[Récits] Lorasthène

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[Récits] Lorasthène

Message  Lorasthène le Sam 7 Avr 2012 - 0:34

[J'ouvre ce sujet pour poster les petits textes que je pond sur Lora, car mon cerveau grouille d'idées que je met peu sur papier.
Donc ces textes sont des rescapés du Néant. Toute critique est bonne à prendre, je n'ai plus l'habitude d'écrire des textes de plus de quatre lignes!

Le premier texte peux paraître un peu hardcore, je ne suis pas du genre à poser une limite d'âge, mais c'est pour les adultes hein *fais les gros yeux*.]





Lorasthène se tenait simplement sur le balcon, ses cheveux bruns voletant et lui fouettant le visage sans qu'elle y prête attention. La lune était pleine et baignait de sa lueur la forêt éternelle de Quel'Thalas.
Une main effleure une peau
Elle rentra à l’intérieur, enfila un simple peignoir et s'assit sur le lit.
Un doigt caresse un dos
Elle promena son regard turquoise autour de la pièce, puis retourna au balcon.

Et là elle entendit ses pas : Son pas était bien reconnaissable, un peu lourd, peu régulier.
Il montait les escaliers lentement
Elle aurait voulu lui demander où il était, mais au bout de seulement sept mois, elle avait appris à se taire. Sans doute était-il en train de jouer à Lune d'Argent pour couler sa boutique.

Il ouvrit la porte. Son souffle était rauque, irrégulier. Son odeur....mêlée à celle qu'elle avait appris à reconnaître entre toutes. Delurian.
Lorasthène se retourna, ouvrant la bouche pour dire quelque chose. Quoi ? Peu importe, le son mourut dans sa gorge quand elle l'aperçut.
Ses vêtements étaient couverts de sang frais, ses longs cheveux noirs d'habitude si bien coiffés lui tombaient devant le visage.
Mais plus ce que tout c'est ce qu'il tenait dans sa main droite mutilée qui attirait son regard.
Une poignée de cheveux rouges était serrée entre ses trois doigts restants.

L'elfe resta pétrifiée un instant. Assez longtemps pour réaliser et comprendre ce qui arrivait. Comprendre à qui appartenait ces cheveux et ce sang.
Puis elle releva la tête et le vit s’avancer vers elle, mâchoire crispée, une haine violente dans le regard.
Elle se mit en garde, seulement il l'avait déjà attrapé par les cheveux et jetée à terre. L'elfe poussa un cri étouffé en tombant, chercha à reculer précipitamment.

Mais le premier coup fut le plus dur, et le plus brutal. Elle se plia en deux, les mains sur le ventre et le souffle coupé. Mais un coup de pied au visage, la fit de nouveau crier.
Elle rouvrit les yeux, paniquée. Elle le vit pencher au-dessus d'elle, un rictus vicieux lui déformant les traits. Il voulait la faire souffrir pour ce qu'elle avait fait. Pour le déshonneur qu'il avait failli subir si cela s'était su.
Les quelques cheveux rouges reposaient à coté, il avait desserré le poing.
Et quand elle vit la lueur lubrique dans ses yeux à lui, il était déjà trop tard. Sa main affreusement mutilée vint se plaquer contre sa bouche tandis que l'autre la caressait fébrilement.
Elle se débattait, mais le corps de son mari était trop lourd sur elle. D'une seule main adroite, il l'avait déjà dénudée.
Il passa une langue mouillée entre ses seins, sur son cou, jusqu'au lobe de son oreille, goûtant sa peau et savourant le long frisson provoqué, puis, pour la première fois, la pénétra sans ménagement, sans prêter attention au hurlement étouffé par sa main.

Lorasthène détourna la tête, cessant de se débattre, et fixa les cheveux rouges laissés à quelques centimètres de son visage, comme un rappel de celui qu'elle venait de perdre, alors que son mari va et vient par à-coups violents.
Les larmes roulèrent de ses yeux, la douleur était sourde et telle qu'elle sentit à peine quand il se retira dans un râle bestial, la laissant seule au sol, comme une marionnette à qui on a coupé les fils.
Mais un dernier coup la réveilla et elle sentit son nez se casser. Elle s’assit, essayant d'empêcher le sang de couler dans sa bouche.
Elle leva les yeux.
Il se tenait debout face à elle, le pantalon toujours baissé comme une provocation. Il lui présentait sa main brulée, l'autre tenant son épée des grands jours qu'il pointe vers la gorge de l'elfe.

Lorasthène hésite. Mourir. Elle en a envie.
Mais elle n'en eu pas le courage. Alors elle puisa ses dernières forces et se leva. Pris un bandage et un onguent dans son sac. Et soigna la main amputée de son mari. Celui qui lui avait pris sa vie...et venait de lui en redonner une autre.
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Re: [Récits] Lorasthène

Message  Lorasthène le Sam 7 Avr 2012 - 0:36

Le besoin s'insinue encore dans sa chair. Elle passe la main dans ses cheveux, en ramène ainsi une poignée, roussâtre et sèche comme de la paille. Elle sent de jours en jours sa peau se craqueler et ses vertebres se plier sur elles-mêmes. Si peu de jours, tant dejà a subsister sur sa seule soif et pour seule sensation la douleur. Dans son crâne, perçant derrière ses yeux. Dans sa nuque et son dos. dans son ventre.
Et toujours la soif de quelque chose. Cette sensation de manque. Les tremblements et les spasmes nerveux.
L'envie de hurler.
Elle s'agenouille et prend sa tête entre ses mains. Sa peau la gratte irrésistiblement. Elle se debarasse des lambeaux qui furent son uniforme, et, dans des gestes brusques, presque desesperes, gratte son corps nu, jusqu'au sang à l'endroit des coudes et des genoux, crie en enfonçant ses ongles dans sa chair. La douleur la soulage un instant puis la demangeaison reprend. Elle le sent bien pourtant, qu'elle est sous sa peau, sous ses os, au sein de son sang corrompu par la magie.
Une auréole de cheveux roux et bruns mélangés tombe sur ses épaules et sous ses pieds. Sa vision est floue, elle préfère fermer les yeux. Sa tête dodeline sur le coté et elle glisse le long du mur. Le choc contre le carrelage la reveille et un pic de douleur lui traverse la nuque jusqu'au front, à hurler. Elle enfonce son poing entre les dents, se concentre sur son goùt salé de sang. Son estomac se reveille et se joint à la cacophonie qui bat à ses oreilles.Trop affamée pour dormir, trop fatiguée pour chercher à se nourrir.
Finalement ses nerfs crient grâce, et avec une dernière poussée brûlante dans son crâne, l'elfe s'evanouit.

Premier hiver en quel'thalas. Elle passe le seuil, pantelante, comme dans un rêve. Un froid glaçant lui brûle la peau. Quelques flocons degringolent pour disparaître au sol. Une flocon lui tombe sur la joue, la fraîcheur reveille les nerfs endormis, et un instant elle reprend conscience et se rapelle où elle est.
Les tremblements familiers deviennent des frissons dûs au froid. L'elfe regarde autour d'elle. La forêt chatoyante tremble aussi. Des faucons-dragons affolés hululent au-dessus des arbres. Une blancheur morbide s'attaque à la cime. L'odeur des feuilles mortes, pourtant nouvelle en ces lieux, est recouverte par celle, forte, de la mort, bien plus cruelle.Dans les seules lueurs de la lune et d'une lampe au loin, elle peux voir des ombres passer près du fleuve au sud.
La nausée la reprend brusquement, et, sans rien à cracher, elle reste pliée en deux dans l'herbe, recroquevillée pour echapper aux terreurs qui fondent sur elle.
Les ombres viennent vers son creux dans les collines. Elles sont proches. Lorasthène entrouvre un oeil, les voit glisser à quelques mètres, se tourner vers elle, crier son nom.
A ce cri, son crâne s'ouvre en deux une nouvelle fois, et de nouveau, elle sombre dans le noir.

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Re: [Récits] Lorasthène

Message  Lorasthène le Dim 22 Juil 2012 - 22:33


La peur.
Elle broie les entrailles. La peur ruisselle sur la peau comme des perles brillantes. Des perles appelées sueurs froides.
En ce moment, la peur prenait une forme plus subtile dans l'esprit et le corps de l'elfe. Une sorte de vide. Pas de pensées parasites. Juste le corps qui tremble et agit en fonction du ressenti du moment.
Un bruit sur la gauche, elle tourne la tête. Rien. Son corps se détend.
Son souffle est court, même si elle n'a pas couru.
Elle le sait, ils sont autour, proches.
Non, ils ne se sont pas contentés de passer. Le culte de la Terreur. Ils sont partout, ils se cachent, ils volent au-dessus des têtes, ils s'infiltrent dans les esprits...

L'elfe tourne la tête à droite, à gauche, derrière, revient devant. Autour d'elle d'autres femmes, d'autres hommes, qui ont peur, tout autant.
Chacun tient son arc bandé en avançant, en formation parfaite.
Le grand elfe brun qui scrute les environs au centre de la formation, est leur chef. Sa prestance et son calme lui font honneur.
Il a connu les trolls, il a connu les orcs. Rien ne l'avait préparé à ça pourtant.

Soudain, un bruit se fait entendre. Des cris. Aussi déchirants que le dernier cri de Sylvanas qui résonnait encore dans leurs esprits à tous. Banshees.
Tous se mettent à couvert entre les arbres, gardant une formation serrée. Et la Terreur leur fond dessus. Un premier sort d'ombre jaillit d'entre les fourrés, frappe un forestier qui s'écroule en criant, convulse au sol.
Aussitôt les nérubiens jaillissent. Ils coupent le cuir et la chair. Quelques uns s'écroulent, criblés de flèches, mais la chitine nérubienne est résistante et rapidement les pérégrins sont débordés.

Lorasthène sent la panique lui courir le long de la nuque. Elle pare une patte velue avec son épée, envoie l'autre de taille pour la trancher. Le nérubien fait un bruit étrange en voyant sa griffe tomber au sol.
L'elfe entend son nom, crié derrière elle. Le chef du groupe était en difficulté face à deux créatures du Fléau. Il se baisse pour esquiver un coup qui l'aurait décapité, passe entre les pattes de l'araignée , épées levées. Les entrailles putrides se répandent au sol et le nérubien s'effondre.
Après un instant d'indécision, il avise les alentours. Ils étaient trois. Trois sur dix. Contre cinq nérubien et un mage du Fléau qui se cachait non loin.

Sa décision est prise. Elle ne lui plait pas, mais c'est la seule chance de survie. La fuite. Toujours la fuite.
Il court vers Lora, l'attrape par le bras et avec la forestière dont aucun des deux ne connaissait le nom, ils s'enfuient hors de portée des monstres.
Les ronces leur fouettent le visage, la peau non couverte par leur uniforme déchiré.
Lora court, derrière Falahios. Elle a les yeux écarquillés de terreur, fixés sur son cousin qui halète, le souffle court.

Tout à coup un cri. Aigu, étrange, déformé, inattendu. Falahios court encore un instant puis se retourne.
La forestière inconnue s'est arrêtée, se tient droite face à eux, arc tendu dans leur direction. Elle a la tête rejetée en arrière comme si elle n'avait plus besoin de voir.
Falahios attrape Lorasthène par les épaules et la propulse devant lui, fait barrage de son corps et sort ses armes.
Mais une pluie de flèches n'est pas si facile à arrêter.
Les premières flèches, il les dévie avec aisance en avançant doucement vers ce qui est désormais une enveloppe corporelle servant d'hôte à une banshee.
Puis une première flèche se plante dans son bras, il grogne.
La seconde l'atteint à la poitrine, fracasse son sternum.
Il est projeté en arrière sur Lorasthène à genou, paralysée par l'horreur de la situation.
L'elfe ploie sous le poids du corps de son cousin, voit seulement l'hôte s'approcher lentement d'eux, arc bandé.

Elle se débat pour se dégager, en vain, ses forces l'ont quittées. Falahios vit encore pour quelques instants. Il murmure le nom de Lorasthène avec un soubresaut, gémit et s'immobilise, les mains crispées sur la flèche qui lui transperce le torse.
Lorasthène ouvre la bouche pour hurler, lorsqu'une flèche s'appuie sur le front de son cousin. Un spasme le secoue quand le trait le cloue au sol avec force.
L'hôte encoche une nouvelle flèche, l'appuie sur le front de Lorasthène aux yeux exorbités.

Et il se produit une chose qu'on pourrait appeler miracle.
Le corps de l'hôte est pris d'un tremblement et s'écroule sans vie. L'esprit l'a quitté. La flèche au bout de l'arc choie lentement et s'écarte du front de l'elfe qui se débat en gémissant.
Son visage couvert de sang se confond avec l'herbe tout aussi imbibée.
Le sang de son cousin qui s'écoule sur elle, poisseux et chaud.

Elle hurle en se dégageant se sous le corps avec ses dernière forces. Quand soudain elle sent la déchirure, et tourne la tête vers le Nord, instinctivement.
Le Puits est souillé. Elle se met à trembler, haletante. Ferme les yeux.

La peur s'insinue encore plus profondément dans son esprit. Une peur sourde, comme une douleur.
Elle se relève, pantelante.
Et marche.
Marche vers le Nord-Est.

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