C’était un 22 juin

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C’était un 22 juin

Message  Atia le Mer 22 Juin 2011 - 16:12

C’était un 22 juin

Le soleil se faisait encore timide, posant mollement ses rayons sur la ville de Lune-d’Argent, paresseux et endormis. Dans les rues seuls quelques noctambules croisaient les lèves-tôt, un calme reposant ou les deux mondes qui animaient la cité, se donnait le relais. Ici un groupe d’elfe de sang éméché titubait vers leurs habitations coutumières, tandis que certains artisans se mettaient déjà à leurs labeurs. C’est dans cette atmosphère encore emprunt de sommeil qu’elle s’éveilla au tintement reposant du glyphe. Sybile émit un léger grognement et ouvrit un œil noisette qui afficha un air accusateur à l’encontre de ce glyphe qui se permit de la réveiller. Elle soupira et écarta le petit drape de satin qui couvrait son corps à peine vêtu d’une fine chemise rose et vaporeuse. Ses pieds se posèrent sur les dalles de marbre froid qui couvraient la pièce et électrisa son corps encore habité de la chaleur de ses draps. Cela eut au moins le mérite de la réveiller d’un coup d’un seul.

Elle tituba à petit pas vers sa petite salle de bain, hissée sur la pointe des pieds pour échapper à la morsure glacée du sol et s'arrêta devant le miroir où elle s'observa un moment. Quelques mois plus tôt elle était bien différente et s'étonna toujours du changement. Jadis maigrichonne et d'aspect fragile, elle arborait à présent des formes tout en courbe de femme, peut être même un peu trop. Se faire passer pour une elfe était de plus en plus délicat surtout qu'obéissant à ce que Dame Tarae, elle mangeait bien plus pour renforcer sa musculature. La chose était sans doute indéniable chez une elfe mais, elle était humaine et constatait avec une certaine aigreur que son derrière et ses cuisses avaient pris un peu de graisse. Elle était encore fine, sans doute bien plus que la plupart des humaines mais grossir d'avantage rendrait son déguisement moins efficace. Elle soupira et laissa tomber sa petite chemise puis s'installa confortablement dans la vasque de marbre, elle aussi, les elfes semblait avoir un gout pour ce matériau, et activa le cristal magique. Une eau chaude ruissela sur son corps callipyge et elle soupira d'aise, elle était bien incapable de se réveiller sans cela et son esprit se laissa aller à vagabonder dans divers lieux connus seulement de son esprit.

Mais, ce matin là, elle ne se permit pas de rester trop longtemps sous l'eau, elle avait bien des choses à faire et c'était un jour spécial. De retour devant le miroir, elle arrangea sa frange, les deux mèches encadrant son visage arrondi puis saisi l'arrière de ses cheveux. Pendant un temps, elle se fit des couettes, il y a peu elle en portait encore, mais avait décidé de changer pour une coiffure plus sobre, bien que certain en semblait déçue. Finalement, elle se fit un chignon élégant et avança encore dénudée vers son armoire d'où elle sortie ses vêtements habituelles, une simple robe noire agrémenté d'un tablier blanc a froufrou et dentelles puis divers accessoires semblable. Elle vérifia sa mise devant le miroir et sourit, satisfaite.

« Bon ma petite Sybile, tu as beaucoup à faire, pas de temps à perdre ! »

Elle hocha la tête d'un air décidé et se dirigea vers son secrétaire où était impeccablement rangé sa boite de calligraphie et divers parchemins. Elle commença par vérifier les glyphes qu'elle avait tracées sur un parchemin la veille, elle consultât son petit livre pour en vérifier la bonne disposition et sourit. Maitre Falrhen allait être content de cet oeuvre. Elle le reposa et se saisit de petits rectangles cartonnés et colorés, des cartes à jouer visiblement. De sa plume et d'un pinceau elle compléta son travail pendant de longues minutes. Appliquée et consciencieuse, elle traçait les motifs, tirant légèrement sa petite langue rose dans une attitude de concentration cocasse. Elle acheva enfin son oeuvre et les inspecta avec un petit sourire fier et se leva enfin.

Elle trottina jusqu'à la cuisine d'où les serviteurs s'afféraient déjà à préparer le petit-déjeuner des nombreux habitants des lieux. Saisissant un petit plateau d'argent, elle y disposa tout ce qui composait le repas du matin de sa maitresse, plaisantant avec ses collègues le temps de le remplir puis elle repartie à petit pas trottinant vers la chambre luxueuse de dame Atia Silverswell. Voila des années qu'elle courait sans cesse dans ce manoir si bien que chaque pierre lui était familière. La dame était encore assoupie et concevrait cet air fragile qui ne la quittait plus depuis un mois. La redoutable Légat et combattante n'était plus que le pâle reflet d'elle-même. Maigre, blême et constamment assoupie, le sort vaudou qui l'avait plongé dans un profond coma un mois durant semblait continuer de la ravager malgré son réveil récent. Même sa chevelure d'or semblait terne. Sybile était navrée à chaque fois qu'elle voyait sa jadis pétillante et vivace, maitresse. La colère pour la traitresse responsable de cet état l'envahissait à chaque fois. En'Nea, jadis la meilleure amie d'Atia, la plus fidèle alliés des elfes de sang durant leur début dans la Horde... Tout ceci gâché...

« Sybile, murmura l’elfe en ouvrant ses yeux vairons.
- C’est moi Maitresse, je vous amène votre petit-déjeuner. »

La blonde hocha la tête et la petite brunette s'approcha et déposa le plateau sur la table de nuit d'argent qui côtoyait cet immense lit rond à baldaquins d'où pendaient des voilages vaporeux azur. Le lit était ostentatoire et luxueux à l'image de la pièce où des décorations d'or et d'argent agrémentaient un marbre blanc et de nombreuses statues et tableau de la maitresse des lieux. Sybile aida sa patronne à manger avec douceur puis l'aide à faire des mouvements étirant et repliant ses bras et ses jambes pour que les muscles se réchauffent et retrouve un peu de leurs forces. Un échauffement devenu nécessaire car elle ne doutait pas que la dame allait se relever et reprendre certaine de ses activités aujourd'hui malgré les avis contraires des médecins. Après cela, elle s'affaira à donner les documents et rapports puis à les ranger, un service complet a sa dame qui finit par s'assoupir à nouveau, comme ça arrivait régulièrement depuis son éveil quelques jours plus tôt.

Sybile rangea toute la pièce et finalement ressortie. Elle avait encore du travail à faire. Elle se dépêcha de se rendre dans sa chambre d'où elle abandonna ses vêtements pour se couvrit d'une petite armure, une robe en brigandine, des jambières et des bras complet, les spalières et se ceint de son épée. Comme a l'accoutumé, elle vérifia sa mise et ressortie cette fois quittant le manoir. Elle grimpa sur Kelpie, sa monture caparaçonnée et s'en alla vers la forêt, au trot dans la ville, s'amusant du cliquetis des fers sur le sol lisse de la ville et une fois à l'extérieur elle se délecta d'un galop fougueux, le vent fouettant son visage et son cœur battant la chamade. Autour d'elle les arbres doré défilaient, plein de vigueur grâce à l'été éternel qui régnait sur Quel'thalas. Les sabots de sa monture faisait voleter derrière elle des mottes de terres et d'herbe grasse tandis qu'ils approchaient de la retraite des pérégrins, l'imposant bâtiment tout en dentelles de pierre gardait l'étroit passage entre les territoires trolls et elfique dans cette partie de la forêt.

Il était presque midi quand elle entra, les lieux était calme et elle commença alors son inspection, comme toujours elle vérifiait les stocks de munitions, de vivre, rassembla les rapports, accrocha ceux qui devaient l'être au tableau, rangea les affaires qui trainaient, salua les occupants et devisa avec eux pour s'enquérir des nouvelles. Elle constata que les munitions de balistes commençaient à manquer et les fournitures médicales aussi, ainsi elle rédigea une petite note d'intendance. Elle géra ainsi quelques tâches d'intendance et de la paperasse pendant une partie de l'après-midi, une après-midi heureusement calme, elle observa par la porte le sud, vers l'endroit où jadis se trouvait Tor'Watha que les armées elfiques avaient réussi à enlever de haute lutte peu avant. Puis elle regarda vers Zeb'watha dont les hauts murs et la population belliqueuse menaçaient encore la Retraite des Pérégrins mais curieusement la ville était passive ces derniers temps. L'épidémie que les elfes avaient provoquée là-bas en était sans doute la cause. Elle avait été écœurée par cette méthode mais elle devait en reconnaitre l'efficacité.

Les heures défilèrent et le soir approcha furtivement mais rapidement, une fois n'était pas coutume, la jeune femme s'en étonna et paniqua. Elle s'agita et précipitamment s'éloigna, se jetant vers son destrier qui l'observa d'un œil surpris. Elle le chevaucha et galopa jusqu'en ville à bride rabattue, espérant ne pas arriver trop tard. Elle entra dans la cité, sous l'œil morne des gardes qui ne voyaient que son déguisement magique et se demandait pourquoi cette petite jeune fille semblait si pressée. Le cheval avança rapidement dans les rues et s'arrêta net devant une petite boutique à la façade riche, à l'image du reste de la ville. La jeune fille soupira de soulagement en voyant la porte encore ouverte et elle s'engouffra à l'intérieur. Là, offert à ses yeux pétillant, des pains et gâteau de toute sorte formant un délicieux patchwork de tant de couleurs et de saveur. Elle observa cette multitude, ne sachant que choisir, habituellement elle venait pour une commande de sa maitresse, jamais elle n'avait pris de décision par elle-même. La sublime elfe qui se tenait derrière le comptoir la regardait d'un air amusé, souriant de la confusion pressée et de l'œil gourmand de la jeune fille. Finalement, elle arrêta son choix et désigna un gâteau violet, sa couleur préférée.

« Le cake à la myrtille ? demanda de sa voix cristalline et mélodieuse la vendeuse. »

Sybile hocha la tête avec un air réjoui et elle obtint la gourmandise tant convoité contre quelques piécettes. Elle ressortie alors doucement, souriante et ravi remontant sur son cheval tenant délicatement la pâtisserie soigneusement emballé dans un petit coffret cartonné et rentra au manoir. Ceci fait elle se dirigea d'un pas rapide vers sa chambre et se changea une fois de plus. Elle se mit une robe élégante, débarrassa sa petite table des ustensiles ordinaires et la couvrit d'une jolie nappe colorée. Deux chandeliers ornèrent cette nouvelle décoration, accompagnant le service a vaisselle en argent disposé là pour une personne. Sybile observa la table, c'était parfait et étincelant. Elle se regarda ensuite dans le miroir, la petite robe noire, légère et sexy lui allait tellement bien qu'elle en fut pleinement satisfaite. Tout était fin prêt. D'un pas lent, elle alla vers la table et ouvrit la boite a gâteau, déposant son contenu dans l'assiette en argent et déposa doucement une bougie allumée sur la gourmandise.

Elle resta un instant immobile regardant le spectacle puis s'assit doucement, silencieusement, il n'y avait pas un bruit, personne alentour. Un nouveau soupire tinté d'une certaine mélancolie s'échappa de ses lèvres rondes et elle murmura doucement :

« Joyeux dix-huitième anniversaire Sybile. »

Elle souffla la bougie sans que personne n'en fut le témoin et entama son gâteau esseulé prise d'un étrange mélange de sentiment, de plaisir à la vue de ce gâteau mais aussi de tristesse d'être ainsi seul sans que personne ne s'en préoccupa. C'est ainsi avec une petite larme qu'elle amena la première bouchée à ses lèvres.

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