans la voix, mêlant fierté, colère et tristesse. Le pandaren écoutait calmement le récit rythmé par les stridulations du grillon alors que le soleil déclinait lentement. Une douce odeur de thé et d’encens flottait dans l’air qui se mêlait au parfum de l’encre et de la graisse de l’armure. Puis doucement le silence arriva quand Arley acheva son récit, Fu l’observa et lui sourit.

“Votre peuple a connu bien des tourments, comme ces orcs de ce que j’ai compris de votre récit, pourquoi donc venir ici pour vous battre? Ne seriez-vous pas mieux chez vous à défendre votre foyer?
- Nous obéissons au Chef de Guerre, malheureusement il a décidé que ce continent appartiendrait à la Horde ou disparaîtrait, il refuse que l’Alliance s’y implante. Cela me désole que vous soyez mêlé à cela, dit-elle avec sincérité. Je vais m’efforcer de respecter votre neutralité, mais je crains que la guerre ne vous entraîne vous aussi.
- Vous semblez lasse, Arley, vous affichez une assurance, une froideur et une volonté de fer, mais il y a une fatigue, terrible en vous. Pourquoi continuer à suivre des chefs que vous désapprouvez?
- Car c’est mon devoir, je suis soldate, c’est mon rôle, que j’approuve ou non.
- Pourquoi ne pas changer de voie?
- Pour faire quoi? Je n’ai ni l’occasion ni les capacités de changer.
- Tout n’est qu’une question de volonté, vous êtes lasse, car vous faites des choses qui ne correspondent pas à votre vrai vous. Tant que vous ne trouverez pas ce que vous êtes vraiment vous ne pourrez trouver la paix.
- Vous ne comprenez pas, je ne suis pas une personne, je suis une arme. Cela est ainsi depuis ma naissance et sera ainsi jusqu’à ma mort.
- Pourquoi donc?
- C’est simple en vérité... Je vous explique. Un jour mon père partit en voyage diplomatique dans un royaume frontalier et parmi son escorte se trouvait une magnifique soldate, une fille du peuple, assez rude et directe, mais charmante et quelque part naïve concernant la vie dans les hautes sphères du pouvoir. Elle tranchait largement avec les femmes de cours que côtoyait mon père, habitué aux ronds de jambe et au discours en sous entendu de la noblesse. Il fut sous le charme simple et naturel de cette femme avec qui il passa de plus en plus de temps, s’émerveillant de son adresse et de son aisance à combattre en armure tandis qu’elle fut sous le charme du raffinement et de la magie de mon père. Une certaine passion est née entre eux et je suis le fruit illégitime de cette passion. Ils étaient de deux mondes différents, lui appelé a dirigé et noble, elle simple soldat, j’étais une bâtarde encombrante... Ils furent définitivement séparés et ma mère reçut une pension confortable pour mon éducation et son silence. Mais j’étais encore très jeune quand ma mère fut tuée par une patrouille trolle dans nos bois. Orpheline, mon père m’adopta pour honoré la mémoire de son ancienne amante, il changea mon nom et me fit éduquer a la dure, en tant que bâtarde je portais le sang de mon père ce qui amenait a deux choses. La première, j’étais une menace pour la lignée, car je pouvais avoir une descendance et créer une branche secondaire. On m’éduqua donc en m’enseignant les bienfaits de la chasteté et à ma puberté un sort fut fait sur moi pour me rendre stérile. Mais étant de sang noble, j’avais, selon eux un talent inné pour le combat et il fallait bien me trouver une utilité. Je fus donc, dès que je sus marcher, formé au combat et à respecter une règle de conduite parfaite afin de devenir la protectrice de la maison de mon père et d’être sa digne garde du corps, aussi meurtrière que noble et irréprochable. J’ai passé ma vie à servir la maison de mon père et ma nation...”

Elle fixa la table en se remémorant ses souvenirs, son regard perdu dans le vide et sombre. Fu se taisait et même le grillon semblait respecter la confession de la commandante, car lui aussi c’était tu. Le pandaren, observa l’elfe avec une mine triste et compatissante.

“Que voulez-vous donc que je fasse d’autre? Que je recherche qui je suis vraiment ? C’est peine perdue, elle a été détruite il y a bien longtemps, je ne puis faire marche arrière et par la lumière ce serait tout autant un déshonneur qu’un péché de rompre mon serment!
- Allons... vous ne rompez rien, vous avez déjà bien servi les vôtres et il n’est jamais trop tard vous êtes encore jeune pour prendre un nouveau dep...
- Jeune? Le coupa Arley. Vous vous méprenez j’ai 257 ans, ma jeunesse est bien loin.
- Vraiment? demanda étonné le pandaren puis il fronça les sourcils. Raison de plus après des siècles de service vous pouvez rêver d’autre chose et …
- Vous perdez votre temps, vous n’arriverez pas à me convaincre de plus...”

Elle commença à défaire son armure silencieusement sous le regard incrédule du pandaren qui la regarda faire sans savoir s’il devait l’aider ou attendre. Mais elle finit de détacher toute la partie haute de son armure et se débarrassa de son doubler avant de se lever et soudain retirer sa chemise. Le pandaren dégluti puis écarquilla soudain les yeux en observant le buste nu de la commandante, la balafre noire lui barrant le torse irradiait d’une énergie malsaine.

“Ceci, voilà des années et des années que je lute contre sa corruption. Une prêtresse réussie a affaibli assez la malédiction renfermée dans cette cicatrice, mais au bout de plusieurs mois j’ai senti l’énergie corruptrice revenir comme une maladie, depuis je lutte quotidiennement pour la contenir et agir malgré la douleur qui pulse sous cette chair morte. Prendre un nouveau départ... Pour quoi faire? Cette cicatrice me terrassera peut-être dans quelques mois. Je suis condamnée à plus ou moins brève échéance, je suis stérile, j’ai vu ma famille mourir ou être tué pour trahison, je n’ai nul bras dans lesquels me blottir, tout ce qui me reste, c’est ma foi, mon devoir et mon éducation. Non, je ne changerais pas ce serait me perdre pour rien.”

Elle remit sa chemise et son doublet puis s’assit en face du pandaren, celui-ci lissait sa moustache et sa barbe en réfléchissant, mais il ne trouva rien a dire, malgré son apparence jeune, elle était plus âgée que lui et il comprenait ses choix, ils n’étaient peut être pas idéal, mais il les comprenait. Pourtant, une crainte lui venait et il redressa la tête.

“Je dois vous avouer quelque chose sur ce continent. Il n’est pas comme les autres, ici il y a quelque chose dans le sol qui réagit aux émotions négatives. Le sha, Arley, je m’inquiète de cette guerre de ces histoire, de ce que vous ressentez, car le sha se nourrit du désespoir, de la peur, de la perversion, de la haine et des monstres prennent vie de ces émotions. C’est à cause de ça que notre peuple et si paisible et peut paraître naïf, c’est pour lutter contre le sha.
- Quelles sont ces fadaises? Des émotions vivantes, par la lumière vous vous moquez?
- J’aimerais, Arley, vraiment, mais... Ces choses sont la pire menace que vous puissiez trouver ici, car ils vous corrompent et émergent de vous quand vous êtes à bout.
- Êtes-vous sérieux? Ces choses sont si dangereuses?
- Vous n’avez pas idée...
- Racontez-moi comment les reconnaître et comment les combattre.”

Le vieux moine hocha la tête et commença à instruire la commandante. La nuit doucement tombait, des rougeoiements s’élevant de la jungle. Le soleil se couchait, mais ailleurs sur l’île, certains ne voulaient pas l’imiter.


“Mon entrevue avec la commandante de ceux en rouge, la Horde, me laissa un gout étrange dans la bouche. Cette femme, Arley, était comme une bière dont on avait récolté les meilleurs ingrédients existants, mais qui avaient été malmené pour donne une bière, dont l’excellence ne venait que des qualités innées des ingrédients, mais que les actes des brasseurs on empêché d’atteindre l’excellence. Cette femme me laissa cette impression, elle était parmi les personnes les plus incroyables que je connaissais, mais son existence l’avait empêché de s’épanouir et l’avait laissé ainsi fanatique, frustré et froide, portant autour de son coeur une carapace aussi dure que son armure. Elle portait un terrible fardeau et s’était condamnée elle-même à le porter. J’aurai aimé l’aider, je voulais l’aider, mais quel fou je faisais, comme si je pouvais sauver une femme qui avait 5 fois mon âgé et pourtant encore un corps a la jeunesse envoutante.

Mais au-delà du trouble, cette entrevue apporta l’espoir. Elle semblait ouverte et prête à aider les pandaren à ne pas être englouties par la guerre, j’espérais qu’elle y arrive, car les brasiers qui s’élevaient dans la jungle faisaient redouter le pire à mon peuple.”

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Re: [récit]La Blanche et le Jade ( Contenu choquant et mature )

Message  Atia le Dim 4 Nov 2012 - 22:42

Partie 7 : Barbe-bleue

Attention! Cette partie est très très dur et je ne plaisante pas. Donc si vous êtes sensible et que déjà la partie sur Angélique vous a choqué, passez votre chemin. Je ferais en sorte dans les parties suivantes de résumer le contenu de celle-ci afin que ceux qui ne l'aurons pas lu puisse continuer de profiter de l'histoire.


Il se tenait à l’entrée du vieux temple renforcé par un rempart de pierre en construction dont les sections manquantes étaient comblées par une palissade. Ce vieux temple était à présent une forteresse. Il observa les soldats s’entraîner dans la cour et d’autre construire les baraquements manquant pour loger toute la troupe. Il ne cachait son inquiétude et lissa son bouc brun, ses yeux vert clair figés vers l’entrée du camp, attendant les convois et les patrouilles depuis le matin. L’après-midi était bien avancé et rien ni personne ne semblait revenir pas même ses éclaireurs. Quelque chose clochait. Il croisa les bras dans un tintement métallique. L’homme portait une solide armure de plaque usée par les batailles, quelques zones de rouille noircies, quelques entailles et cabosses redressé à la hâte, ses spallieres étaient frappés du poing du L de Lordaeron, l’homme était un vrai et fier chevalier des Northlands avant que ceux-ci succombent au Fléau et sa tenue allait avec la rudesse des hommes robustes de cette nation. Il portait sur les épaules une fourrure d’ours descendant sur sa cape sur laquelle reposaient ses spallieres, arborait de longs cheveux noir de jais, tenu par un catogan, et un bouc fournis. Son visage buriné était carré et séduisant malgré son âgé mur, ses yeux était vifs et respirait l’intelligence et tout son être irradiait d’une force qui lui conférait un charisme au point que chaque homme et femme présents lui était dévoué corps et âme.

Il se lassa d’attendre et alla dans la cour d’un pas décidé. Face à un poteau d’entraînement renforcé, il se saisit de son espadon et commença à frapper avec violence contre la poutre qui craqua de façon sinistre. L’imposante lame et la force du colosse suffisaient à mettre à mal la cible. Il se déchaîna contre la poutre pour se défouler et évacuer sa frustration quand soudain un guetteur poussa un cri.

“Capitaine Ademar! Une patrouille est de retour!”

Le colosse se redressa et rangea son arme avant de se précipiter vers l’entrée du camp et ce qu’il vit le dépita. Il n’y avait que deux cavaliers. Mais où était donc les autres? Il remarqua que l’un deux avant en travers de la selle une silhouette couchée. Un blessé? Un prisonnier? Les cavaliers à l’air épuisé arrivèrent à la porte et s’arrêtèrent. Ils étaient dans un piteux état et ordonnèrent de fermer les portes ce que les gardes firent rapidement. Ademar fronça les sourcils et approcha, il constata que la personne allongée comme un sac sur la selle était saucissonnée et portait une armure noir et rouge et avait... un superbe postérieur? Il tourna de l’autre côté du cheval et remarqua une belle elfe aux cheveux blanc, bâillonnée et inconsciente. Elle avait les cheveux longs et soyeux et semblait jeune. Il leva la tête vers les cavaliers qui avalèrent une gorgée d’eau.


“Capitaine... C’est terrible... on a perdu tous les camps...
- Pardon? Mais.... Qu’est ce qu’il s’est passé?
- Le port a été pris par la Horde et ils ont lancé des raids éclair contre les messagers, patrouilles, convois et camps. C’est un carnage!
- Par la lumière, c’est impossible! Et elle? demanda Ademar en désignant l’elfe de sang qui émit un petit gémissement plaintif en s’éveillant.
- Une escarmouche, une partie de leur cavalerie son tombé sur nous et nous ont massacré, j’ai réussi à attraper celle-là et on a filé avant de se faire avoir nous aussi. On a pensé qu’elle pourrait nous renseigner.
- Vous avez bien fait... Par la lumière, comment la situation a-t-elle pu nous échapper si vite? On va devoir en parler au commandant.”

Le cavalier frémit et regarda la prisonnière qui redressait la tête observant où elle était de ses grands yeux verts, ses oreilles se baissant craintivement en se sentant prise au piège. Le capitaine soupira et attrapa la chevalière elfe de sang qu’il souleva comme une brindille au grand étonnement de celle-ci qui émit un couinement de surprise à travers son bâillon. Il la mit sur pied, mais elle vacilla, le sang qui tintait de vermeille l’arrière de son crane était à peine sec, elle devait être encore un peu sonnée. Il l’aida à tenir debout et la mena vers le temple, les deux cavaliers à ses côtés.

Ils entrèrent dans une grande salle haute en plafond et décorée de gravures pandaren taillées dans le jade. Il y avait là des caisses de matériel partout et sur un petit promontoire une large table était couverte de victuailles et de diverses boissons. Derrière la table, affalée sur un trône pandaren, se trouvait un énorme homme chauve doté d’une barbe grise bleutée et broussailleuse. Il avait des joues rondes et légèrement tombantes, un goitre et un corps gonflé de graisse. Son visage était pâle et son nez et ses jours rouges. Dans ses vêtements riches et nobles, il observa les arrivants en se léchant les doigts pleins de sauce et de graisse.

“Monsieur le Baron Henry de Rais, annonça Ademar, nous sommes face à un gros problème!
- Et bien je vous écoute, annonça le baron en se redressant et joignant les mains.”

Le capitaine poussa un soupire de soulagement, le baron était lucide pour le moment, c’était une chance. Quand il avait été mis sous ses ordres, il avait frémi connaissant la réputation de cet homme. Baron d’un fief d’Alterac, il avait déjà une réputation sulfureuse de coureur de jupon et de tyran. À la chute du royaume pour trahison, de peur de voir ses terres dépecées, il les avait vendus et engager une armée de mercenaire a sa solde. À sa tête, il avait écumé les terres à la recherche des survivants de la première horde, se montrant cruel et impitoyable. Cela lui valut une reconnaissance et il participa à la reconstruction de Hurlevent mais déjà sa réputation était ternie par des rumeurs de viols ou de ravages effectués sur certains villages humains sur le chemin de son armée. Cependant, il était de grande réputation militaire et riche. Il avait ainsi récupéré un petit fief au nord de Hurlevent. Malheureusement, il avait tendance à faire disparaître ses épouses, ses servantes et même de jeunes enfants disparaissaient dans son fief. Las de ces rumeurs Varian lui prit son fief et lui demanda de prouver a nouveau sa valeur. Il se lança alors dans une répression brutale et sanguinaire contre les défias avec ses mercenaires et regagna en noblesse et fut intégré a l’armée de l’Alliance. Maintenant trop gras, il ne combattait presque plus, seulement son esprit retors et rusé lui offrait bien des victoires, comme la première sur cette île, mais le capitaine le haïssait. Il avait fait subir le supplice du pal à des hommes récalcitrants, des soldats avaient disparu, il avait abusé d’une kaldorei devant l’état major à titre d’exemple et passait le plus clair de son temps ivre ou sous l’emprise de stupéfiant. Mais cette fois, il semblait lucide.

“La horde est de retour Baron, le port a été pris cette nuit et dés ce matin leur chef a lancé une chevauché qui a pillé et détruit la totalité de nos camps en dehors de ses murs, s’emparant de nos biens et nos convois.
- C’est habile, annonça le baron avec un sourire en coin. Leur chef s’assure du matériel et des réserves en attendant un ravitaillement maritime. En même temps, il nous en prive et commence un siège indirect contre nous. Ça ne doit pas être un de ses barbares d’orc sans cervelle.”

Il se mit a ricané, visiblement la situation et la mort de ses hommes ne le peinaient en rien. Il plongea la main dans une tourte et amena la poignée à sa bouche dévorant gloutonnement sa portion. Ademar eut un haut-le-cœur et visiblement la prisonnière aussi a sa mine dépitée et ses longs sourcils frémissants. Il l’observait : elle avait du sang partout, probablement pas que le sien, mais il n’arrivait à la haïr ou la voir comme une ennemie, de part une noblesse et une grâce bien différente de ses autres adversaires, c’était perturbant... D’autant que, bien qu’il ne l’évoqua guère compte tenu de la situation politique actuelle, il avait combattu à Quel'thalas durant la 2e guerre et apprit a aimer et respecter les thalassiens avec qui son fief avait une frontière commune.

“Et elle? demanda le baron la bouche pleine. Une prisonnière de la Horde? A-t-elle parlé?
- Pas encore baron, je vous l’ai amené dés qu’elle est arrivée que nous puissions l’interroger sans attendre.
- Vous avez bien fait, ricana comme un porc le baron, mais vous devriez la déposséder de son armure, une armure est une arme et de plus, elle peut y dissimuler des armes.”

Le sourire du baron se fit prédateur et l’elfe eut un léger mouvement de recule, baissant les oreilles, mais déjà des gardes furent sur elle et avec leur dague tranchèrent les attaches de son armure lui arrachant chaque pièce, lui faisant pousser de petits cris dans son bâillon. Ademar, fut surpris et observa avec étonnement le dépouillement de la prisonnière.

“Elle cache peut-être des choses dans ses vêtements aussi, annonça le baron avec un œil de plus en plus pervers en s’essuyant la bouche et se penchant sur son siège.”

Les gardes coopérèrent et leurs dagues sectionnèrent les vêtements de l'elfe la laissant entièrement nue avant de la jeter devant le baron. La jeune femme tremblante se recroquevilla pour cacher sa nudité malgré ses bras attachés dans son dos, les joues roses et l’air terrifié. Le capitaine fit un pas vers elle, détachant sa cape pour la couvrir, mais le baron l’arrêta d’un geste de la main accompagné d’un ordre ferme.

“Ne la touchez pas! c’est MA prisonnière! dit le baron en se levant et approchant d’elle, arrachant son bâillon. Alors mon enfant, si tu me racontais qui vous commande, ce que votre armée compte comme effectifs et veux faire ensuite?”

L’elfe détourna la tête sans dire un mot, le visage fermé et déterminé. Ademar observa la scène avec un malaise grandissant, craignant ce qui arriverait ensuite. Soudain, sans que nul ne s’y attende, le baron s’avança d’un bond sur elle et lui envoya un coup de pied violent dans l’estomac faisant voler l’elfette qui s’écrasa lourdement sur le sol en poussant un cri plaintif et douloureux. Le baron éclata de rire et approcha à nouveau la saisissant par les cheveux et la souleva.

“Alors, qui te commande petite catin?”

À nouveau, elle se tut ce qui provoquant une moue au baron puis avec un sourire il amena son autre main sur la poitrine de l’elfette qu’il se mit a malaxer perversement. La femme écarquilla les yeux et se mit à pousser un cri.

“Lâchez-moi! Salop! pervers! je ne dirais rien! Tuez-moi tout de suite, car vous n’obtiendrez rien!
- Ho quelle jolie voix! adorable, dit il en lui léchant la joue, mais non tu n’auras pas une mort rapide. Et je compte bien entendre cette jolie voix crier encore un peu”

Il la jeta au sol et défis sa ceinture baissant ses chausses en approchant de la jeune elfe qui écarquilla les yeux de terreur et tenta de fuir malgré les liens sur ses chevilles et ses poignets. Le baron se pourlécha les babines à l’idée de profiter de la si jolie, pure et jeune elfe. À l’idée de la souiller. Il en salivait d’avance et se jeta sur elle avec un air animal. Le capitaine détourna le regard n’osant regarder. Tout ce qu’il perçut fut le cri déchirant de la jeune vierge quand son bourreau s’empara de sa pureté. Les cris, les pleurs et les bruits rythmés de chair contre la chair broyèrent l’estomac d’Ademar qui continuait de tourner le dos à la scène. Il serra le poing à mesure que la souffrance et les pleurs de l’elfe lui venaient aux oreilles, se retenant de se jeter sur ce fils de chien. Il jeta un œil aux soldats qui pour la plupart regardait ailleurs, ses deux éclaireurs pris de haut-le-cœur croisèrent son regard avec une mine déconfite. Par chance, le baron ne mit guère longtemps à atteindre l’orgasme et, avec des bruits porcins, il donna les ultimes coups de reins avant de se figer en tremblant, laissant libre cours à son extase après avoir ravagé l’elfette. Il afficha un sourire béat et se baissant vers l’oreille de sa victime.

“Toujours pas envie de parler ma belle? On est pourtant intime maintenant!”

L’elfe ne dit rien, se contenant de gémir et pleurer, recroquevillé sur elle-même et tremblant de tout son corps. Le visage figé dans une mine choquée et les yeux écarquillés. Le traumatisme l’empêchait d’agir et son air d’animal terrorisé et blessé peina le capitaine qui mena la main à son visage, la rage qui brûlait ses veines n’avait aucune mesure. Mais le baron semblait ravi.

“Vraiment, tu ne veux pas parler? Tu en réclames peut-être encore!”

Il éclata de rire et l’elfe fit un timide non de la tête en pleurant. Le baron se pourlécha à nouveau les babines et se remit en position ce qui terrorisa sa victime. Ademar avança d’un pas ferme faisant tinter son armure.

“Il suffit Baron! Nous n’avons pas le temps pour ça!
- Serais-tu en train de te rebeller, capitaine? demanda le baron d’un ton menaçant.
- Je ne me rebelle pas, je rappelle les priorités et vous conseil comme c’est mon rôle. Il nous faut agir!
- Hum tu as peut-être raison, se ravisa le Baron, elle ne dira plus rien de toute façon.”

Il avisa l’elfe qui observa Ademar avec un regard mouillé de larmes et pourtant plein de gratitude. Il sourit et l’attrapa par les cheveux lui faisant pousser un cri de douleur qui mourut dans l’instant quand l’énorme baron saisit sa dague et lui trancha la gorge si profondément que la tête manqua de se décrocher. L’elfe écarquilla les yeux en crachant un flot de sang. De la plaie béante, qui laissé pendre veine, chair, cartilage et muscle, le sang jailli comme une cascade maculant le sol. L’elfe, les yeux grands ouverts, tremblait, prise de spasme, avant que ses yeux ne se voilent et deviennent vitreux, son corps cessant de bouger et prenant une teinte plus pale. Le baron exulta sous la mine choquée des hommes autour.

“Elle ne servait plus à rien, commenta Henry de Rais. Bon voici les ordres. Nous avons affaire a des elfes, soit utilisant la guérilla des pérégrins contre eux. Divisez les forces, faites des escouades de cinq avec de l’équipement léger et des experts en pistage dans chaque, remettez leur des sifflets et mettez au point un code de communication. Chaque commando ne devra sortir des bois et attaquer les ennemis qu’en ralliant des groupes plus nombreux que l’adversaire et les prendre en tenaille. Divisons nos forces pour empêcher l’ennemi de trop nous atteindre quand ils triomphent et veillons à ce que les groupes soient assez proches pour pouvoir converger et attaquer. La consigne sera d’attaquer par les flancs, de faire un maximum de dégât, mais de ne favoriser que des engagements courts dans le temps, après quoi ils devront décrocher chacun dans des directions différentes prévoyez aussi des leurres, de faux convois pour monter des embuscades et piégez les alentours du fortin, on formera des sentiers à travers les pièges que seuls nos pisteurs connaîtrons. Ils veulent nous harceler, faisons de même. Ils ont l’initiative, nous devons la leur reprendre. Exécution!”

Ademar hocha la tête ainsi que les hommes présents. Le capitaine observa le corps de l’elfe avec une tristesse et un dégoût profond. Il serra le poing et réprima son angoisse et ses larmes puis regarda le baron. Ce monstre payerait, mais d’ici là son plan était le plus sensé et logique qui soit. Le Baron fixa Ademar dans les yeux pour jauger ses intentions puis il revint sur le corps de l'elfe et fit un sourire.

“Elle doit être encore chaude, maintenant que vous avez vos ordres j’ai tout mon temps pour m’amuser encore un peu.”

Il saisit le corps qu’il jeta sur la table et écarta les jambes. Ademar afficha une mine d’effroi et sortit rapidement du temple pour vomir et échapper à cette scène. Qu'est-ce qui clochait avec ce type? Malgré son expérience, son âge et sa carrure, ce monstre arrivait à le terrifier comme un enfant. Il secoua la tête pour rassembler ses esprits et s’en alla distribuer les ordres autant que pour s’éloigner le plus possible du temple.


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Re: [récit]La Blanche et le Jade ( Contenu choquant et mature )

Message  Atia le Sam 1 Déc 2012 - 21:39

Partie 8 : Le Sha et le chat à neuf queues.

La porte du baraquement s’ouvrit avec fracas. Lleyn en sortit rapidement, visiblement contrariée, avec à sa suite Arley, le regard noir et furibond. À peine rentrée de son entrevue avec le pandaren, Arley avait été interceptée par la jeune chevalière avec soi-disant d’importantes informations. De fait, les informations l’avaient été. La commandante observa le camp et repéra celle qu’elle cherchait. Angélique fixait Lleyn sortir puis observa la commandante, le visage inexpressif.

“Capitaine Angélique! Appela avec une voix ferme la commandante. Approchez!”

La capitaine poussa un soupir et avança vers le baraquement sous le regard étonné des guerriers de la Horde. Arley l’observa et lança à ses pieds un tas de cordelettes. La chevalière se tétanisa alors, son masque s’effritant dans une mine de peur sachant ce que cela signifiait. D’une main tremblante, elle ramassa les lanières et fixa la commandante avant d’incliner la tête. La capitaine commença à tresser solidement les cordelettes formant neuf ensembles puis fit une série de nœuds à chaque brin pour finalement avancer vers la commandante et s’agenouiller en lui tendant son œuvre. Arley observa la solidité de l’ensemble et hocha la tête. Elle emmancha les cordelettes à une hampe en bois et fixa neuf crochets à l’extrémité des cordelettes.

“Capitaine Angélique Blanchame, vous avez commis des crimes contre la lumière. Conformément à la tradition de ce régiment, vous expirez vos péchés par ce fouet que vous avez vous-même tressé en signe de repentance. Que le châtiment débute.”

Arley regarda deux chevalières qui comprirent ce qu’elles avaient à faire et soulevèrent Angélique la dépouillant rapidement de son armure. La capitaine serrait les dents, redoutant ce qui arriverait: la souffrance, l’humiliation, la réprobation. Elle tremblait de rage et de crainte alors que les deux chevalières l’amenèrent près d’un poteau. Son buste fut rapidement dénudé et on attacha ses bras au poteau alors qu’Arley approchait d’elle, le chat à neuf queues en main.

Angélique se tétanisa en entendant la commandante approcher d’un pas ferme et elle se mit à chanter une prière à la lumière de sa voix mélodieuse. Elle ferma les yeux, chantant pour dissiper sa peur quand Arley donna le premier coup. Le fouet claqua l’air et les lanières nouées aux extrémités griffues s’abattirent sur la peau délicate de l’elfe avec violence, lacérant la chair et faisant jaillir le sang, chaque nœud faisant éclater la peau sous l’impact et élargissant les plaies quand Arley ramena l’arme. Les petits crochets se fichèrent dans la chair qu’ils déchirèrent en reculant. Le hurlement de douleur de la capitaine fit vriller les tympans de la garnison qui fit une mine de dégoût en voyant le châtiment. La chevalière, son cri étouffé, reprit ses litanies avec dévotions. Arley réarma son bras et frappa à nouveau dans un nouveau hurlement de la chevalière dont le dos se changeait rapidement en lambeaux sanguinolents. Les coups se répétèrent avant de soudainement s’achever sous les chants chevrotants et entrecoupés de sanglot de la capitaine qui pendait lamentablement au bout de ses liens, ses jambes ayant depuis longtemps perdu la force de la porter. Arley leva le fouet afin que tous le voient, les cordes écarlates et dégoulinantes de sang.

“Angélique a aujourd’hui expié de ses péchés, ce fouet le prouve, imbibé de sa faute. En signe de pardon et pour effacer ces fautes, ce fouet, dois disparaître.”

Elle jeta alors le fouet dans les flammes d’un brasero proche. L’instrument disparu dans un crépitement puis Arley reprit la parole:

“Maintenant, en signe de réconciliation et de fraternité, Lleyn, l’accusatrice va soigner sa sœur montrant sa miséricorde et son amour pour la pauvre fautive repentante.”

Lleyn inclina la tête et approcha d’Angélique, immobile contre le poteau, son corps pris de léger soubresaut de douleur alors que la chair de son dos pendait. Elle vint près de la capitaine et commença à diffuser une lumière apaisante.

“Pardonnez-moi capitaine, murmura la chevalière avec sincérité.
- Tu.. Tu n’as fait que ton devoir Lleyn... répondit Angélique en sanglotant. Je ne t’en veux pas...”

Pas à toi, songea la capitaine dont le visage grimaçant de douleur s’apaisait lentement alors que Lleyn lui prodiguait les premiers soins. Rapidement, d’autres chevalières vinrent spontanément aider à soigner la condamnée. Celle-ci ferma les yeux, apaisée et rassurée sur le soutien de ses compagnes malgré ses fautes et son châtiment. Arley observa la scène et inclina la tête, satisfaite, justice était faite, mais aucun lien n’avait été rompu. Elle se retira vers ses quartiers, rompus de fatigue.

Troublée par cette curieuse journée, Arley ne put cependant trouver le sommeil, agitée par la guerre, le pandaren et d’avoir mutilé, certes légitimement, Angélique. Les pensées se bousculaient dans sa tête et elle emmitoufla dans son drap avec agacement. Elle s’immobilisa et chercha le sommeil quand un bruit l’éveilla. Sans un bruit, elle glissa sa main sous son oreiller et saisit délicatement sa dague. Quelqu’un se glissait dans sa chambre silencieusement puis referma la porte. L’intrus avança doucement vers elle quand la commandante bondit du lit et plaça sa dague sous la gorge de l’inconnu puis elle écarquilla les yeux en voyant le beau visage d’Angélique. Elle recula, décontenancée, et l’observa.

“Capitaine? Que faites-vous ici?
- Commandante, dit-elle d’une voix attristée. Je voulais... m’excuser.”

Arley hésita et observa la capitaine en quête d’une arme, mais rien, elle ne portait qu’une robe de nuit simple, sans protection ni arme. Après un instant, elle prit la parole.

“T’excuser? demanda Arley sans se rendre compte qu’elle était passée au tutoiement.
- M’excuser de mon comportement d’aujourd’hui et de ces derniers temps, dit-elle simplement.”

Arley fronça les sourcils, sur ses gardes, mais après un moment, elle se redressa et baissa son arme. Elle observait la capitaine dont le beau visage éclairé par la lumière argentée de la lune reflétait un profond tourment. La commandante soupira.

- Je... je comprends, j’accepte tes excuses Angélique. Je sais ce que tu traverses, annonça la commandante en posant sa main sur l’épaule de la chevalière-capitaine.
- Ce que je traverse? demanda Angélique avec circonspection.
- Ne crois pas que je fus aveugle pendant toutes ces années Angélique, je sais que tu vivais une idylle avec Célestine. Je sais que vous vous aimiez et aviez une relation.
- Vous... saviez? demanda avec étonnement la belle elfe.
- Je savais, c’est pourquoi je comprends ta douleur depuis la perte de ton âme soeur et j’excuse tes égarements induits par la douleur, répondit avec douceur Arley."

Ce fut au tour d'Angélique d’être sur ses gardes, elle ne s’attendait pas à ce que sa relation amoureuse avec sa sœur capitaine soit connue d’Arley et encore moins à ce qu’elle l’accepte ainsi. Cependant, la douleur de la perte de son aimé lui brisa a nouveau le cœur et elle observait Arley dont le visage était fermé et froid comme toujours

“ C'est aussi pour cela que je refuse les émotions et sentiments, la sermonna Arley, tu vois ou ça peut conduire.
-Vous savez. Vous comprenez. Vous excusez, murmura Angélique en écartant la main de la commandante. C’est louable, mais saisissez-vous seulement le sens de ses mots Arley?
- Pardon?
- Que savez-vous de l’amour? Demanda sèchement Angélique. Vous me servez votre compassion, comme on récite une leçon, vous me parlez d’amour alors que pour vous ce n’est qu’un mot vide comme les autres!
- Tu te trompes Angélique, j’aime.. Hésita Arley avant de poursuivre. Je suis amoureuse, en secret, mais je ne dois juste pas l’exp...
- Qui... qui parle comme ça? Vous ne devez pas quoi? Arley, je suis venu donner des excuses sincères, car j’éprouve quelque chose, car j’éprouve une honte pour cette haine qui bouillonne dans mes veines, pour ma peine, mes regrets! S'écria la capitaine en proie à la détresse. Vous n’êtes qu’une coquille vide Arley! Vous prétendez être amoureuse? Je me fiche même de savoir de qui, car c’est un sentiment simulé pour vous donner l’illusion d’éprouver encore quelque chose. Comme cette compassion illusoire, cette pseudo compréhension!
- Capitaine! s’insurgea Arley en voyant la rage briller dans les yeux de sa capitaine. Je vous interdis de...
- M’interdire? Gardez vos interdits! M’humilier et me molester ne vous a pas suffi?
- Cesse donc.. Tu sais que je tiens à vous toutes...
- À vraiment? Vous teniez à Célestine quand vous l’avez regardé, mutilée et en lambeau, vous faire son rapport sans même lui laisse le temps de se remettre ou de se soigner alors qu’elle se vidait de son sang?
- Elle... elle est venue d’elle-même, répondit Arley décontenancée.
- Pourquoi? Pourquoi l’a-t-elle fait? Cracha Angélique dont le beau visage n’exprimait plus que rage et désespoir. Car elle vous a écouté comme je l’ai fait, elle vous a écouté nous débiter vos inepties sur le devoir, le sacrifice nous faisant par la même oublier que nous existions. Comment prêcher l’amour et l’abnégation quand nous devons oublier nos sentiments?! Comment voulez-vous que nous suivions les vertus de respect, ténacité et compassion, avec vos dogmes pervertis! Arley, vous avez été privé de tout ceci par un père stupide, cela ne justifie en rien que vous deviez vous venger sur ceux qui croient en vous! Vous avez vous-même perpétué les erreurs de votre père, vous n’avez jamais remis en cause son éducation, jamais vous n’avez pris la peine de vous remettre en question. Par arrogance et pas facilité, vous avez admis ça comme l’évidence, la seule voie et l’avez imposé autour de joli discours à balancer à de pauvre fille naïve et admirative. Vous êtes méprisable! Vos erreurs! Votre folie! Notre folie de vous croire a tué celle que j’aime! Et pour cela je vous hais! Je me hais de vous avoir cru! Je hais ce monde de vous avoir engendré, je hais chaque être vivant qui ose croire que la guerre et la souffrance sont acceptables! Tous! Nous méritons tous de mourir dans les flammes! Le seul moyen d’amener la paix et d’arrêter la souffrance et de tuer chaque être capable de tenir une arme! Voilà la seule vérité valable et non vos prêches abscons dictés par une vie de privations que vous avez passivement accepté plutôt que de résister!”

Arley regardait Angélique, le regard horrifié et rempli de larme, son cœur battant à tout rompre à mesure que les paroles de la capitaine la transperçaient comme des poignards. Mais durant le même temps, le visage d’Angélique s’assombrissait littéralement, sa peau devenait livide, ses yeux se tintaient de ténèbres et des veines noires couraient sous sa peau. Arley poussa un cri d’effroi en le voyant. Angélique s’écarta soudain, poussant des cris de rage, se crispant, secouée par une colère palpable qu’elle ne pouvait réprimer. En pleure et en tombant à genou, elle commença à prier et annonça d’une voix suppliante et pleine de souffrance:

“Commandante... Ma haine... elle.. Elle me brûle... partez tant que je peux la retenir...”

Mais soudain une explosion de pures ténèbres eut lieux et d’Angélique jaillit une créature noir et blanche toute en crocs, en griffes et en tentacules sombres qui se jeta sur la commandante. Celle-ci, troublée par les paroles d’Angélique peina à se défendre. Réagissant trop tard, les griffes s’enfoncèrent dans sa chair à plusieurs reprise. Arley poussa un cri de douleur autant que d’alarme, ne trouvant plus la force de se défendre tant le désespoir et le doute lui broyèrent le cœur. En vain, la porte resta close et la créature commença à prendre le dessus l’immobilisant de ses tentacules alors que les mâchoires s’approchaient dangereusement. Mais soudain, un éclair doré fusa dans la pièce et embrasa la créature qui relâcha Arley et se jeta sur l’origine de la décharge de lumière. Miriya ne laissa pas le temps à la créature de porter un coup, bien qu’en simple nuisette, elle s’élança avec sa lame en main vers le monstre et l’écorcha d’un geste vif. Le monstre recula, mais déjà froidement la lame la trancha en deux ne laissant qu’une flaque noire au sol.

Arley resta au sol, observant la flaque, Angélique inconsciente et Miriya d’un œil trouble. Au-delà de ses blessures physiques, les mots de la capitaine la blessaient bien plus profondément, la privant de toutes ces forces. Miriya inquiète approcha de la commandante et commença à la soigner.

“Commandante? Vous allez bien?
- O... oui Capitaine... Cette chose... c’est un Sha, le pandaren m’en a parlé, une créature naissant des émotions négatives. Nous... nous devons être prudents et puiser dans la prière et la lumière pour apaiser nos cœurs et nos esprits sinon j’ai peur que cela se reproduise encore et encore.”

Miriya fronça les sourcils et après être rassurée sur l’état de la commandante vint voir Angélique, tandis que d’autres chevalières arrivèrent pour soigner la commandante et vérifier que tout allait bien.

“Comment va Angélique, demanda Arley.
- Elle est inconsciente, mais semble aller bien pour le moment, je diffuse de la lumière en elle pour l’apaiser. Ça ira.”

Arley hocha la tête et baissa le regard, épuisé. Et alors qu’elle s’évanouissait, une question la tirailla: et si finalement Angélique avait raison?

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Re: [récit]La Blanche et le Jade ( Contenu choquant et mature )

Message  Atia le Jeu 28 Mar 2013 - 22:06

Partie 9 : Le revirement

Elle était penchée sur les cartes, son regard fouillant avec inquiétude les contours et les pions disposés sur le parchemin. Se mordant la lèvre, elle réfléchissait. Les choses c’était tragiquement accéléré pour Miriya, avec la Commandante Arley et la Capitaine Angelique à l’infirmerie, elle avait du s’adapter et avais former un triumvirat de commandement avec le Garde de Sang Ruak et le troll Val’Zoul. Mais les nouvelles n’étaient guerre réjouissante, l’Alliance avait organisé une guérilla efficace de son côté découpant l’ile en quatre zones distinctes, une zone Horde, une zone Alliance, une zone Pandaren et surtout une zone de combat incertaine et fluctuante ou les embuscades, les pièges et les attaques s’enchainaient.

La Horde avait réorganisé ses troupes, Ruak dirigeait l’infanterie qui progressait en tiroir, chaque peloton sécurisant pour les deux suivants, puis l’un des deux sécurisait en avant pour deux autres et ainsi de suite. Val’Zoul commandait les éclaireurs et des troupes en embuscade pour soutenir l’infanterie ou piéger les colonnes ennemis. Enfin, la cavalerie menée par Miriya restait en réserve et aidaient les troupes prises à partie par l’ennemi. La stratégie était efficace, mais les adaptations de l’Alliance toujours à propos, il semblait qu’un génie se trouve à la tête de l’armée adverse et les migraines de la chevalière n’était pas prés de s’apaiser.

Elle était cependant consciente d’une chose, le port était d’un avantage vital et l’Alliance le savait aussi. Elle réfléchissait au prochain coup de l’Alliance sachant que ce serait leur objectif, soit en s’en emparant, soit en le détruisant. Elle tapotait nerveusement la carte quand une messagère approcha et tendit un rapport. La capitaine saisit le message et poussa, un long soupire, encore des pertes. Cette guerre finirait par une destruction mutuelle, elle commençait à le croire.

“Un problème capitaine Miriya?”

La voix féminine était familière et la capitaine se retourna les yeux pleins d’espoir, un mince sourire se dessinant à ses lèvres comme si celle à qui appartenait cette voix allait la sauver de tous ses tourments. Arley se tenait droite face à la capitaine, malgré son air affaibli et fatigué, et déjà l’apparition de la commandante faisait renaitre l’espoir dans le camp, les soldats l’observant. Miriya était dans le même cas, quand Arley était là, la Horde était victorieuse, depuis qu’elle était convalescente tout allait mal. Ce n’était peut-être pas lié, mais pour le moral des troupes, cette idée était suffisante pour faire renaitre un espoir et les remonter. Le moral était une arme de guerre.

“Navrée d’avoir été absente si longtemps, annonça Arley en venant voir la carte. Mais je n’oublie pas mon devoir, quel est la situation?
- Bien commandante, ravie de vous revoir, car notre ennemi est vraiment... tenace.”

La capitaine commença alors à décrire la situation de ses derniers jours avec l’évolution des combats et des observations des éclaireurs. Arley écoutait d’un air concentré. Elle était revenue pour cela après tout, pour offrir la victoire à la Horde, se concentrer sur le travail et ne plus penser aux paroles d’Angelique. Celle-ci était malheureusement encore souffrante et n’était pas sorti de son sommeil ce qui inquiétait la commandante.

“Votre stratégie est adaptée, annonça Arley à la fin du debriefing. Et votre intuition la bonne, nous savons quel est son objectif et il sait que nous savons, il va donc agir prudemment. Prenons lui l’initiative, j’ai peut-être une idée.
- Vraiment? s’étonna la capitaine avec un sourire et reportant son regard sur la carte ajouta : Je vous écoute.
- Bien nous allons donc depl...”

Un cri alerta les deux elfes qui levèrent la tête. Un troll agité arriva en courant, soufflant à la limite de l’évanouissement.

“Mecs ! Mecs ! L’Alliance! Elle arrive, mais... celle-là elle est pas méchante!
- Plait-il? Reprenez votre souffle et expliquez-moi ça.
- Ok, mec! pfiou, il y a des mecs de l’Alliance qui arrivent, ils se sont rendus et ils demandent de l’aide.
- De l’aide? Demanda Miriya étonnée.
- Ouais, les alliés, ils arrivent! Vous verrez.”

Il reprit sa route vers le rempart suivi des deux chevalières et, après quelques minutes, ils arrivèrent à destination. Penchée par-dessus la palissade, les deux elfes découvrirent avec stupéfaction une armée entière de soldat de l’Alliance désarmée et surtout Arley remarqua un homme imposant en armure avec un catogan et une fourrure d’ours sur les épaules. Il tenait dans ses bras une chevalière nue et inconsciente qu’il amena près du rempart.

“Aidez-moi! Cria l’humain d’une voix grave qui fit trembler les remparts. Elle a besoin de soin!”

Miriya se tourna vers Arley avec incrédulité, la troupe de l’Alliance était cernée par les troupes de la Horde qui semblait tout autant étonnée que la chevalière. Arley plissa les yeux et se dirigea vers la porte et se présenta devant le chevalier humain.

“Qu’avez-vous fait à ma soldate! Dit-elle fermement en commun. Expliquez-vous.
- Je l’ai sauvé, répondit-il dans thalassien parfait, a l’étonnement de la commandante. Elle a été capturée hier par une de nos patrouilles et le Baron Henry de Rais a voulu... il a voulu lui faire subir les atrocités qu’il a fait subir aux autres prisonnières... Ne pouvant supporter ça encore une fois nous nous sommes soulevés, mais cela a eu des conséquences. Des conséquences tragiques. Mais occupez-vous d’elle d’abord! Nous en parlerons après, car cela vous concerne.

Arley plissa les yeux en l’observant et fit signe d’ouvre la porte. Elle fixa à nouveau l’humain, il avait la mâchoire carrée et virile d’un chevalier humain, mais il y avait autre chose, une grâce et une touche de raffinement naturel qu’elle ne saisissait pas. Elle se retourna pour rentrer dans le camp, la Horde et les prisonniers à sa suite.

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Re: [récit]La Blanche et le Jade ( Contenu choquant et mature )

Message  Atia le Dim 28 Avr 2013 - 23:47

Partie 10 : Le chevalier.


Il se tenait bien droit sur son siège, la tête haute, observant la chevalière assise en face de lui, de l’autre côté de la table. Elle ne portait pas d’armure, mais juste son doublet et ses chausses alors que lui portait toujours son harnois de plate. Il n’était pas même attaché. Il devinait le message sans mal, elle n’avait nullement peur de lui. Il sourit ce qui provoqua un haussement de sourcil à la Chevalière-Commandante.


“Qu’est ce qui vous amuse, humain?
- Ma situation, je suis un lion en cage, a votre merci et vous me laissez mes attributs de chevalier et m’offrez même à boire sans m’attacher. Je savoure l’ironie de la chose.
- Vous vous êtes rendu honorablement, avez sauvé une de mes sœurs et montré votre volonté de collaborer. J’aurai été ingrate dans le cas contraire.”


Elle l’observa, toujours inexpressive et s’empara de son verre, buvant quelques lampées avant de le reposer d’un geste gracieux. Le chevalier ne la quittait pas des yeux puis il eut un léger déclic et plissa le regard. Arley ne manqua pas de le remarquer.


“Un problème? demanda-t-elle calmement.
- Je vous connais...
- Je ne suis pas la plus méconnue des chevalières, je suis Arley de Thurwes.
- Non, je vous connais d’avant cela, je vous ai vu à Caer Darrow quand nous avons affronté les orcs de Gul’dan qui tentait de s’emparer de la pierre runique. Vous étiez là, je m’en souviens.”


Arley ouvrit de grands yeux étonnés qu’elle étrécit soudain avec suspicion, observant le chevalier en détail. C’était il y a 25 ans et cet homme ne pouvait avoir dépassé la quarantaine, peut-être un écuyer à l’époque. Mais ce qui l'inquiéta le plus c’est qu’il puisse savoir qui elle était avant. Elle tenta le bluff.


“Cela m’étonnerait, je n’ai pas participé à cette bataille, dit-elle calmement.
- Si, vous y étiez, vous aviez des cheveux dorés comme votre père à l’époque.
- Qui êtes-vous...? Se crispa Arley en le fixant.
- Adémar Darklight, du moins tel qu’on me connais aujourd’hui, tout comme vous j’ai changé mon nom Harleen Hau...
- Il suffit! Je ne suis plus cette personne! rugit Arley en renversant les verres sur la table d’un revers. Je vous ai posé une question!
- Calmez-vous. Dis Ademar en la regardant de façon impassible. J’ai bravé et vu la mort trop de fois pour la redouter, votre colère est donc superflue tout comme votre crainte. Votre secret est bien gardé avec moi, car je viens moi-même d’une famille maudite dont j’ai renié le nom.
- Expliquez-vous, maugréa la chevalière en se rasseyant.
- Je suis Ademar de Castelnord, je suis le petit fils d’une thalassienne et du frère du comte. Dans ma famille, chaque homme se destine à être Chevalier et les femmes à être magiciennes ou prêtresse, qu’il s’agisse des enfants ou des épouses. C’est ainsi que mon grand-père a choisi une femme de votre race à Dalaran. C’est pour cela que j’ai combattu avec vous à Caer Darrow en ne vieillissant que de quelques années en 25 ans.
- Castelnord... Votre famille avait des liens avec les Barov d’Andhoral.
- Des liens oui et même plus que ça, un destin commun. Quand Kelthuzad parla du culte des damnées, mon neveu handicapé des jambes sauta sur l’occasion espérant trouver dans la mort le moyen de s’extraire de sa condition. Il fut l’un des premiers à succomber à l’attrait du Fléau et contamina toute ma famille, comme cela avait corrompu les Barov. Ma famille entière s’est dévouée au Roi Liche sauf moi, un cousin, un neveu et une nièce. Mon cousin a été tué en protégeant ma nièce, fille du comte, Serena de Castelnord tandis que mon neveu s’enferma dans la croisade écarlate ou il fut tué par les réprouvés. Il ne reste que moi, un sang-mêlé d’une branche secondaire et Serena que la vie n’a pas épargné faisant de la noble et timide jeune fille pleine d’espoir une médecin débauchée et dépressive vivant à proximité de Hurlevent. Ma Lignée est maudite, j’ai changé de nom et j’ai traqué chacun des membres déchus de ma famille, protégeant en secret ma nièce, dans une quête de vengeance vaine. Nous ne sommes pas si différents, nous devons vivre avec les péchés des nôtres, nous devons tout autant laver le nom de nos ancêtres que trouver un but et une voie.”


Arley ne disait plus rien et l’observait, elle comprit d’où venait le charme de cet homme, il avait la grâce d’un elfe et la robustesse d’un homme et son regard lui renvoyait le sien, un regard chargé de regret autant que de détermination, deux âmes maudites par les circonstances et la trahison de leur proche.


“Et avez-vous trouvé cette voie et ce but, chevalier? demanda-t-elle doucement.
- J’ai fait partie d’une troupe de mercenaires, de la croisade d’argent, de l’armée de l’Alliance, le combat, le vin, la conquête, les bras chauds d’une femme. J’ai abandonné ma quête futile de vengeance, il reste une Castelnord déchue en vie, une chevalière de la mort, mais elle a renoncé à détruire sa sœur Serena et m’a juré de la protéger après que je l’ai vaincu. Maintenant j’apprends à vivre ma vie et à en profité en savourant ce que je sais le mieux faire.
- Vous êtes passé d’une noble quête de vengeance à une futile quête hédoniste, siffla Arley avec mépris.
- À quoi sert d’être en vie si l’on en profite pas? Longtemps j’ai songé au Fléau, à leur quête de destruction et à celle qui m’animait, ils cherchaient à détruire la vie, je cherchais à les détruire, la seule différence entre eux et moi au final est que je suis vivant, bien vivant et je me le prouve chaque jour. Qu’importe le réconfort, tant qu’on le trouve, je trouve mon réconfort en savourant la vie, vous trouvez votre réconfort dans la dignité et la rigueur. Qui suis-je pour vous juger? Tout ce qui importe c’est l’équilibre qui permet à nos esprits de ne pas s’égarer et je vous admire, car vous êtes devenu célèbre et respecté, plus que moi en tout cas.
- Ce que vous avez fait en sauvant cette chevalière mérite bien du respect aussi, ajouta Arley. Mais vous avez raison, je juge hâtivement et trop durement. Mais assez parlés de nous, nous avons des choses plus importantes à régler. Parlez-moi donc de ce qui s’est passé là-bas.
- Et bien... J’étais le second du Baron Henry de Rais, il était un excellent stratège, mais un lamentable combattant, trop gros, trop couard, cet homme cultivait le péché comme s’il s’agissait des plus précieuses ressources du monde. Les hommes avaient peur de lui, mais respectaient son esprit brillant. D’ailleurs, malgré votre avantage indéniable vous n’avez pas réussi à conquérir cette île à cause de son esprit record qui s’est toujours adapté à vos actions. J’étais donc son bras armé, même si je profite de la vie je sais me modérer et éviter les excès et je prends soin de mes troupes, c’est pour cela qu’ils me suivaient.
- Vous parlez au passé...
- Oui, la première fois qu’il a capturé une de vos chevalières, tout a changé, il avait déjà abusé d’une kaldorei et d’une gnome indisciplinée, mais la il a agi en vrai prédateur, il a forcé les soldats a capturé les chevalières plutôt que de les tuer et ceux qui par malheur tuait une des vôtres devait la “remplacer”...
- La remplacer? demanda Arley, le poing serré et les yeux brillants de colère.
- Calmez vous je vous en pris, la colère dans ce pays... Il vaut mieux l’éviter... Et oui, le Baron abusait sexuellement et torturait les chevalières par plus plaisir sadique et les soldats qui commettait la faute de les abattre les remplaçait, qu’ils soient mâles ou femelles, cela n’importait que peu au Baron. Heureusement, vos pertes n’ont pas été importantes, mais quand il a capturé celle que je vous ai ramenée... Je ne l’ai plus supporté et j’ai attaqué ce satyre. Je l’ai blessé et ses gardes du corps sont intervenus. J’ai récupéré la chevalière et j’ai rallié les troupes. Certaines trop effrayées par le baron ne m’ont pas rejoint et nous avons commencé a nous combattre entre frères. C’est là que tout a basculé...
- Que s’est-il passé? Ajouta Arley qui semblait peiner à se contenir à l’écoute du récit.
- Une explosion dans le temple, une énergie noir et blanche a envahi le camp et a pris possession de certains des nôtres. Le baron venait de se changer en une créature informe et terrifiante. Partout des monstres jaillirent du sol ou possédèrent nos soldats. J’ai ordonné la retraite et nous avons fui jusqu’à venir ici en voyant se rependre cette énergie noire.
- Ces monstres sont des Shas...
- Des chats?
- Le vieux pandaren m’en a parlé, c’est un mal tapi dans le sol de ce continent et qui se nourrit des émotions néfastes. Comme vous l’avez dit, la colère est mauvaise ici.
- J’ignorais le nom de ces monstres, mais je les ai vus oui et entendu me murmurer à l’oreille.
- L’infestation se repend, vous avez dit?
- Malheureusement, c’est pour cela que je suis venu ici.
- Il faut aller voir le sage pandaren, on doit savoir comment combattre et stopper cette invasion! annonça Arley en se levant. Peut-on compter sur vous et vos hommes, chevalier?”

Ademar se leva et la fixa avec détermination, le regard rivé dans le sien, une statue d’acier et de chair aux longs cheveux de jais.

“Vous pouvez, comptez, sur moi commandante, mais il y a une condition.
- Et laquelle? demanda Arley en plissant les yeux.
- Qu’une fois tout ceci terminé vous libériez mes hommes, faites ce que vous voulez de moi, mais épargniez les, qu’ils puissent rentrer chez eux. Voilà ma condition.”


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Re: [récit]La Blanche et le Jade ( Contenu choquant et mature )

Message  Atia le Lun 23 Sep 2013 - 12:40

Partie 11 : La coalition


Il ne pouvait détourner les yeux, c’était au-delà de ses forces, ce qu’il voyait été si beau, si sublime. Même dans son armure il était impossible de ne pas deviner la perfection de ses courbes, pire le métal ajusté les suggérait ce qui ne faisait que rendre un peu plus admiratif le chevalier.

La première fois qu’il la vit, c’était au camp de la Horde, alors que la commandante Arley organisait les troupes et veillait à ce que les prisonniers soient bien traités. Elle sortit de l’infirmerie, dans une petite robe légère de patiente, même affaiblie et l’air fatigué, elle l’avait éblouie. Sa chevelure argentée semblait naturel, bien plus que ses sœurs, et d’une douceur incomparable, brillante et volante au vent, sa peau nacrée, ses pommettes légèrement roses, ces lèvres charnue et colorée comme un fruit gorgé de sucre, ses grands yeux en amande, ce corps fin et féminin à la poitrine ni trop épaisse ni trop petite cette silhouette en sablier. Il en était resté béat. Le retour de cette femme avait provoqué un émoi et une longue discussion entre Arley et elle, une discussion franche et honnête, des excuses, des vérités et une réconciliation.

Depuis les choses c’était accéléré. L’armée préparée et une troupe de cavaliers fut envoyé trouver les pandarens pour avoir leurs soutiens. Sans qu’il sache pourquoi Ademar avait été amené et depuis ses yeux étaient rivés sur cette somptueuse elfe. Une autre, aux cheveux plus courts, la capitaine Miriya, approcha tranquillement de lui.

“Vous n’êtes guère discret, dit-elle d’une voix monocorde.
- Je plaide coupable, mais elle est si belle...
- La capitaine Angélique est certes la parfaite allégorie du monstre au visage d’ange.
- Monstre au visage d’ange? S’étonna le chevalier. Ne seriez-vous pas jalouse de l’intérêt qu’elle suscite?
- La seule chose que je lui jalouse c’est son talent, sa beauté est une arme dont je ne saurais avoir l’usage. Cependant, ne vous fiez pas aux apparences. Cette femme nous ignorons tout de son passé, mais la seule chose de sur c’est qu’elle cache en elle une blessure et une violence que vous ne voulez pas découvrir. Ici même, elle a fait massacrer un de vos camps, jouant avec la vie des prisonniers jusqu’à tous les abattre. Elle fut punie pour ça.
- Je n’ose croire qu’une personne à l’air si doux, innocent et avec une telle beauté puisse être ainsi...
- C’est bien pour ça que j’évoque le monstre au visage d’ange. Méfiez-vous-en.
- Pourquoi me mettre en garde? Dit-il avec un petit sourire charmeur.
- La Commandante semble vous porter intérêt, je protège cet intérêt des griffes de celle qui sera inévitablement votre perte.
- Admettons et je vous intéresse aussi? demanda-t-il en l’observant gardant son air charmeur.
- Nullement, mais je ne suis pas dans la tête de la commandante.
- Hum, vraiment? Et si je vous invite à prendre un verre après tout ceci, que répondiez-vous ?
- Oui. Dit-elle calmement au grand plaisir de l’humain. Après cette chevauchée nous aurons sans doute besoin de nous désaltérer avant de reprendre le travail.
- Vous êtes dure...
- Il parait.”

La troupe arriva devant le monastère, les pandarens étaient nerveux et le chef approcha d’un air moribond.

“Êtes-vous fière? Voyez ce que vous avez réveillé! Regardez votre œuvre. Des millénaires de paix détruite...
- Des millénaires de lâcheté, répondit froidement Arley, des millénaires à vous cacher et à enfouir vos peurs dans le sol plutôt que des les affronter et voila le résultat.
- Comment osez-vous ?! Vous agissez comme des enfants, ces guerres n’ont aucun sens. La haine n’engendre que la haine et voila le résultat, le sha à prit le dessus.
- Que savez-vous de la haine et de la guerre pandaren? Voilà des millénaires que vous vivez caché et reclus en oubliant le monde et maintenant vous vous présentez en donneur de leçon. J’ai écouté vos paraboles et vos conseils par diplomatie et courtoisie. Mais l’aveugle ne peux guider le borgne, quand vous aurez vécu vous pourrez vous enorgueillir de me donner la leçon. Mais pour l’heure rassemblez vos troupes, nous devons détruire ce monstre que vous avez préféré enfouir que d’affronter.
- Pourquoi vous aiderais-je alors que vous n’avez qu’apporté du malheur?
- Car je vous ai ouvert les yeux sur ce qu’est la réalité et la réalité n’est pas une paix acquise, la réalité c’est une survie et une paix qui se gagne et se mérite. Prenez vos armes et méritez votre place en ce monde. Vous nous traitez d’enfant irresponsable, mais les adultes prennent des risques, vont au-devant des difficultés, agissent, affronte leur peur, leur violence, leur haine et vont de l’avant, l’immobilisme c’est la mort.”


Le pandaren plissa les yeux et fixa les fumerolles d’énergie obscure qui s’élevait de la forêt. Il secoua la tête, il n’avait pas le choix. Il fit signe à ses seconds et distribua des ordres.

“Comment cela s’est-il produit? demanda d’une voix lasse le pandaren.
- Ademar vous expliquera.”

Elle se retourna vers l’humain en pleine contemplation d’Angélique. Il sursauta en entendant son nom et approcha et décrit les événements ayant conduit à cette tragédie. Le pandaren, afficha une mine choquée et désemparée face aux actes du Baron de Rais. Les elfes baissèrent la tête, maudissant en silence le nom de ce monstre, mais le pandaren semblait alors convaincu et afficha une mine déterminée et féroce qui surprit Arley.

“Ce monstre doit payer ses crimes et d’avoir réveillé le monstre enfoui ici! Pandaren, prenez vos armes, nous partons en guerre!
- Vous faites le bon choix, annonça la commandante en tournant sa monture pour prendre le chemin du retour.”

Quelques heures après au camp de la Horde se trouvait une étrange armée de force de la Horde commandée par des elfes avec à leurs cotés, sur chaque flanc, les troupes réfugiées de l’Alliance pour la plupart en armure dépenaillée signe de la précipitation et la violence de leur fuite et de l’autre coté, ses hallebardiers pandarens. Cette coalition observa les fumerolles noires et blanches s’échappant de la forêt, la bataille promettait d’être féroce.

“En avant, montrons à ces monstres qui se sont unis là-bas qu’aucun peuple n’acceptera l’horreur, la tyrannie, la peur et le moindre doute sur la justice de leur combat, même si nous sommes opposés sur bien des points, cet ennemi la, est bien au-delà de nos divergences, montrons au monde que face a un mal plus grand nous pouvons nous unir.”

Elle fit avancer sa monture sèchement et la troupe se mit en marche, la cavalerie avait été divisée en trois ailes dirigées par Arley, Miriya et Angelique tandis que l’infanterie était au centre commandé par Ruak, le flanc gauche tenu par l’Alliance dirigée par Ademar, le flanc droit tenu par les pandarens dirigés par Fú láo háng, enfin les tirailleurs et éclaireurs en avant par Val’Zoul. Ils pénétrèrent dans l’épaisse forêt, sur leur garde ne sachant trop ce qu’ils verraient quand l’air devint plus lourd, obscur et malsain. Un poids sur les âmes de chaque combattant se fit sentir. La lumière semblait s’évanouir avec les couleurs, le monde peu à peu devint monochrome. Même les capitaines commençaient à devenir nerveux tandis qu’Arley affichait une résolution irréprochable avançant à l’avant de la troupe, dans son dos se trouvait Enfawr l’imposante lame Eredar, la lame ardente Tamymyl a son flanc et elle tenait résolument une longue lance de cavalerie et son écu frappé de ses armes personnelles.

Un éclaireur troll apparut et fit un signe a la commandante se mettant trottiner a coté d’elle.

“Mec, c’est juste là, des p’tit streums noir et blanc pleins de dents cavalent partout! On a commencé à les embrocher, ils sont faibles, mais il y en a beaucoup!
- Et le camp?
- Là c’est la merde, mec! De soldats mutants, de grosses bêtes noires et surtout une espèce de monstre immense avec un gros bide et une grosse queue et j’parle pas de celle de derrière !”

Arley poussa un long soupir en levant les yeux au ciel. Elle regarda la troupe et chacun des soldats en tapotant l’armure protégeant sa cuisse de ses doigts. Elle fixa les pandarens, ils étaient les moins experimentés de l’armée, mais visiblement déterminés, elle fixa leur chef.

“Fu, vous partez avec Miriya et ses cavaliers pourchasser les créatures autour du camp. Les autres nous prenons d’assaut le camp directement.”

Les troupes hochèrent la tête, la bataille débutait.

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